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Le 1er mai 2012 nous quittait Jean-Guy Moreau, l’homme aux mille voix

Visage de Jean-Guy Moreau.

L'humoriste Jean-Guy Moreau à l'émission « Méfiez-vous de Jean-Guy Moreau », le 21 janvier 1984

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Radio-Canada

Il y a dix ans, le 1er mai 2012, l’humoriste Jean-Guy Moreau mourait à 68 ans d’une insuffisance rénale et cardiaque. Premier humoriste imitateur au Québec, il a en quelque sorte inventé le métier. Retour sur une carrière qui aura duré près de 50 ans.

L’homme aux mille voix, le capteur d’âmes : ces qualificatifs ont été donnés à Jean-Guy Moreau pour définir l’ampleur de son talent.

Né le 29 octobre 1943 dans le quartier Ahuntsic à Montréal, l’artiste souhaite d’abord être céramiste et s’intéresse ensuite à la pantomime.

Le 2 avril 1964, à Jeunesse oblige, Pierre Luc s’entretient avec Jean-Guy Moreau, qui est alors étudiant en céramique à l’Institut des arts appliqués de Montréal.

Le journaliste Luc Pierre s’entretient avec l’imitateur Jean-Guy Moreau qui parle de l’aspect technique de son métier et du choix des personnes qu’il imite.

Parallèlement à ses études, il commence à imiter des chansonniers québécois et à ajouter quelques vedettes de la chanson française à son répertoire. Au moment de l’entrevue, il travaille sur les chanteurs Jacques Brel et Charles Aznavour.

Jean-Guy Moreau explique que, tout jeune déjà, il aimait se payer la tête de certains de ses professeurs en les imitant.

Être imitateur demande un bon sens de l’observation; il faut remarquer tous les petits tics physiques ou de langage qui composent le personnage.

« La physionomie d’abord. La voix, ça vient après. Par exemple, Léveillée se passe souvent la main dans les cheveux et bouge la tête. Jean-Pierre Ferland, lui, a un jeu de scène avec ses mains. Il chante avec ses mains. »

— Une citation de  Jean-Guy Moreau

En 1964, Jean-Guy Moreau fait la première partie de la chanteuse Pauline Julien à la Comédie canadienne. Un événement qui propulsera sa carrière.

En 1965, à la Butte à Mathieu, il présentera pour la première fois une revue humoristique en compagnie de son grand ami Robert Charlebois.

Il donnera son premier vrai spectacle solo à la Place des Arts en 1974.

Judith Paré s’entretient avec l’imitateur Jean-Guy Moreau sur son parcours et l’évolution de sa carrière.

Le 3 mars 1978, à Femme d’aujourd’hui, la journaliste Judith Paré rencontre Jean-Guy Moreau, qui lui explique avoir erré un peu avant de faire de son talent d’imitateur un métier à part entière.

« Je me suis rendu compte que je pouvais me servir de mon métier comme véhicule. Je ne suis pas poète, pas auteur, pas chanteur et je n’écris pas de monologues non plus. Je mets en scène des personnages connus, à la manière d'un metteur en scène, et je me permets de parler à travers eux. »

— Une citation de  Jean-Guy Moreau

Son second spectacle, Mon cher René, c'est à ton tour! (1977) est écrit avec Jacqueline Barrette et traite du nationalisme québécois, de son histoire et de ses porte-étendards les plus connus.

« Quand tu écris pour des personnages, tu t’aperçois qu’il y a une logique à respecter. Je ne peux pas faire dire à René Lévesque quelque chose qu’il ne dirait pas parce que les gens dans la salle ne le croiront pas. »

— Une citation de  Jean-Guy Moreau

Jean-Guy Moreau maîtrisait des centaines de voix, d’attitudes, de styles. Une de ses imitations les plus populaires est sans aucun doute celle du maire de Montréal Jean Drapeau.

Dans une émission consacrée à ses personnages, Méfiez-vous de Jean-Guy Moreau, diffusée le 26 février 1984, il incarne l’animateur de l’émission La soirée canadienne qui s’entretient avec le maire Jean Drapeau.

Extrait d’un sketch dans lequel Jean-Guy Moreau personnifie l’animateur de l’émission « La soirée canadienne » et le maire Jean Drapeau.

En 1986, il remporte le Félix de l’année avec son spectacle Chasseur de têtes. Suivra Chez Gérard, en 1990.

En 2001, Jean-Guy Moreau est intronisé au Temple de la renommée de l’humour. Quatre ans plus tard, il présente son spectacle Jean-Guy Moreau comme personne, où il aborde divers thèmes de l’actualité.

Au courant des années 2000, l'humoriste conçoit des spectacles pour divers publics du monde des affaires, qu’on appelle des corpos dans le jargon. Il se produira dans des congrès et des colloques, écrivant des textes ciblés pour le groupe à qui il présente le spectacle : assureurs, professeurs, etc.

L’artiste reçoit l’Ordre du Canada en 2006.

En 2011, alors que l’imitateur célèbre son demi-siècle de carrière, sa fille Sophie Moreau publie la biographie Jean-Guy Moreau, 50 ans 1000 visages.

La journaliste Tanya Lapointe brosse un portrait de l’humoriste et imitateur Jean-Guy Moreau à l’occasion de son décès. Le bulletin de nouvelles est animé par Céline Galipeau.

Le 1er mai 2012, à l’occasion de son décès, la journaliste Tanya Lapointe brosse un portrait de cet incontournable de la culture québécoise au Téléjournal.

Des amis artistes témoignent du grand respect qu’il avait pour ceux qu’il pastichait.

« Quand il ne nous imitait pas, on se demandait ce qui n’allait pas dans notre carrière. C’était un ami qui avait beaucoup de respect pour nous. »

— Une citation de  Jean-Pierre Ferland

Les imitateurs Pierre Verville et André-Philippe Gagnon témoignent également du grand modèle que Jean-Guy Moreau aura été pour eux.

De 2009 à 2012, il a bouclé la boucle en participant au spectacle Il était une fois la boîte à chansons aux côtés des chansonniers Pierre Létourneau, Claude Gauthier et Pierre Calvé, ceux-là même avec qui tout avait commencé dans les années soixante.

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