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Hospitalisée et sans télévision : « Ma mère, coupée du monde », déplore son fils

Le service de télévision pour les patients n'est toujours pas rétabli dans 5 hôpitaux du réseau Vitalité.

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Albertine Chiasson est hospitalisée depuis mars dernier, sans pouvoir regarder la télévision pour briser l'ennui. Elle peut au moins jeter des coups d'oeil par la fenêtre.

Photo : Gracieuseté

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Albertine Chiasson, une résidente de Dieppe âgée de 87 ans, a fait une vilaine chute en mars denier. Elle s'est retrouvée à l'hôpital Dr-Georges-L.-Dumont avec un bras cassé.

Elle y est toujours, en attente d'une place dans un foyer de soins, précise son fils Paul.

Elle trouve le temps long parce qu'elle ne peut pas regarder la télévision pour la simple raison qu'il n'y en a pas.

Elle est coupée du monde, déplore Paul Chiasson.

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Paul Chiasson est persuadé que sa mère hospitalisée trouverait le temps moins long si elle pouvait regarder la télévision.

Photo : Radio-Canada

En octobre dernier, Radio-Canada révélait que les patients de plusieurs hôpitaux du réseau francophone Vitalité ne pouvaient pas compter sur la télévision pour vaincre l'ennui.

Les hôpitaux dont les chambres se retrouvaient sans télévisions étaient : le CHU Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton, l'Hôpital régional Chaleur à Bathurst, l'Hôpital régional de Campbellton, l'Hôpital régional d'Edmundston et l'Hôpital de Tracadie.

Contrat terminé

C'est l'entreprise HealthHub Patient Engagement Solutions qui offrait ce service en vertu d'un contrat avec le réseau de santé Vitalité.

Malheureusement, les vieux équipements de télévision de cinq hôpitaux au Nouveau-Brunswick sont enlevés en accord avec le Réseau de santé Vitalité parce que le contrat est terminé, avait alors expliqué Greg MacGirr, un vice-président de cette entreprise. L'administration de Vitalité a décidé de ne pas renouveler ou remplacer le vieux système.

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Le vice-président aux services de consultation externe et services professionnels du réseau de santé Vitalité, Stéphane Legacy, avait indiqué qu'il s'agissait d'une situation malheureuse que le réseau tente de corriger le plus rapidement possible.

Par rapport à Monsieur Legacy, j'avais compris qu'il allait y avoir des actions qui seraient prises rapidement, souligne Paul Chiasson. J'aimerais savoir à quelle date le service va être rétabli.

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Stéphane Legacy, du réseau Vitalité, disait vouloir corriger la situation le plus rapidement possible en octobre dernier.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Paul Chiasson se pose beaucoup de questions. Pourquoi ça prend autant de temps pour trouver une solution pour ma mère et tous les autres aînés et les patients qui sont à l'hôpital pour une période prolongée, comme les personnes qui sont aux soins palliatifs?

« Ça me désole. C'est triste cette histoire. Je trouve ça cruel pour ma mère. »

— Une citation de  Paul Chiasson, de Moncton

Paul Chiasson explique que sa mère est malentendante et souffre de la maladie de Parkinson.

Elle a une grande difficulté à entendre et à parler, dit-il. Par contre, elle peut lire et elle peut voir. Elle avait la télévision et les sous-titres à la maison. Comme ça, elle était au courant des nouvelles. Elle était connectée, si l'on veut, avec ce qui l'entoure.

« La pauvre, elle passe ses journées à regarder le plafond. »

— Une citation de  Paul Chiasson, de Moncton

Le wi-fi, toute une aventure

Le service wi-fi est offert gratuitement dans la plupart des établissements du réseau de santé Vitalité.

Toutefois, Paul Chiasson parle d'un système qui se déconnecte automatiquement après quelques heures et qui représente tout un défi au plan technologique pour sa mère.

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Albertine Chiasson est hospitalisée au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, à Moncton.

Photo : La Presse canadienne / Marc Grandmaison

Je pense que ça touche tous les aînés qui sont en gériatrie, qui ont certainement les mêmes défis que ma mère et de nombreux autres patients qui n'ont pas nécessairement les aptitudes technologiques pour pouvoir se brancher à internet. De plus, le service wi-fi de l'hôpital ne permet pas de diffuser de la vidéo.

Bref, se brancher à cette technologie peut représenter toute une aventure pour une patiente de 87 ans souffrant de la maladie de Parkinson.

« Demander ça à ma mère de 87 ans, je pense que c'est un peu exagéré. »

— Une citation de  Paul Chiasson, de Moncton

En ce qui concerne la communication avec elle, la seule façon c'est d'aller la voir, ajoute-t-il. Mais, ce n'est pas possible puisqu'il y a une éclosion de COVID-19 dans l'aile de gériatrie.

Le réseau de santé Vitalité a fait le point sur la situation, par courriel :

Le processus d’appels d’offres a été lancé en février dernier et nous sommes actuellement dans la phase de sélection des fournisseurs de services. Le Réseau fait tout ce qui est en son pouvoir pour accélérer le processus, mais un projet de cette envergure est soumis à des règles strictes d’achats qui exigent des étapes incontournables et engendrent des délais hors de notre contrôle.

Paul Chiasson se demande par ailleurs pourquoi les patients du réseau de santé francophone sont traités ainsi.

Est-ce que nous sommes des citoyens de deuxième classe? Est-ce que nous valons moins que l'autre communauté?

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