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Don de sang : Santé Canada n’exclut plus les hommes homosexuels

Un homme donne du sang.

La Société canadienne du sang dit qu’elle mettra en application ces changements d'ici le 30 septembre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un verrou vient de sauter pour les hommes homosexuels exclus jusque-là du don de sang s’ils ont eu des relations sexuelles avec d'autres hommes dans les trois derniers mois. Le premier ministre du Canada Justin Trudeau en a fait l’annonce jeudi, évoquant une discrimination à laquelle il fallait mettre fin.

Le gouvernement fédéral répond ainsi à la demande de la Société canadienne du sang (SCS), qui entend mettre en place ces changements d'ici la fin du mois de septembre.

L’élimination de cette période d’exclusion s’accompagne de filtres pour préserver le système de don de sang.

« La Société canadienne du sang va plutôt s’assurer de mettre en place une approche en fonction des comportements sexuels à risque pour tous les donneurs, peu importe leur genre ou leur orientation sexuelle. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Nos réserves de sang vont continuer d’être sécuritaires, a tenu à assurer M. Trudeau.

Justin Trudeau n'a pas manqué de rappeler qu'il a fait campagne, en 2015, en promettant la fin de l'interdiction de donner du sang imposée à tous les hommes sexuellement actifs avec d'autres hommes, et ce, même s'ils n'ont qu'un seul partenaire sexuel.

Justin Trudeau parle dans un micro.

Le premier ministre Justin Trudeau lors de l'annonce concernant la levée de l'interdiction du don de sang chez les hommes homosexuels.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La période d'exclusion était de cinq ans, en 2015, et elle a graduellement diminué pour se situer, à l'heure actuelle, à trois mois.

En décembre dernier, la SCS s’était exprimée publiquement contre cette exclusion, avant d’adresser sa demande à Santé Canada.

La nouvelle approche qui sera mise en place limitera l'exclusion à tout donneur qui a des comportements sexuels à risque élevé, peu importe son identité de genre ou son orientation sexuelle, a précisé Santé Canada. Un nouveau questionnaire de sélection sera donc élaboré.

Un homme fait un don de sang.

Un homme fait un don de sang.

Photo : Getty Images / Vesnaandjic

Presser le pas au Québec?

Au Québec, comme ailleurs au pays, cette restriction pour les dons de plasma prendra fin dès l’automne, mais il faudra attendre au printemps 2023 pour qu'elle s'applique aux dons de sang.

J’espère qu'Héma-Québec va voir la décision qui a été prise aujourd’hui comme un encouragement d’aller encore plus vite, a mentionné le premier ministre en point de presse.

J’espère qu'Héma-Québec va pouvoir faire autant le plus rapidement possible, a-t-il dit, tout en rappelant qu'Héma-Québec est un organisme indépendant.

« Ce ne serait pas juste que les Canadiens partout au pays, sauf au Québec, voient une fin à cette discrimination. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Cela ne change rien pour Héma-Québec, qui qualifie l'annonce du gouvernement d'excellente nouvelle. C’est un signal que nous allons dans la bonne direction et on va arriver exactement à la même destination dans un délai d’une ou deux saisons, a déclaré le porte-parole d'Héma-Québec Laurent-Paul Ménard, défendant son approche.

« C’est une approche en étapes qui va dans le sens d’une plus grande inclusion, mais qui tient aussi compte des préoccupations légitimes que peuvent avoir des groupes de receveurs. »

— Une citation de  Laurent-Paul Ménard, porte-parole d’Héma Québec

Acceptabilité des receveurs

Héma-Québec avait déjà plaidé pour l’élimination de la période d’exclusion, mais uniquement pour les dons de plasma sanguin, le composant liquide du sang.

Selon Héma-Québec, le risque peut être réduit plus clairement pour les dons de plasma sanguin en raison d’un traitement d’inactivation des pathogènes.

Laurent-Paul Ménard a affirmé que son organisme a non seulement sondé les receveurs, mais a également mis en place un comité consultatif des receveurs dans lequel siègent plusieurs associations, comme la Société canadienne d’hémophilie.

Il y a plus d’aisance, a-t-il dit, de procéder en deux étapes, parce que cela permet d’obtenir des données probantes et de voir si cette implantation peut se faire sans heurts.

Le procédé de transformation du plasma implique une étape supplémentaire au niveau sécuritaire qui fait en sorte que l’acceptabilité est beaucoup plus grande au sein des groupes de receveurs, a-t-il ajouté.

La Société canadienne de l'hémophilie (SCH) a pour sa part fait savoir, jeudi, qu'elle aurait préféré que Santé Canada s'en tienne à cette approche en deux étapes prônée par Héma-Québec. Selon la SCH, une telle approche est plus prudente.

Selon nous, ce changement accroîtra, même si très légèrement, le risque de transmission des agents pathogènes à diffusion hématogène, comme le VIH, aux receveurs de sang frais et de ses éléments, a déclaré par voie de communiqué la présidente de la SCH, Wendy Quinn.

La SCH aurait préféré que Santé Canada introduise ces nouveaux critères de sélection des donneurs en deux étapes : d'abord aux donneurs de plasma, et ensuite, données à l'appui, aux donneurs de sang frais, a-t-elle ajouté.

Avec des informations de La Presse canadienne

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