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Les premières données du recensement canadien plus inclusif sont publiées

Les Manitobains transgenres et non binaires se réjouissent d’avoir des options qui les représentent.

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Depuis mai 2021, le formulaire de recensement du Canada ne propose plus uniquement les options de genre homme ou femme, mais aussi celles de transgenre ou de non binaire.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Radio-Canada

Mercredi, Statistique Canada a publié les données issues de son premier recensement proposant les nouvelles cases « transgenre » et « non binaire » pour définir son identité de genre. Des Manitobains qui ne se définissent pas comme appartenant au genre qui leur a été attribué à la naissance se sont réjouis de cette meilleure représentativité.

Avant, il n’y avait pas de données sur les populations transgenres et non binaires. C’était un manque d’information énorme parce que l’on constate que les populations LGBTQ+ ont plus de problèmes de santé mentale et de discrimination. Nous avons besoin de chiffres de référence sur le nombre de personnes touchées, explique Elena Prokopenko, analyste de la diversité des sexes et des statistiques inclusives à Statistique Canada.

Le Canada est le premier pays à utiliser son recensement national pour recueillir et publier des données sur la diversité des sexes.

Selon les statistiques collectées en mai dernier auprès de tous les ménages du pays, 100 815 personnes de plus de 15 ans vivant dans un ménage privé se sont définies comme transgenres ou non binaires, ce qui représente environ 0,33 % de la population, ou 1 personne sur 300.

Ainsi, près de 60 000 Canadiens se sont définis comme transgenres, soit des personnes dont le genre ne correspond pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance.

Un peu plus de 40 000 personnes ont choisi l'option non binaires, c'est-à-dire qui ne se définissent pas comme hommes et femmes.

Un tiers des personnes qui ont choisi l'option non binaire décrivent leur genre avec des termes comme neutre, fluide, non conforme, queer et bispirituel.

Le terme bispirituel, propre à certains peuples autochtones d'Amérique du Nord, a été utilisé plus souvent par les personnes non binaires vivant dans l'Ouest canadien. Par ailleurs, il est deux fois plus utilisé au Manitoba, où réside une importante population autochtone.

En 2020, le Manitoba avait d’ailleurs inclus une option non binaire sur les permis de conduire et les certificats de naissance.

Par ailleurs, les personnes transgenres et non binaires sont plus susceptibles d'appartenir aux jeunes générations. Au Manitoba, 3620 personnes de plus de 15 ans font partie de l'un de ces deux groupes, ce qui correspond à la moyenne nationale, en termes de pourcentage de la population.

Il s'agit donc majoritairement de millénariaux et de membres de la génération Z.

Toutefois, selon Elena Prokopenko, les données montrent que les personnes transgenres et non binaires se retrouvent dans tous les groupes d'âge et dans toutes les communautés du pays.

L’analyste ajoute que ces informations permettront de combler un manque de données lorsqu'il s'agira de répondre aux besoins de cette population.

Ces informations pourront suggérer aux décideurs les mesures qui pourraient être adaptées pour fournir de meilleurs services aux personnes transgenres et non binaires, explique-t-elle.

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Charlotte Nolin affirme que le fait de refléter l'identité de genre dans le recensement est une étape importante pour la communauté transgenre et non binaire. (archives)

Photo : Radio-Canada / Bertrand Savard

Charlotte Nolin, Manitobaine transgenre et bispirituelle, aimerait que ces données contribuent à résoudre les problèmes que vit la communauté, comme le taux élevé de suicide.

« Il est temps que cela cesse. Nous voulons que ces jeunes sachent qu'ils sont aimés, acceptés, reconnus et respectés et qu'ils font partie de notre communauté. »

— Une citation de  Charlotte Nolin, personne transgenre et bispirituelle

Par ailleurs, elle s’est réjouie de l’arrivée de ce recensement plus inclusif.

Ça m'a fait du bien parce que je n'avais pas à choisir entre deux choses que je n'étais pas, explique Charlotte Nolin.

La société vers plus d’inclusion

Historiquement, nous sommes restés dans l'ombre. La société ne nous a pas reconnus, le gouvernement ne nous a pas reconnus, et il est temps que nous soyons présentés comme ce que nous sommes, ajoute Charlotte Nolin.

Elle affirme que ces nouvelles cases du recensement aideront les personnes transgenres et non binaires à sentir qu'elles comptent.

« Vous ne comprenez peut-être pas notre histoire, mais permettez-nous de la partager de la bonne manière. »

— Une citation de  Charlotte Nolin, personne transgenre et bispirituelle

Janelle Campagne a rempli le formulaire de recensement en mai dernier et a eu la surprise de découvrir l’option non binaire, qui lui correspond.

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Janelle Campagne offre des ressources sur l’inclusion et la diversité de genres en français au Manitoba, un programme appelé L’arc-en-ciel avec Janelle.

Photo : Soumise par Janelle Campagne

Le fait de voir mon identité représentée dans le recensement m'a vraiment fait du bien. C'est très valorisant, affirme Janelle Campagne.

« Nous existons partout et nous méritons d'être vus, nous méritons d'être entendus et nous méritons d'avoir une voix. »

— Une citation de  Janelle Campagne

Avec les informations de Holly Caruk et Stephanie Cram

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