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Crise du logement : des élus consternés par la déclaration de la ministre Laforest

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La ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, a fait réagir des élus de l'Abitibi-Témiscamingue en affirmant que la crise du logement y était moins grave qu'ailleurs au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

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Les réactions sont nombreuses au lendemain de la déclaration de la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, selon laquelle l’Abitibi-Témiscamingue serait moins touchée par la crise du logement que d’autres régions du Québec.

Après avoir réagi aux propos de la ministre Laforest sur son compte Twitter mardi, la députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, a profité de la période de questions de mercredi matin à l'Assemblée nationale afin de demander la reconnaissance par la ministre de l'existence d'une crise du logement dans la région.

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La députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Est-ce que la ministre de l'Habitation est au courant qu’il manque de logements partout en Abitibi-Témiscamingue? Le taux d'inoccupation est à 0,3 % à Rouyn-Noranda, 1,1 % à Amos, 2,2 % à Val-d’Or, 0,2 % à La Sarre. Il n’y en a pas, de logements. Avec les chiffres qu’on vient de lui donner, est-ce que la ministre peut se lever et dire aux gens de l’Abitibi-Témiscamingue qu’on a une crise du logement en région?

« Monsieur le Président, ce gouvernement est tout simplement débranché de notre réalité. »

— Une citation de  Émilise Lessard-Therrien, députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue

En réponse à Émilise Lessard-Therrien, la ministre Andrée Laforest affirme que l'important n'est pas de mettre l'accent sur l'existence d'une crise ou non, mais de miser sur l'importance de poursuivre le travail pour augmenter l'offre de logements partout au Québec.

Si la collègue veut que je dise oui, je vais dire oui, mais l’important, c’est d’augmenter l’offre et c’est ce qu’on fait. Les régions qu’on a nommées hier, ce sont les neuf régions qui ont un taux d'inoccupation en bas de 1 %. Je ne peux pas dire qu’il y a une crise dans une région quand l’Office de l’habitation dit "non, Mme Laforest, on n’a pas de crise", soutient-elle.

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La ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest.

Photo : Radio-Canada / Steeven Tremblay

Andrée Laforest affirme par ailleurs que son gouvernement a fait débloquer des projets de logements qui étaient là depuis cinq ou sept ans en Abitibi-Témiscamingue.

Elle conseille aux gens à la recherche d’un logement de s’adresser aux instances locales, qui ont bénéficié selon elle de financement gouvernemental afin d’aider les gens à se loger.

Ce qu’il faut faire chez vous, je le dis tout de suite aux gens, parlez avec votre office de l’habitation, parlez avec votre municipalité, parce que même dans les municipalités, on a donné des montants aux municipalités pour loger des gens, soit en situation d’urgence, soit pendant les constructions qu’on fait sur le terrain. Les municipalités ont reçu deux millions [de dollars], affirme-t-elle.

Les membres de la Conférence des préfets consternés

C’est avec stupeur que les membres de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue (CPAT) ont pris connaissance des propos de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation.

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Sébastien D'Astous, président de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Vincent Rességuier

Selon le président de la Conférence, Sébastien D'Astous, il ne suffit pas de se limiter au bilan migratoire afin de déterminer si une région est aux prises avec une crise du logement.

Il ne faut pas juste regarder le flux migratoire, il faut aussi regarder le taux de chômage, le taux d'inoccupation et le contexte économique qu’on vit. Nous sommes en crise du logement, et la solution commence par la reconnaissance, de nos gouvernements, de notre problématique, souligne-t-il.

« L’Abitibi-Témiscamingue fait face à une crise de logement et, présentement, ça freine notre développement et ça effrite notre tissu social. »

— Une citation de  Sébastien D’Astous, président de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue

M. D’Astous rappelle que la pénurie de logements comporte de multiples conséquences sur les plans social et économique.

C’est difficile pour les gens qui ont besoin de logements sociaux, c’est difficile aussi pour notre parc immobilier qui n’est pas rafraîchi, qui n’est pas amélioré. C’est aussi des conséquences sur la cohabitation toxique sur notre territoire. Ça favorise le fly-in fly-out, donc rien pour créer une économie locale, une économie de l’Abitibi-Témiscamingue pour réussir à développer des milieux de vie de qualité, décrit le préfet.

Sébastien D’Astous est d’avis que les élus de la région doivent en faire davantage pour illustrer la réalité particulière de l’Abitibi-Témiscamingue à leurs collègues au gouvernement.

Il faut absolument que nos élus puissent être des défenseurs de notre région et qu’ils fassent comprendre à l’Assemblée nationale qu’on a des particularités et que, si on veut être attractifs et attirer de la main-d'œuvre dans tous les domaines, ça prend des logements pour les loger, ces gens-là, conclut-il.

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