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S’isoler et risquer de perdre son chômage, le pari difficile des travailleurs saisonniers

« Pour gagner leur chômage, ils se forcent à rentrer travailler », explique une représentante syndicale.

Un travailleur dans une usine de transformation de fruits de mer s’active à la tâche.

Un travailleur dans une usine de transformation de fruits de mer de la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les travailleurs saisonniers atteints de la COVID-19 font face à un choix difficile : doivent-ils s'isoler plusieurs jours s'ils sont malades ou travailler quand même pour s'assurer d'avoir assez d'heures pour obtenir leurs prestations d'assurance-emploi?

Dans les usines de transformations de la Péninsule acadienne, où les cas de COVID-19 s'accumulent, ce dilemme est bien présent.

Des nouveaux cas tous les jours dans les usines

La représentante syndicale Mireille Noël, du syndicat Unifor à Haut-Lamèque, affirme qu’il y a de nouveaux cas de COVID-19 dans les usines de transformation des produits de la mer tous les jours.

Selon elle, une trentaine d'employés de son syndicat dans la Péninsule acadienne ont été touchés depuis le début de la saison du crabe.

Des travailleurs dans une usine de transformation de fruits de mer s’activent à la tâche.

Les travailleurs saisonniers ne sont pas payés lors de leur isolement, puisqu’ils n’ont pas de journées de maladie.

Photo : Radio-Canada

Selon les consignes de la santé publique, les travailleurs ont cinq jours pour se remettre sur pied lorsqu’ils attrapent la COVID-19. Ensuite, c'est à eux de décider s'ils sont aptes de retourner à l’usine.

Selon Mireille Noël, peu s'isolent plus de cinq jours.

Ils recommencent de nouveau après ça, confirme-t-elle. La plupart, pour gagner leur chômage, ils se forcent à rentrer travailler.

Une situation précaire

Le porte-parole de l’Aide et soutien aux travailleuses et travailleurs des secteurs saisonniers (ASTS), Fernand Thibodeau, raconte que plusieurs travailleurs atteints du virus lui ont confié être retournés au travail malgré la maladie.

C'est que plusieurs travailleurs saisonniers dans les usines de transformation ne peuvent simplement pas se permettre de manquer de 5 à 10 jours de travail.

Rangée de gens habillés en combinaison bleue, avec des bonnets bleus sur la tête et des masques bleus sur le visage.

Des gens au travail à l'usine de transformation des produits de la mer Miscou Fish Products, au Nouveau-Brunswick, le 21 avril 2022 (archives).

Photo : Radio-Canada

Perdre cinq jours, pour eux autres, c’est déjà gros, explique Fernand Thibodeau. Ils ont peur […] Ces gens-là n’ont presque pratiquement pas le choix d’aller au travail pour pouvoir faire leurs semaines [pour l'assurance-emploi].

« On vit de l’industrie saisonnière. Alors c’est pour ça que ces gens-là doivent retourner au travail le plus vite possible. »

— Une citation de  Fernand Thibodeau, porte-parole du comité Aide et soutien aux travailleuses et travailleurs des secteurs saisonniers
Fernand Thibodeau, du Comité des saisonniers de la Péninsule acadienne.

Le porte-parole du comité Aide et soutien aux travailleuses et travailleurs des secteurs saisonniers, Fernand Thibodeau.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada a tenté de parler à des propriétaires d’usines de transformation des produits de la mer du nord du Nouveau-Brunswick afin de déterminer comment cette situation touche la production et les employés.

Au moment d’écrire ces lignes, aucun propriétaire n'avait encore répondu à nos demandes.

Avec des renseignements de Mario Mercier

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