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Examen NCLEX : une atteinte envers les francophones, selon la FÉÉCUM et des élus

Pour recevoir leur accréditation, des infirmières du Nouveau-Brunswick doivent aller passer leur examen au Québec.

Une infirmière de profil écrit sur un tableau pendant que sa collègue la regarde.

Au Nouveau-Brunswick, les candidates francophones ont un taux d'échec important à l'examen NCLEX.

Photo : Reuters / Rick Wilking

Radio-Canada

La fédération étudiante de l’Université de Moncton et l’opposition à l'Assemblée législative à Fredericton sont exaspérées des problèmes récurrents auxquels font face les infirmières qui essaient de se faire accréditer au Nouveau-Brunswick.

Plusieurs nouvelles diplômées échouent à répétition l'examen NCLEX, mal traduit en français. Certaines vont plutôt passer leur examen au Québec.

Selon elles, la formation reçue à l'Université de Moncton les prépare beaucoup mieux à l’examen de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) qu'à l'examen NCLEX, utilisé au Nouveau-Brunswick depuis 2015.

La Fédération des étudiants et des étudiantes du Centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM) n’y voit rien de moins qu’une atteinte envers les Néo-Brunswickois francophones.

L'association des infirmières et le gouvernement du Nouveau-Brunswick pourraient agir aujourd'hui pour régler la situation. Ils ont le pouvoir de le faire, et ont systématiquement décidé d'aller contre les francophones.

Une citation de Jean-Sébastien Léger, président de la FÉÉCUM

Le président de la fédération étudiante, Jean-Sébastien Léger, rappelle que celle-ci a déposé, avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), un avis de poursuite contre l’association des infirmières et infirmiers (AIINB) de la province, qu’ils accusent de bafouer les droits linguistiques.

Jean-Sébastien Léger assis en entrevue, explique son point de vue.

Jean-Sébastien Léger, président de FÉÉCUM, le 9 avril 2022.

Photo : Radio-Canada

Ça démontre la nécessité pour les francophones au Nouveau-Brunswick de se battre devant les tribunaux, avec de longues procédures, pour faire respecter leur droit fondamental, martèle Jean-Sébastien Léger.

Qualifiant de déplorable la décision de ce dossier, M. Léger regrette que ces nouveaux déboires soient si peu surprenants.

L'opposition s'impatiente

À Fredericton, l’opposition s’impatiente aussi. Ma première réaction, ç'a été : encore, soupire Jean-Claude D’Amours, le porte-parole du Parti libéral du Nouveau-Brunswick en matière de santé.

De voir des étudiants aller passer un test au Québec et le réussir immédiatement, ça démontre clairement qu'il y a un problème avec le test, renchérit le député de Edmundston-Madawaska Centre, faisant référence aux diplômées qu’ils l’ont échoué une dizaine de fois au Nouveau-Brunswick.

Jean-Claude D'Amours assis à son bureau.

Jean-Claude D'Amours est le porte-parole de l'opposition libérale au sujet des dossiers qui concernent la santé.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le député libéral attribue à aucune raison, autre qu'une incompréhension totale de la réalité francophone l’attitude continue du gouvernement progressiste-conservateur dans ce dossier.

Depuis son arrivée au pouvoir il y a quatre ans, le gouvernement de Blaine Higgsnie qu’il y a un enjeu avec NCLEX, malgré une nouvelle preuve concrète des problèmes qui plombent la procédure d’accréditation des infirmières, selon M. D’Amours.

C'est difficile à comprendre que le premier ministre Blaine Higgs et son gouvernement continuent à être aussi déconnectés des besoins des francophones au Nouveau-Brunswick.

Une citation de Jean-Claude D’Amours, député libéral d’Edmundston-Madawaska Centre

On est en pénurie de ressources humaines, rappelle M. D’Amours. Il est grand temps que le gouvernement commence à se dire : il va falloir agir.

Perte de temps pour les futures infirmières

C'est frustrant de voir que le NCLEX continue d'être un obstacle pour les personnes francophones qui veulent être une infirmière ou un infirmier, ici dans notre province, déclare Megan Mitton, la députée de Memramcook-Tantramar.

Il faut avoir un système juste pour les anglophones et les francophones.

Une citation de Megan Mitton, Parti vert, députée de Memramcook-Tantramar
Megan Mitton lors d'une entrevue devant des drapeaux du Canada et du Nouveau-Brunswick.

La porte-parole du Parti vert en matière de santé, Megan Mitton.

Photo : Radio-Canada

L’élue du Parti vert interpelle le gouvernement Higgs, et en particulier la ministre de la Santé Dorothy Shephard et son collègue Trevor Holder, ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail.

J'espère qu'ils sont au courant de ce dossier-là, dit-elle. Ça fait des années et des années que les infirmières francophones sortent de l'Université de Moncton et ont cet obstacle-là quand elles veulent travailler [...] et soigner les gens de notre province.

Megan Mitton accuse le parti au pouvoir de faire perdre leur temps aux diplômés de science infirmière. De plus, le Nouveau-Brunswick court le risque que ces travailleurs soient séduits par une autre province, s’ils doivent se rendre au Québec pour passer le test.

Ça ne devrait pas être la manière de devenir accrédité au Nouveau-Brunswick. C'est une perte de temps, une perte d'énergie. Ça coûte cher de faire NCLEX autant de fois, déplore Mme Mitton.

D’après les reportages d’Alix Villeneuve et Sarah Déry

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