•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas de recours collectif pour de présumées victimes d’un prêtre anglican albertain

Chargement de l’image

Le prêtre anglican Gordon William Dominey est mort en 2019, mais les plaignants souhaitent que la province et l'Église anglicane reconnaissent leurs responsabilités et présentent leurs excuses. (Archives)

Photo : Police d'Edmonton

Radio-Canada

Un juge albertain refuse une demande d'autorisation de recours collectif déposée par un groupe d’hommes qui allèguent avoir été victimes d'abus sexuels de la part du prêtre Gordon William Dominey alors qu'ils étaient détenus dans un centre pour jeunes à Edmonton.

Le révérend Gordon William Dominey devait faire face, en janvier 2020, à 33 chefs d'accusation liés à des infractions sexuelles présumées qui se seraient produites entre 1985 et 1989 contre 13 anciens détenus du Centre de développement pour les jeunes d'Edmonton, mais il est mort le 7 novembre 2019, à l'âge de 67 ans.

Le prêtre étant décédé, les allégations n'ont pas été prouvées en cour.

Lors d'une audience en janvier, les plaignants ont demandé à être autorisés à intenter un recours collectif contre le diocèse anglican d'Edmonton et la province qui, selon eux, n’ont pas su protéger les jeunes des agissements criminels présumés du prêtre.

Ils expliquent le choix d’un recours collectif par le manque de moyens financiers que nécessitent les services d’un avocat.

Le juge John Henderson, de la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta, n’est toutefois pas du même avis. Dans une décision déposée lundi, il a motivé son refus d’accorder une autorisation d’action collective par le fait que, selon lui, il serait préférable que chaque homme intente un recours individuel en dommages-intérêts, estimant que cette voie serait plus rapide.

« Procéder par voie d'actions individuelles permettra aux avocats de se concentrer sur les problèmes de responsabilité qui concernent immédiatement le demandeur individuel. Les actions individuelles peuvent se dérouler beaucoup plus rapidement et ne seraient pas aussi lourdes qu'un recours collectif. »

— Une citation de  John Henderson, juge à la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta

Cela pourrait être la fin du chemin pour beaucoup d'entre eux parce qu'ils ne sont vraiment pas en mesure d'intenter un recours individuel, affirme Avnish Nanda, l'avocat des demandeurs.

Un coup dur pour les plaignants

Pour l’initiateur de la tentative de recours collectif en 2017, la décision du juge John Henderson est une pilule difficile à avaler.

« C'est difficile à accepter. Il y avait tellement de travail, de temps et d'efforts consacrés à cela. »

— Une citation de  L’un des plaignants à l’origine de la demande d’autorisation d’un recours collectif

L'identité de l'homme, âgé de 50 ans et résidant en Colombie-Britannique, est protégée par un interdit de publication. Il explique que ce n’est pas pour de l’argent que les autres plaignants et lui veulent intenter une action collective, mais pour que l'Église et la province reconnaissent leurs responsabilités et qu’elles leur présentent des excuses.

Le diocèse et la province se défendent pour leur part en alléguant qu’ils ne sont pas responsables des faits et gestes de citoyens. Ils se sont donc opposés à ce que les demandeurs soient autorisés à se constituer en groupe aux fins d’un recours collectif.

Un porte-parole du ministère de la Justice de l'Alberta a refusé de commenter la décision du juge, invoquant la possibilité d'un appel.

L'évêque anglican d'Edmonton n'a pas non plus souhaité répondre aux sollicitations de Radio-Canada à ce sujet.

L'un des plaignants a déjà fait appel aux services d’un avocat en vue d’intenter une action individuelle.

L'homme de 51 ans vivant à Vancouver se dit déterminé, malgré la mort du principal accusé, à faire que quelqu'un soit déclaré responsable de ce qu'il dit avoir vécu.

Je veux aller au tribunal, c'est comme cela que cela va se terminer, déclare-t-il.

Avec les informations de Paige Parsons

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.