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Le manque d’infirmières atteint un point critique en Abitibi-Témiscamingue

Plusieurs personnes sont assises à des tables en regardant les 2 personnes qui parlent en avant.

Quelques dizaines d'employés de la santé se sont réunis pour discuter du manque de personnel dans la région.

Photo : Gracieuseté

La présidente de Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Julie Bouchard, est de passage en Abitibi-Témiscamingue. 

Venue rencontrer des professionnels en soins et la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT), Julie Bouchard se dit grandement préoccupée par le manque d’infirmières dans la région. 

L’Abitibi-Témiscamingue fait partie des régions éloignées où c’est extrêmement difficile. Il y a beaucoup de bris de services, déplore la présidente de la FIQ.

La présidente nationale de Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Julie Bouchard.

La présidente nationale de Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Julie Bouchard, en conférence de presse à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette

« On sonne la fin de la récréation. »

— Une citation de  Julie Bouchard, présidente nationale de la FIQ

Le président de la Fédération interprofessionnelle de la santé de l'Abitibi-Témiscamingue (FIQ-SISSAT), Jean-Sébastien Blais, atteste que la visite de la présidente de la FIQ était devenue nécessaire en raison du manque d'écoute du ministre responsable de l'Abitibi-Témiscamingue, Pierre Dufour.

« On a une fermeture totale du ministre régional de reconnaître la crise, alors que pourtant les chiffres sont frappants et alarmants. [...] Tant que ça ne touche pas sa MRC, on dirait qu’on n’entend pas Pierre Dufour », critique-t-il. 

Le président de la FIQ-SISSAT, Jean-Sébastien Blais.

Le président de la FIQ-SISSAT, Jean-Sébastien Blais.

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

Jean-Sébastien Blais affirme également que Pierre Dufour n'a pas répondu à de récentes demandes de la FIQ-SISSAT afin d'organiser une rencontre.

Dans une déclaration par courriel, l'attaché de presse du ministre Pierre Dufour, Charles Laferrière, explique que « les dates proposées n’étaient pas compatibles avec l’agenda de M. Dufour ». Il ajoute que « M. Dufour est bien aux faits des enjeux de main-d’œuvre dans le système de la santé et travaille en collaboration avec M. Dubé pour des solutions concrètes pour la région ».


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Plusieurs personnes sont assises dans une grande salle et écoutent 2 personnes parler devant.

Quelques dizaines d'employés de la santé se sont réunis pour discuter du manque de personnel dans la région.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette

Main-d’oeuvre indépendante

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) doit trouver d’autres solutions que le recours à la main-d'œuvre indépendante afin de pallier la pénurie d’infirmières, estime Julie Bouchard. Elle dénonce par ailleurs le manque de fiabilité de ce type de main-d'œuvre, qui se désiste parfois à travailler sans préavis. 

Ce qui m’inquiète encore plus, c’est que dans le réseau public, si des professionnels en soins agissaient de cette manière, il y aurait des sanctions disciplinaires, alors que cette fois-ci, il y a eu des bris de services, souligne la présidente de la FIQ, qui fait notamment référence à l'urgence du secteur Témiscamingue-Kipawa, qui a dû être fermée en avril.

La situation est à ce point critique que certains établissements de santé de la région ne pourraient pas assurer le maintien de leurs opérations sans le recours à de la main-d’oeuvre indépendante, soutient le président de la Fédération interprofessionnelle de la santé de l'Abitibi-Témiscamingue, Jean-Sébastien Blais. 

Demain matin, vous enlevez la main-d'œuvre indépendante dans la région, vous fermez tous les CHSLD ou vous fermez d’autres services pour amener des professionnels dans ces centres, note-t-il. 

Je suis brûlé

L'infirmier-adjoint chef au CHSLD de Macamic, Yves Bernard, fait remarquer qu’il manque une dizaine d’infirmières sur l’étage où il travaille. Il mentionne que la situation actuelle a des répercussions sur sa vie familiale.

J’ai un garçon à la maison, je le vois une heure par jour parce que je passe mon temps à la job. Quand j’arrive chez moi, je suis brûlé, raconte-t-il.

Yves Bernard, infirmier au CHSLD de Macamic.

Yves Bernard, infirmier au CHSLD de Macamic.

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

Un été difficile à prévoir

La saison estivale risque d’accentuer la pression sur le personnel infirmier, selon Jean-Sébastien Blais. La FIQ-SISSAT estime que 5 500 quarts de travail ne seront pas comblés cet été, faute de personnel. 

Au cours des prochaines semaines, la présidente de la FIQ, Julie Bouchard, indique qu’elle travaillera à ce que l’Abitibi-Témiscamingue obtienne un statut particulier en santé de la part du gouvernement Legault. Un tel statut pourrait aider à retenir le personnel infirmier dans le réseau public de santé, croit-elle. 

On continue de mettre de la pression pour leur démontrer à quel point est essentiel un statut particulier pour la survie du réseau public dans la région. La population a le droit d’avoir des soins sécuritaires et de sécurité, affirme-t-elle.

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