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Métaux Osisko déjà en action à Murdochville

Une rue de Murdochville en automne.

Des citoyens ont déjà déposé une première liste de questions à laquelle a répondu récemment la minière sur le site web de la municipalité (archives).

Photo : Radio-Canada

Le 27 avril 2002, la fonderie de Murdochville crachait ses dernières émanations. Fin de partie pour l’activité minière? Non. Vingt ans plus tard, les forages reprennent sur le mont Copper.

Métaux Osisko investira 5 millions d’ici le 30 juin pour réaliser différents forages dans l’ancienne fosse du mont Copper ainsi qu’au sud de la fosse.

Deux foreuses sont présentement à l'œuvre, une troisième s'ajoutera en mai. Une équipe d’une vingtaine de personnes sera alors affectée au projet.

Si l'exploitation reprend, ce sera donc dans l’ancienne fosse située à environ un demi-kilomètre de la ville.

Selon les résultats des forages, la minière décidera ou non de verser 25 millions à Glencore à la fin septembre pour devenir propriétaire de la mine.

Plusieurs étapes et études suivront avant que la minière sache si elle ira de l’avant. Si oui, Métaux Osisko prévoit investir 1 milliard pour relancer les activités minières.

Une liste de questions

Un peu plus et les habitants de Murdochville pourraient s’imaginer dans une partie de baseball coachée par Yogi Berra : Ce n’est pas fini tant que…

Une opération de chargement dans la mine à ciel ouvert de Murdochville, en 1968

Pendant près de 50 ans, la mine de cuivre a été le poumon économique de Murdochville, mais aussi de la pointe de la péninsule gaspésienne (archives).

Photo : Musée de la Gaspésie

Donc encore beaucoup de si avant une décision, mais aussi beaucoup de questions.

Des citoyens ont déjà déposé une première liste de questions à laquelle a répondu récemment la minière sur le site web de la municipalité. Métaux Osisko s’est d’ailleurs entendue avec l’administration municipale pour qu’un espace soit réservé aux informations sur le projet dans le site internet municipal.

La cohabitation avec les activités minières, les impacts sur l’environnement et les activités de plein air sont au cœur des préoccupations des citoyens. Il y a des enjeux importants concernant la santé et la qualité de vie des citoyens de Murdochville, peut-on lire dans le questionnaire remis à Métaux Osisko.

Exemple de questions des citoyens et des réponses données par Métaux Osisko sur le projet de Murdochville.

Les informations concernant le projet de Métaux Osisko seront disponibles sur le site web de la ville.

Photo : Radio-Canada

Le groupe de citoyens note que Métaux Osisko n’en est pas à sa première offense en termes de respect des normes environnementales et a même déjà été mise à l’amende plusieurs fois.

À cet égard Métaux Osisko s’en remet aux études environnementales qui seront réalisées lors de la phase d’évaluation du projet.

La compagnie se montre par ailleurs ouverte à souscrire à un guide de cohabitation comme il en a été créé un à Malartic.C’est chose-là prennent normalement beaucoup de temps à négocier, a toutefois indiqué le directeur général de Métaux Osisko, Robert Wares, en entrevue à Bon Pied, bonne heure.

Les normes du gouvernement seront respectées, assure aussi le directeur de la compagnie : mais il faut aussi donner un portrait clair aux citoyens.

Bruits, poussières et vibrations

M. Wares ne nie pas que les débuts d’une exploitation minière sont difficiles pour une population qui vit à proximité. C’est à ce moment-là que les vibrations, le bruit et la poussière sont les plus dérangeants. Ça peut durer une couple d’années, admet le DG.

Par contre, les sautages seront moins dérangeants que ceux effectués à l’époque dans la zone située sous les résidences. Robert Wares est bien placé pour faire la comparaison puisqu’il était alors géologue à Murdochville. Il s’en souvient encore très bien: Des fois, il y avait des sautages à 3 h du matin, je levais 3 pieds dans mon lit!

Il fait valoir que dans une mine à ciel ouvert, les sautages ressemblent surtout à des grondements dans le sol et que l’informatique permet maintenant de mieux coordonner et contrôler les opérations. Des fois, rapporte-t-il, tout ce qu’on voit dans la fosse, c’est un tapis qui se lève et qui retombe et il n’y a presque pas de vibrations.

Un camion de 240 tonnes dans la fosse de la mine Canadian Malartic.

Robert Wares ne nie pas que les débuts d’une exploitation minière sont difficiles pour une population qui vit à proximité.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Toutefois, selon Métaux Osisko, les inquiétudes manifestées par les citoyens concernant la pollution et les fumées toxiques qui envahissaient autrefois l’atmosphère de Murdochville n’ont pas lieu d’être puisque le projet n’inclut pas de nouvelle fonderie, dont aucune émanation sulfureuse.

Tourisme et plein air

Le mont Porphyre où ont été aménagés, au fil des ans, des sentiers pour le ski hors piste et le vélo de montagne, n’est pas pour le moment dans la mire de la compagnie.

Le directeur général de Métaux Osisko, Robert Wares, explique que selon d’anciens forages, le gisement du mont Porphyre est situé à une profondeur de 1 km. Si jamais c’est exploité, ce sera une mine souterraine, précise M. Wares. Pour le moment, seuls des forages pour évaluer le gisement pourraient être réalisés.

Un skieur qui descend une montagne à Murdochville.

S'il arrivait que des accès à certaines pistes dans d’autres montagnes soient condamnés, la compagnie assurerait aussi le financement et la mise en place de nouvelles pistes comme mesure compensatoire (archives).

Photo : Radio-Canada

Dans l’éventualité où une véritable exploitation serait envisagée, Robert Wares précise que l’ensemble des impacts sur les activités récréotouristiques comme celles du mont Porphyre sera évalué lors de l’étude socio-économique. Si finalement, dit-il, on décide de condamner le mont Porphyre, il ne manque pas de montagnes en Gaspésie et il y aura sûrement moyen de créer d’autres pistes ailleurs et on pourrait certainement financer ça.

S'il arrivait que des accès à certaines pistes dans d’autres montagnes soient condamnés, la compagnie assurerait aussi le financement et la mise en place de nouvelles pistes comme mesure compensatoire.

La minière se montre aussi disposée à collaborer à l’essor de l’industrie touristique durant la durée de vie de la mine.

Pour le moment, la minière a répondu à 15 questions. Les réponses aux autres questions viendront avec les résultats des différentes études nécessaires à la réalisation du projet, précise la minière.

Études à venir

Si le transfert de propriété a lieu comme anticipé en septembre, Métaux Osisko entreprendra aussitôt l’étude socio-économique. C’est une question de parler aux citoyens, de gérer les attentes. Ce genre de projet crée énormément d’attentes, commente M. Wares.

L’étude permettra aussi d’évaluer l’impact de la relance sur la ville.

Un des enjeux est la rénovation du réseau d’aqueduc et d'égout dont la facture pourrait grimper jusqu’à 40 millions de dollars. C’est un gros montant pour une population de moins de 1000 personnes, commente M. Wares. Si c’est une collaboration municipale, fédérale, provinciale et privée, je suis sûr qu’il y a moyen de lever les fonds.

L'hôtel de ville de Murdochville

Un des enjeux est la rénovation du réseau d’aqueduc et d'égout dont la facture pourrait grimper jusqu’à 40 millions de dollars (archives).

Photo : Radio-Canada

La minière entend, pour ce dossier, cogner à la porte du gouvernement fédéral qui a mis en réserve une somme de 1,5 milliard pour financer les travaux d’infrastructures reliés à l’exploitation des métaux jugés critiques comme le cuivre.

L’étude économique préliminaire sera aussi lancée rapidement. La minière souhaite que l’évaluation de la rentabilité de son projet soit terminée avant la fin de l’année 2022.

Avant sa réalisation, le projet fera aussi l’objet d’un examen par le Bureau d’audience publique en environnement (BAPE).

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