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Mort en attendant d’être admis à l’hôpital : les règles ont été suivies, selon le CIUSSS

Une ambulance quitte les garage de l'urgence de Trois-Rivières.

Des ambulances attendent de pouvoir transférer leur patient à l'urgence du Centre hospitalier affilié universitaire régional à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Les autorités de la santé estiment que tout a été fait selon les règles en place du pré-triage à l’hôpital de Trois-Rivières en février dernier lorsqu’un homme âgé est décédé après avoir attendu près de deux heures dans le garage des ambulances de l’hôpital de Trois-Rivières.

Une enquête du coroner est en cours pour éclaircir les circonstances de cet événement et pour faire des recommandations dans le but que cela ne se reproduise plus.

Le Dr François Parent, urgentologue et directeur médical régional des services préhospitaliers d’urgence, était en poste ce jour-là. Limitant ses propos, il a laissé entendre à l’émission Toujours le matin que le patient ne présentait pas de condition laissant présager à son décès.

Je réitère qu’avec l’avis qui a été fait par les ambulanciers et le système de pré-triage, les gens qui étaient en détresse, qui étaient très souffrants ou qui présentaient de façon évidente une condition d’instabilité ont été pris en charge rapidement cette fois-là, a-t-il indiqué.

Les embouteillages, un problème de système

Outre cet événement, les embouteillages dans les garages de l’urgence du Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières ont été rapportés à plusieurs reprises dans les médias récemment.

En autant de fois les deux dernières semaines, le territoire de Trois-Rivières a été laissé à découvert par les ambulances, puisqu’elles étaient coincées à l’urgence en attendant que leurs patients y soient admis.

C’est une situation difficile et déplorable ce qui se passe actuellement, a concédé le Dr Parent. Étant responsable de la qualité clinique et de la trajectoire des ambulances, ça me préoccupe personnellement énormément.

Selon lui, le problème ne tient pas son origine des services préhospitaliers d’urgence, mais du réseau de la santé.

« En fait, ce qu’on voit, c’est la pointe de l’iceberg qui est une congestion en amont où on entasse à la porte les ambulances et les patients qui arrivent quand même de façon soutenue. »

— Une citation de  Dr François Parent, urgentologue et directeur médical régional des services préhospitaliers d’urgence

La difficulté à sortir les patients de l’hôpital après leur phase de soins actifs empêche de libérer des lits sur les étages, a expliqué l’urgentologue. De 40 à 50 lits d’étages sont occupés par des patients dont l’épisode de soins actifs est terminé et qui sont en attente de pouvoir être transférés vers des ressources de réadaptation, des CHSLD ou à domicile pour y recevoir les soins appropriés, par exemple.

Le manque de disponibilité des places en résidences pour personnes âgées et le problème d’accès dans le réseau à des résidences de convalescence exacerbe cette situation, a poursuivi le Dr Parent.

Les ambulanciers doivent en faire plus, plaide le Dr Parent

Les ambulanciers disent avoir proposé plusieurs solutions au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) dans le but de régler le problème de congestion à l’urgence, comme la coévalutation et l’accompagnement temporaire des paramédicaux à l’urgence.

Cependant, leurs actes sont limités à des protocoles approuvés par le ministère de la Santé et acceptés par le Collège des médecins.

Le Dr François Parent a affirmé que pour aller plus loin, ça demande des modifications aux lois qui ne sont pas simples à obtenir. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas en faveur de l’évolution de la profession des paramédics, c’est une des choses comme directeur préhospitalier que j’essaie d’accompagner le mieux qu’on peut.

Il a d’ailleurs appelé les ambulanciers à en faire plus pour trouver des solutions. Eux-mêmes, comme entreprise qui cherche à élargir leur envergure, ne font pas les validations juridiques, alors ils demandent beaucoup, mais c’est entièrement aux équipes du CIUSSS de faire les travaux.

Le syndicat des ambulanciers de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie s’est empressé de rectifier le tir. On apporte énormément de projets au CIUSSS. Il y a beaucoup de choses qu’on apporte, il y a beaucoup de choses qui sont bloquées. De dire que c’est tout au CIUSSS de faire, c’est faux, a réagi son vice-président, Richard Fournier.

« Ce n’est pas le réseau préhospitalier qui est lent ou qui ne met pas l’effort, c’est qu’on tarde à mettre ça [en place]. »

— Une citation de  Richard Fournier, vice-président du syndicat des ambulanciers de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie

Est-ce qu’il y a un vouloir de vouloir nous donner plus d’actes médicaux, plus de libertés ? On a un doute là-dessus, a-t-il poursuivi.

Richard Fournier a également réfuté les allégations à l’effet que les moyens de pression des ambulanciers, qui négocient leur prochaine convention collective, ralentissent les opérations sur le terrain. La seule chose qu’on ne fait pas en ce moment, ce sont les retours à domicile entre midi et 17 h, a précisé M. Fournier.

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