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Urgences : retour aux durées de séjour de 2014 au Québec

Des membres du personnel d'un hôpital transportent un patient sur une civière.

Selon les données du MSSS, la durée moyenne de séjour sur civière dans les urgences du Québec s’est allongée l’an dernier de 51 minutes, pour atteindre 16 heures 45 minutes.

Photo : iStock

Les gains réalisés de 2014 à 2018 par rapport au temps passé sur une civière aux urgences se sont estompés au cours des dernières années. Une promesse phare de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui soulève des critiques de l’opposition.

Lorsque l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette s’est attaqué aux urgences en 2014, le défi était grand.

Plus d’un million de patients passaient en moyenne près de 17 heures chaque année sur une civière à l’urgence.

Comme le rappelle le leader parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), André Fortin, nous, on avait mis sur pied, entre autres, un réseau de supercliniques à travers le Québec, qui, dans ma région, moi, a désengorgé les urgences.

Le gouvernement actuel a fait le choix de stopper ce développement-là de supercliniques, a-t-il poursuivi lors d’une mêlée de presse, mardi.

Quatre ans plus tard, en 2018, la durée moyenne de séjour sur civière était descendue sous la barre des 14 heures.

Une fois en selle en 2019, le nouveau gouvernement de la CAQ avait comme objectif d’aller plus loin pour atteindre 12 heures 30 minutes en 2022 et 12 heures en 2023.

Or, selon les données rendues publiques par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), la durée moyenne de séjour sur civière dans les urgences du Québec s’est plutôt allongée l’an dernier de 51 minutes, pour atteindre 16 heures 45 minutes.

Un niveau similaire à celui de 2014.

De plus, une vingtaine d’hôpitaux affichent des durées moyennes de séjour sur civière supérieures à 20 heures.

La fréquentation des urgences a repris l’an dernier après une baisse marquée la première année de la pandémie à plus de 3,3 millions de visites au total, mais ce niveau demeure 10 % plus bas qu’avant la pandémie.

Dans son plan pour « redresser » le réseau de la santé au cours des prochaines années, le ministre de la Santé, Christian Dubé, prévoit une réduction du temps d’attente aux urgences grâce à l’ajout de lits hospitaliers et à une meilleure gestion des lits, notamment par la mise en place de centres de commandement.

Son collègue aux Finances, Eric Girard, allouait dans son budget une somme de 33,8 millions de dollars d’ici 2026-2027 [...] pour accroître la fluidité dans les urgences et les hôpitaux.

Le reportage de Davide Gentile

D'après le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, c'est systémique à la CAQ, ils sont incapables de livrer la marchandise quand ils promettent aux Québécois qu'ils vont améliorer le système de santé.

Il y a des petites solutions qu'on peut appliquer ici et là pour améliorer les choses ou pour les désempirer [...] mais le remède de cheval dont notre système a besoin, c'est un virage dans la prévention pour que les gens ne tombent pas malades, poursuit-il.

Selon la Dre Judy Morris, présidente de l’Association des médecins d'urgence du Québec, on savait qu’on manquait de lits, qu’on manquait de personnel; la COVID a empiré cette situation-là, ça a exposé ce problème-là encore plus rapidement, mais, oui, il y a des problèmes au niveau de la gestion.

De l'avis de Dereck Cyr, président par intérim du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval (SIIIAL-CSQ), il faut parvenir à monter plus rapidement aux étages les patients sur civière qui se trouvent à l’urgence et qui doivent être hospitalisés.

Sur les 72 patients à l’urgence de la Cité-de-la-Santé, une vingtaine attendent pour monter aux étages pour une hospitalisation, faute de personnel, explique-t-il.

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