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Envoyé spécial

Derniers trains vers la Pologne

Radio-Canada a pu assister à l’embarquement d’un des derniers trains quittant le Donbass avec à son bord des invalides et des handicapés.

Des gens attendent sur le quai de monter à bord du train.

Un des derniers trains à quitter la gare de Pokrovsk, dans le Donbass, transporte quelque 350 passagers vers l'ouest de l'Ukraine et la Pologne.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Jean-Michel Leprince

Il reste peu de temps pour évacuer la zone du Donbass contrôlée par l’Ukraine, si l’offensive russe se matérialise comme prévu. Pour l’instant, les Russes se contentent de bombarder, terrorisant encore plus la population locale.

Toutes les autres gares de la région sont fermées depuis le massacre de celle de Kramatorsk, le 7 avril, qui a fait plus de cinquante morts.

Pokrovsk, un peu plus à l’ouest, est la dernière à pouvoir charger des trains. Pour combien de temps encore? C’est ce que se disent ceux qui ont, finalement, choisi de partir.

Le train est déjà plein. Des femmes et des enfants en très grande majorité. Une famille quitte son domicile pour la seconde fois à cause de bombardements tout près de sa maison. Ils ont quitté Sloviansk, mais ils ne savent pas où ils vont aller.

Quatre femmes assises dans un compartiment du train.

Le train parti de la gare de Pokrovsk a à son bord principalement des femmes et des enfants.

Photo : Radio-Canada / Frederic Tremblay

Une autre famille vient de Lyman, ville lourdement bombardée. Il y a beaucoup d’enfants dans les compartiments. Insouciants, ils s'amusent beaucoup du départ imminent.

Vladimir est le chef du convoi. Il continuera à les accompagner jusqu’aux limites du possible.

« Aujourd’hui nous avons 350 passagers, mais il y a deux semaines, nous en avions, 4000, 5000, 6000 par jour. Il y a eu jusqu’à quatre trains en partance par jour. »

— Une citation de  Vladimir, chef du convoi

Un convoi spécial pour les handicapés

Ceux qui embarquent au dernier moment attendent dans un autobus marqué évacuation d’enfants; ce sont des invalides ou des handicapés. Trois wagons leur sont réservés.

Des fauteuils roulants sont placés le long d'un autobus.

Des invalides et des handicapés ont été transportés par autobus jusqu'à la gare de Pokrovsk avant de prendre le chemin de l'exil.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

L’opération est délicate. Ils sont spécialement aménagés pour les handicapés, avec un corridor et des toilettes plus vastes. On y a entassé pour l’instant tous les fauteuils roulants.

Pendant le voyage, on va demander à chaque passager où il veut aller, qui les attend, quels sont leurs besoins, et les aider s’ils n’ont pas d’endroit où rester. Il y a aussi un médecin à bord, le docteur Taras, explique Vladimir.

Le train passera d’abord par Dnipro, où il embarquera encore des passagers; il prendra ensuite la direction de Lviv, puis celle de la frontière polonaise.

On estime qu’il reste 25 % de la population dans cette partie du Donbass. La plupart sont des personnes âgées.

Tandis que l'étau russe se resserre sur les zones du Donbass encore sous contrôle ukrainien, le temps presse pour les civils encore sur place. Parmi eux, des personnes handicapées et des aînés qui partent, même s'ils n'ont nulle part où aller. Reportage de Jean-Michel Leprince qui a assisté à l’embarquement d’un des derniers trains du Donbass.

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