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Il y a 20 ans décédait Sylvain Lelièvre, un artiste qui tenait parole

Dans un studio de télévision, l'auteur-compositeur québécois Sylvain Lelièvre chante dans un micro installé près de sa bouche.

L'auteur-compositeur-interprète est décédé le 30 avril 2002.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Radio-Canada

Le 30 avril 2002 disparaissait subitement Sylvain Lelièvre. Artiste aux multiples talents, à la parole simple et riche à la fois, il a créé des œuvres qui ont laissé leur trace dans le monde de la chanson québécoise et ailleurs.

Une carrière de 40 ans

Le 30 avril 2002, la population apprenait le décès soudain de l’auteur-compositeur-interprète et romancier Sylvain Lelièvre.

Reportage du 30 avril 2002

Radio-Canada a diffusé ce jour-là une courte biographie parcourant ses 40 ans de carrière artistique.

Sylvain Lelièvre est né dans le quartier de Limoilou à Québec en 1943.

Il se fait remarquer dès l’âge de 20 ans par ses premières chansons.

C’est notamment la pièce Les amours anciennes qui lui vaut, en 1963, le grand prix du concours international Chansons sur mesure organisé par la Communauté radiophonique de programme de langue française.

Sa carrière de chansonnier professionnel est alors lancée.

Durant ses 40 ans de métier, il composera plusieurs chansons qui deviendront des incontournables du répertoire québécois.

Par exemple, une de ses pièces les plus connues, Marie-Hélène, proposée au public en 1976, a été intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2015.

Dimanshowsoir, 27 mars 1977

Le 27 mars 1977, Sylvain Lelièvre interprète Marie-Hélène durant l’émission Dimanshowsoir.

Les paroles décrivent, avec des mots du quotidien, une jeune femme récemment installée à Montréal qui éprouve certaines angoisses.

L’amour de la parole et des mots du français

« Il a la place d’un orfèvre de la chanson. De quelqu’un qui non seulement est précis et méticuleux, mais qui a aussi une grande maîtrise de la forme chansonnière. […] C’est certainement un de nos plus grands. »

— Une citation de  Alain Brunet, 2007

S’il y a un consensus sur Sylvain Lelièvre, c’est au sujet des grandes qualités de son œuvre.

Sylvain Lelièvre en février 2002, quelques semaines avant son décès

Sylvain Lelièvre, le chanteur libre, 21 juillet 2007 (extrait)

Photo : Radio-Canada

Dans ce troisième épisode de la série radiophonique Sylvain Lelièvre, le chanteur libre, diffusé le 21 juillet 2007, plusieurs invités, dont le journaliste de La Presse Alain Brunet, louangent l’artiste pour sa judicieuse utilisation des mots.

On y parle de ses paroles ciselées et de leur équilibre.

Cet emploi réfléchi de la langue chez Sylvain Lelièvre s’étend également à la musique.

Cette dernière, qui est en apparence simple, serait plus complexe qu’il y paraît, selon ceux et celles qui l’ont jouée.

Cette qualité des compositions chez Sylvain Lelièvre a aussi été remarquée par un géant de la chanson québécoise, Gilles Vigneault.

Avis de recherche, 11 juin 1985

Le 11 juin 1985, Sylvain Lelièvre est reçu par Gaston L’Heureux, qui anime Avis de recherche.

Parmi les invités, on compte Gilles Vigneault, un grand ami de Sylvain Lelièvre.

Gilles Vigneault a pour la première fois rencontré Sylvain Lelièvre en 1962.

L’amitié entre les deux artistes se fonde sur une admiration mutuelle apparue dès les premiers moments de ce contact.

Sur un ton très humoristique, le barde de Natashquan révèle qu’il a tout de suite été très impressionné par le travail de Sylvain Lelièvre.

Les sonnets et les ballades qu’il m’a présentés étaient dans les règles et équilibrés, confirme, presque avec un soupçon d’envie, Gilles Vigneault.

Cette admiration expliquerait en partie que Gilles Vigneault ait été celui qui a permis à Sylvain Lelièvre d’enregistrer son premier disque, paru en 1973.

Il a également aidé Sylvain Lelièvre à réaliser un recueil de poésie et de chansons, Entre écrire, paru en 1982.

Un admirateur des choses inutiles

En effet, l’attrait de la parole chez Sylvain Lelièvre l’a aussi poussé à écrire de la poésie et un roman, Le troisième orchestre, publié en 1996 et bien reçu par la critique.

La chanson américaine, le blues et le jazz ont fortement influencé l’écriture musicale de Sylvain Lelièvre.

Cette influence se sent particulièrement dans Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves? et Les choses inutiles, albums parus respectivement en 1994 et en 1998.

Liza, 29 septembre 1998

Dans une entrevue diffusée à l’émission Liza le 29  septembre 1998, Sylvain Lelièvre confirme son attachement à ces musiques venues des États-Unis.

Par ailleurs, il scandalise un peu l’animatrice Liza Frulla quand il parle de l’art comme d'une chose inutile.

L’activité artistique, composer une chanson, par exemple, ne sert à rien, affirme-t-il.

L’art, poursuit-il du même souffle, ne sert qu’à créer de la joie et du bonheur. En ce sens, dit-il avec un petit sourire ironique, c’est aussi inutile que des jeux d’enfants.

Créer de la joie et du bonheur. Voilà une pensée qui résume bien la démarche artistique de Sylvain Lelièvre.

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