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La mélancolite : les « mauvais coups » de Bruno Blanchet et Guy Jodoin

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La mélancolite signe le retour de Bruno Blanchet vers la fiction avec les personnages qui ont fait sa réputation.

Photo : Radio-Canada

Charles Rioux

La websérie La mélancolite, qui marque le retour de Bruno Blanchet en fiction, sera lancée mercredi sur ICI Tou.tv. Joint chez lui à Bangkok, le globe-trotteur nous parle de son plaisir d’avoir retrouvé son complice Guy Jodoin et les personnages qui ont marqué ses débuts, du « petit monsieur pas de cou » à madame Totonski.

Il y a une dizaine d’années, au fil de son voyage autour du monde, Bruno Blanchet s’est épris du peuple thaïlandais au point de s’installer de façon définitive dans ce pays, comme son fils Boris. Il réside maintenant à Bangkok avec sa femme, Tayajit Sittiwanakul, et partage son temps entre les marathons, la plongée sous-marine et l’enregistrement de son balado L’académie de voyage de Bruno Blanchet.

L’idée de La mélancolite a d’abord germé dans la tête du réalisateur Arnaud Bouquet, qui a travaillé avec l’auteur sur les séries Partir autrement, Manger le monde et Les vacances de Monsieur Bruno.

Bruno Blanchet a tout de suite été séduit par la proposition de son ami, ses personnages ne l'ayant jamais vraiment quitté. Ça fait 20 ans qu’on m’en parle, donc je sais qu’ils sont encore là dans le cœur des gens. Si je peux les ramener et faire plaisir au public, tant mieux, explique-t-il derrière sa webcam.

Ça me prenait vraiment une maudite bonne raison pour ramener cet univers-là, et la raison est parfaite : c’est la mélancolite. C’est la nostalgie du passé, c’est la tristesse de penser qu’il n’y a plus rien d’aussi bon qu’avant.

L’impression de faire un mauvais coup

C’est Guy Jodoin, collègue de la première heure de Bruno Blanchet, qui est atteint de mélancolite. Il passe ses journées à regarder d’anciens sketches du duo à l’époque de N’ajustez pas votre sécheuse. C’est lui qui nourrit l’intrigue de la série, alors que Bruno parcourt le Québec à la course pour récolter des témoignages d’amour pour son ami et le sortir de sa torpeur.

Cette intrigue est surtout un prétexte pour faire revivre les personnages des deux amis, et la liste de ceux qu’on voit défiler dans la série est assez exhaustive. La chimie qui opère entre les deux interprètes est intacte.

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Guy Jodoin cuve sa mélancolite dans son salon.

Photo : Radio-Canada / Rosalie-Anne Lavoie Bolduc

Au-delà des clins d'œil au passé, La mélancolite présente dès les premiers épisodes de nouvelles scènes d’anthologie. Celle dans laquelle Bruno Blanchet et Guy Jodoin se montrent dans leur plus simple appareil risque de marquer les esprits.

Cette série se prêtait à cette espèce de délinquance. C’est comme si on avait le droit de faire des mauvais coups. Toute la série, c’était comme faire un mauvais coup.

La vengeance d’Anne-Marie Losique

La mélancolite est aussi une façon pour Bruno Blanchet de faire amende honorable et d’offrir une sorte de vengeance aux personnalités qu’il a écorchées au fil du temps, Anne-Marie Losique la première. C’est d’ailleurs elle qui interprète l’antagoniste principale de Bruno et de sa bande dans la série, aux côtés de Gaston, nouveau personnage hilarant qui cadre parfaitement avec les anciens.

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Anne-Marie (Anne-Marie Losique)

Photo :  Zone 3

L’humoriste insiste toutefois pour dire qu’entre Anne-Marie Losique et lui, ça a toujours été de bonne guerre. Je ne me suis jamais moqué d’elle, parce qu’à partir du moment où j’ai senti que ça allait peut-être créer un malaise, je l’ai contactée. Je lui ai dit : "Anne-Marie, tu es cool avec ça?", se rappelle-t-il.

[Quand je l’ai approchée pour La mélancolite], elle a dit oui tout de suite. Je pense qu’elle n’a même pas lu le scénario avant de dire oui.

Mais l’humoriste affirme aussi que la série est un peu la vengeance du nouveau Bruno Blanchet sur l’ancien. Dans tout ce que j’ai fait, j’ai toujours été un peu la victime de mes gags, la tête de Turc. Cette série-là permet aux gens que j’ai peut-être blessés de se venger, mais c’est peut-être aussi une vengeance du Bruno d’aujourd’hui sur le Bruno d’hier.

Le premier rôle de FouKi

La websérie a également permis à FouKi, de son vrai nom Léo Fougères, de décrocher son premier rôle à l’écran. Déjà un habitué des caméras dans sa carrière de rappeur, le jeune acteur se débrouille très bien dans son rôle de Vincent, neveu de Guy Jodoin qui accompagne Bruno dans son périple, avec la fille adoptive de ce dernier, interprétée par Jade Barshee.

Lorsqu’on lui a demandé qui il voulait pour interpréter les deux jeunes, Bruno Blanchet s’est d’abord senti largué; après 15 ans passés loin du Québec, il ne connaissait pas beaucoup la relève. Il était toutefois tombé sous le charme de FouKi pendant l’écriture de la série en regardant le vidéoclip de Gayé.

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Jade Barshee, Bruno Blanchet et Léo Fougères, alias FouKi, lors du tournage de la série.

Photo : Radio-Canada / Rosalie-Anne Lavoie Bolduc

Les astres semblaient être alignés, puisque FouKi est le neveu de Pierre-Michel Tremblay, script-éditeur de La mélancolite. Malgré son manque d’expérience, le rappeur a accepté le défi avec enthousiasme, sentant une certaine connexion entre son univers et celui de Bruno, tous les deux un peu décalés.

C’est le gars le plus cool sur un plateau, explique Bruno Blanchet. Il n’y a tellement pas de trouble; il est le fun, il improvise, il s’amuse, il n’est pas rushant, il est à l’heure. Et il est toujours juste assez pété.

Un projet fédérateur et un tournage sans faille

Cette impression que tout coulait de source avec FouKi, Bruno Blanchet l’a ressentie tout au long du tournage de La mélancolite, dont la production a rassemblé des dizaines d’artisans et d’artisanes de plusieurs générations.

Visiblement, l’humoriste n’était pas le seul à vouloir se replonger dans l’époque absurde de La fin du monde est à sept heures et N’ajustez pas votre sécheuse. En plus de Guy Jodoin, il a réussi à rassembler plusieurs collaborateurs et collaboratrices comme Guylaine Tremblay, Francis Reddy, Christian Bégin, Marc Labrèche, Georges St-Pierre et Maxime Gervais.

Ça a été un projet tellement fédérateur, tous ceux qui étaient dans l’équipe de tournage voulaient faire partie de ce moment-là. Il y avait une espèce d’impression de faire partie d’un moment historique, explique-t-il, avant de s’avancer sur la possibilité d'une deuxième saison.

C’est certain que s’il y a une deuxième année, toute l’équipe reviendra ensemble, parce qu’une atmosphère de troupe s’est créée.

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