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Nouvelle norme sur le nickel : Bruno Marchand exige des mesures de protection

Bruno Marchand, maire de Québec.

Bruno Marchand, maire de Québec (archives)

Photo : Radio-Canada

Le maire de Québec demande des assurances à deux jours de l'entrée en vigueur d'une norme provinciale plus permissive quant à la concentration de nickel dans l'air. Bruno Marchand réclame au gouvernement Legault de garantir des moyens pour vérifier si la norme est bel et bien respectée.

Le maire Marchand a répété maintes fois qu'il est contre la hausse des concentrations de nickel dans l'air.

Puisque le gouvernement du Québec refuse de reporter la date d'entrée en vigueur ou de modifier la nouvelle norme, il demande maintenant l'assurance que le nickel dans l'air sera mesuré partout autour du port, que l'information sera communiquée aux citoyens et que les contrevenants seront punis.

On continue de demander plus de stations. Il faut des stations pour mesurer ce qui arrive dans l'ensemble de la géographie autour du port. Les gens de Beauport, on ne peut pas leur dire que tout va bien parce qu'on n'a pas la capacité de mesure, a affirmé Bruno Marchand mardi après-midi.

Données préoccupantes

Des documents obtenus par Radio-Canada révèlent que les résidents du Vieux-Limoilou respirent quatre fois plus de nickel que ceux du secteur de Saint-Sacrement, en Haute-Ville.

Selon ces données, recueillies par la Direction de la santé publique de la Capitale-Nationale (DSP), les concentrations de nickel mesurées dans l’air augmentent quand les vents proviennent des installations portuaires.

Ces constats font partie des conclusions attendues dans une vaste étude sur la qualité de l’air menée par la DSP de la Capitale-Nationale.

Le président sortant du Conseil de quartier de Lairet, Jean-François Vallée.

Le président sortant du Conseil de quartier de Lairet, Jean-François Vallée

Photo : Radio-Canada

Dîner de cons

Ces données et l'absence de transparence dénoncée par des groupes de citoyens depuis des années, minent la confiance de certains citoyens envers le Comité de vigilance des activités portuaires (CVAP).

Le Conseil de quartier de Lairet a claqué la porte du CVAP. Le comité avait pourtant été mis en place pour favoriser la collaboration entre l’industrie et la communauté.

Le président sortant du Conseil de quartier de Lairet le compare aujourd'hui à un « dîner de cons ».

« J'ai été un con, un con qui participait à un dîner de cons. Je m'en suis rendu compte après sept ans. Ça a peut-être été long, mais j'espère que d'autres aussi vont s'en rendre compte. »

— Une citation de  Jean-François Vallée, président sortant du Conseil de quartier de Lairet

L'administration portuaire, le ministère de l’Environnement, la Ville et plusieurs conseils de quartier siègent au CVAP. En revanche, selon nos informations, les conseils de quartier Saint-Roch et Montmorency ne s'y présentent plus depuis un an. Le poste de conseiller en environnement du comité n'a pas été pourvu non plus.

Il y a de la mauvaise foi de certains des participants. On peut penser au ministère de l'Environnement, qui ne nous a jamais avisés que des avis de non-conformité avaient été déposés contre le Port. On demande aussi depuis des années au Port de nous fournir ses données, souligne Jean-François Vallée.

Le maire demande aux citoyens de ne pas abandonner leur lutte pour un environnement sain.

Continuez de vous battre. On va se battre avec vous autres. On va se battre en avant de la parade. On va implanter des mesures. On va faire en sorte de prendre nos responsabilités et de les imposer aux autres, lance Bruno Marchand.

Benoit Charette.

Le ministre de l'Environnement du Québec, Benoit Charette

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Norme scientifique

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, rappelle que la nouvelle norme a été recommandée par des experts indépendants, après des années d'études, et qu'elle a aussi obtenu l'aval de la Direction générale de la santé publique.

Je me sens bien outillé pour rassurer les gens, leur dire qu'on n'aurait pas procédé à quelque changement que ce soit si on avait eu un doute sur la santé de la population, affirme-t-il.

Un homme à lunettes.

Mario Girard en conférence de presse (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Le Port se veut rassurant

L’administration portuaire à Québec tente de se faire rassurante.

Le président-directeur général du Port de Québec, Mario Girard, répète que les opérations de la minière Glencore, la seule entreprise qui effectue du transbordement de nickel au port, sont sécuritaires.

Nous, on fait déjà tout ce qu'il y a à faire. Le Port n'est pas opérateur. On travaille avec Glencore, qui est une compagnie très responsable. Ils ont investi 60 millions depuis plusieurs années pour moderniser leurs équipements. Ils font les choses sous couvert actuellement, affirme Mario Girard.

Diminution des concentrations souhaitée

Les auteurs de l'étude de la DSP de la Capitale-Nationale soulignent tout de même l’importance d’abaisser graduellement les concentrations de nickel de façon à atteindre des seuils d’effet sur la santé et de nuisance négligeables.

Pourtant, le gouvernement du Québec prend la direction opposée.

La norme provinciale fixe présentement la limite de nickel dans l’air à 14 nanogrammes par mètre cube (ng/m3). Dès le 28 avril prochain, le seuil passera à 70 ng/m3 à la demande de l’industrie minière.

La moyenne annuelle devra toutefois respecter le seuil de 20 nanogrammes par mètre cube (ng/m3).

Mario Girard souligne que d’autres améliorations pourraient être apportées afin de rendre les activités de transbordement encore plus sécuritaires.

C'est un travail en continu. On n'arrêtera pas de collaborer pour s'assurer que les meilleures pratiques seront en vigueur, affirme-t-il.

En février dernier, la DSP a souligné la responsabilité de l’administration portuaire lors du comité plénier de la Ville de Québec sur le nickel.

Plusieurs dépassements

De son côté, le ministère de l’Environnement du Québec a relevé 50 dépassements de la norme quotidienne de nickel depuis 2018 à la station du Vieux-Limoilou.

Parmi ces dépassements, trois étaient supérieurs à 200 ng/m3 entre janvier et août 2021.

La Ville de Québec continue de s'opposer à la hausse de la norme sur le nickel. L’administration Marchand réclame que le gouvernement attende la publication de l’étude de la DSP de la Capitale-Nationale avant de légiférer.

Le gouvernement du Québec a déjà statué qu’il ira de l’avant avec la nouvelle norme jeudi. Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, promet d'installer une nouvelle station d'échantillonnage dans Limoilou et de former un groupe de travail pour mieux cerner le problème de la qualité de l'air dans le secteur.

Avec les informations d'Olivier Lemieux

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