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Poutine dit à Guterres qu’il espère un « résultat positif » dans les pourparlers avec Kiev

Vladimir Poutine, assis à table, discute.

Le président russe Vladimir Poutine, lors de sa rencontre avec le secrétaire général de l'ONU, mardi, au Kremlin.

Photo : Reuters / SPUTNIK

Radio-Canada

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mardi au secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres qu'il croit toujours en une issue positive des négociations avec l'Ukraine, malgré la guerre en cours depuis maintenant plus de deux mois entre les deux pays.

Ayant sollicité cette rencontre la semaine dernière, M. Guterres est à Moscou dans l'espoir, disait-il en début de journée, de convaincre le maître du Kremlin d’accepter un cessez-le-feu en Ukraine dans les plus brefs délais. Il se rendra ensuite à Kiev pour faire de même avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

« Malgré tout, les négociations se poursuivent [...] J'espère que nous arriverons à un résultat positif. »

— Une citation de  Vladimir Poutine à Antonio Guterres, lors de la rencontre au Kremlin

M. Poutine a affirmé que les négociations de paix tenues en mars à Istanbul avaient permis une sérieuse avancée, la délégation ukrainienne n'ayant pas lié les exigences de sécurité, de la sécurité internationale de l'Ukraine, à une certaine compréhension des frontières internationalement reconnues de l'Ukraine.

Lors de ces négociations, Kiev avait proposé un accord international établissant des pays garants de sa sécurité, en échange de quoi elle accepterait un statut non nucléaire et neutre, et renoncerait à devenir membre de l'OTAN et à autoriser des bases militaires étrangères sur son territoire.

L'entente prévoyait en outre d'exclure pour un certain temps des négociations les questions liées à la Crimée, territoire annexé par Moscou en 2014, et aux républiques prorusses autoproclamées de Donetsk et Louhansk, dont la Russie a reconnu l'indépendance avant de déclencher la guerre à l'Ukraine.

Les négociations russo-ukrainiennes ont cependant été ralenties par la découverte de nombreux corps dans les zones ukrainiennes occupées par l'armée russe dans les environs de Kiev avant son retrait, notamment dans la ville de Boutcha.

L'Ukraine accuse Moscou d'avoir tué des civils, ce que le Kremlin nie fermement. Le président Poutine a d'ailleurs réitéré mardi que l'armée russe n'a aucun lien avec ce développement, qu'il qualifie de provocation ukrainienne.

Les propos de M. Poutine sur les négociations avec Kiev tranchent avec ceux qu'avait tenus son porte-parole au surlendemain de la rencontre. Dmitri Peskov avait déclaré que les pourparlers n'avaient abouti à rien de « très prometteur » ni à aucune « percée ».

Antonio Guterres devant un lutrin.

Antonio Guterres, en conférence de presse, mardi, à Moscou, au terme de sa rencontre avec Sergueï Lavrov.

Photo : La Presse canadienne / AP/Maxim Shipenkov

À la recherche d'un cessez-le-feu

Bien que la situation en Ukraine soit complexe, avec des interprétations différentes de ce qui s'y passe, il est possible d'avoir un dialogue sérieux sur la manière d'œuvrer au mieux à minimiser la souffrance des gens, avait plaidé M. Guterres en début de journée, avant une première rencontre avec le ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov.

« Ce qui nous intéresse beaucoup, c'est de trouver les moyens de créer les conditions pour un dialogue efficace, créer les conditions pour un cessez-le-feu dans les plus brefs délais. »

— Une citation de  Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

La rencontre avec M. Lavrov n’a cependant pas débouché sur une annonce d’importance, les deux hommes y allant de déclarations de circonstance ne permettant pas d’anticiper des progrès en faveur d’un cessez-le-feu.

M. Guterres a dit avoir proposé la création d’un groupe de contact réunissant Moscou, Kiev, la Croix-Rouge et les Nations unies pour trouver les moyens d’évacuer les civils de Marioupol, essentiellement sous contrôle russe, et d’acheminer de l’aide humanitaire pour le reste de la population, qui vit dans des conditions exécrables.

Dans un communiqué publié quelques heures plus tard, l'ONU a affirmé que M. Poutine a donné son accord de principe sur cette approche lors sa rencontre avec M. Guterres.

Des discussions seront organisées entre le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU et le ministère russe de la Défense, a précisé le porte-parole de M. Guterres, Stéphane Dujarric.

Plusieurs immeubles de Marioupol endommagés et quelques personnes qui marchent dans une rue.

Les derniers combattants ukrainiens sont retranchés dans le complexe métallurgique Azovstal (en arrière-plan), l'un des plus grands du genre en Europe.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Au cours des dernières semaines, Kiev et Moscou se sont souvent entendus sur l’ouverture de couloirs humanitaires, et la Croix-Rouge a participé à certains de ces efforts. Le plus souvent, les couloirs n'ont pas fonctionné, ou si peu, et seulement pour l’évacuation de civils. Aucune aide humanitaire acheminée par Kiev ne s’est cependant rendue à Marioupol.

Kiev et Moscou s'accusent systématiquement de violer les ententes, tandis que la Croix-Rouge évite de prendre parti.

« Des milliers de civils ont un besoin urgent d'aide humanitaire vitale. Les Nations unies sont prêtes à mobiliser pleinement leurs ressources humaines et logistiques pour contribuer à sauver des vies à Marioupol. »

— Une citation de  Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Selon les autorités ukrainiennes, environ 100 000 civils demeurent toujours à Marioupol, où les derniers résistants ukrainiens sont terrés dans le gigantesque complexe métallurgique Azovstal, encerclés par les forces russes.

Évoquant indirectement des informations selon lesquelles l’armée russe évacue des civils de Marioupol vers leur territoire contre leur gré, M. Guterres a insisté pour que les résidents de Marioupol puissent quitter la ville dans n’importe quelle direction.

M. Lavrov, de son côté, a assuré que la Russie était prête à coopérer avec l'ONU. Notre but principal est de protéger les civils. Nous sommes prêts à coopérer avec nos collègues des Nations unies pour soulager les souffrances de la population, a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie russe a cependant rejeté l’idée lancée la semaine dernière par le gouvernement ukrainien de tenir des pourparlers à Marioupol même. Il a aussi dit qu’il était trop tôt pour envisager l’intervention d’un médiateur dans les négociations de paix.

Notre         dossier Guerre en Ukraine

M. Guterres a par ailleurs dit comprendre les griefs russes envers la situation en Ukraine, mais a regretté qu'elle n'ait pas utilisé d'autres mécanismes, comme un recours à la Cour internationale de justice, pour les régler.

« Il y a une chose qui est vraie, évidente et qu'aucun argument ne peut changer : il n'y a pas de troupes ukrainiennes en Russie, mais il y a des troupes russes en Ukraine. »

— Une citation de  Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Le numéro un de l'ONU doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky jeudi.

L'ONU veut plus d'argent pour aider les Ukrainiens

Les Nations unies ont par ailleurs annoncé mardi avoir doublé leur appel d'urgence pour apporter de l'aide humanitaire en Ukraine. Elle réclame 2,25 milliards de dollars américains pour une période de six mois, plutôt que 1,1 milliard pour trois mois, comme elle l'avait fait le 1er mars.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 8,3 millions d'Ukrainiens pourraient quitter leur pays cette année en raison de la guerre. Un peu plus de 5,2 millions de personnes l'ont déjà fait au cours des deux premiers mois du conflit, selon l'agence onusienne.

Avant de rencontrer M. Guterres, Vladimir Poutine a eu un entretien téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, où il a été question de la situation humanitaire en Ukraine, selon un compte rendu offert par le Kremlin.

Les deux dirigeants ont évoqué en détail la situation en Ukraine dans le contexte de l'opération militaire spéciale pour défendre le Donbass et les efforts entrepris en permanence par la partie russe pour assurer la sécurité des civils, y compris l'organisation de couloirs humanitaires, a dit la présidence russe dans ce communiqué.

Selon le Kremlin, M. Poutine a évoqué, à la suite d'une question de M. Erdogan, la situation à Marioupol, ville stratégique du sud-est de l'Ukraine assiégée par l'armée russe depuis près de deux mois. M. Poutine a réitéré que la ville était libérée et qu'il n'y a plus de combats en cours, selon le Kremlin.

Concernant les militaires ukrainiens et les bataillons nationalistes bloqués dans l'usine Azovstal, les autorités de Kiev doivent prendre leurs responsabilités politiques et, guidées par des principes humanitaires, leur intimer l'ordre de déposer les armes.

Le gouvernement ukrainien, qui rapportait encore lundi de nouveaux bombardements russes sur le complexe Azovstal, n'a donné aucun signe qu'il entendait agir en ce sens jusqu'ici.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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