•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Myreille Gaudreau attend une chirurgie cardiaque depuis décembre

Chargement de l’image

« Je vais-tu être vivante rendue à mon tour? », se demande Myreille Gaudreau, de Mont-Laurier, en attente d’une chirurgie cardiaque.

Photo : Radio-Canada

Une patiente de Mont-Laurier n’en peut plus d’attendre depuis le mois de décembre une chirurgie cardiaque dans un hôpital à Montréal. Son cas illustre l’impuissance du réseau de la santé à s’engager vers un rattrapage de dizaines de milliers de chirurgies accumulées d’une vague à l’autre, depuis le début de la pandémie.

Lorsqu’elle a rencontré son médecin de famille au Centre de santé de Ferme-Neuve au mois d’octobre dernier, Myreille Gaudreau ne s’attendait pas à se faire remettre une prescription pour une échographie cardiaque à l’Hôpital de Mont-Laurier.

Sur place, le diagnostic fut sans détour.

La spécialiste m'a dit : "Si jamais, Myreille, vous avez une douleur dans la poitrine, venez-vous-en, ça presse [...] vous avez un problème cardiaque grave".

Une obstruction de la valve aortique du cœur nécessite son remplacement par une prothèse. Une opération à cœur ouvert.

Prise en charge par un cardiologue de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, Mme Gaudreau fait la navette à quelques reprises pour passer divers tests. Elle parcourt 2000 km en quelques semaines.

Je suis en région éloignée et en région défavorisée, estime-t-elle.

On en parle depuis bientôt deux ans et c'est loin d'être réglé. L'histoire de Myreille Gaudreau, une dame de 81 ans de Mont-Laurier qui attend une chirurgie au coeur, nous ramène au plus gros défi du système de santé en ce moment : opérer les gens dans des délais raisonnables. Le reportage de Davide Gentile.

En principe, Mme Gaudreau aurait été opérée à l’intérieur de trois mois, selon les standards du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Savez-vous ce qu’un infirmier m'a déjà dit? "Vous savez, Madame, on en a une pile de dossiers en attente et c'est sûr que la pile va baisser", raconte cette résidente des Laurentides de 81 ans.

Mais moi, quand est-ce que je vais passer? Je vais-tu être vivante rendue à mon tour?, se demande-t-elle.

Je veux être opérée au plus vite, je veux pas mourir, ajoute-t-elle accompagnée de son conjoint.

Au total, la liste d’attente pour l’ensemble des chirurgies au Québec ne cesse d’augmenter d’une vague à l’autre de la pandémie.

De 115 000 au début 2020, la liste d’attente est passée à 150 000 juste avant la cinquième vague et frôle maintenant les 160 000 en cette sixième vague.

Chargement de l’image

Myreille Gaudreau avec son conjoint

Photo : Radio-Canada

Une relance qui se fait attendre

Dans son budget de mardi 22 mars 2022, le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a annoncé une somme de 600 M$ d’ici mars 2024, notamment [...] pour réduire la liste d’attente en chirurgie.

Une note indiquait que le plan de rattrapage des chirurgies fera l’objet d’une nouvelle planification.

Il faut dire qu’un premier plan annoncé en juin 2021 prévoyait un rattrapage en moins de deux ans avec des taux d’activité des blocs opératoires à plus de 100 %.

C’était sans compter l’épuisement du personnel soignant, les vacances et les absences liées à la COVID-19.

Lors d’un point de presse la semaine dernière, la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny n’était pas en mesure de préciser jusqu’où un rattrapage serait possible d’ici l’automne, étant donné les vacances estivales.

Nous, on pense que les vacances [d’été] sont importantes, qu’on va être en mesure de les donner, mais évidemment il faut aussi contrebalancer ça avec la volonté qu’on a de rehausser les activités pour faire du rattrapage dans tous les différents secteurs où il y a du rattrapage à faire [chirurgies], a-t-elle répondu.

11 000 infirmières et préposés absents

L’été dernier, le taux d’activité chirurgicale était demeuré sous les 100 % en dépit d’un niveau d’absence lié à la COVID-19 inférieur à 3000.

Environ 11 000 infirmières et préposés demeurent absents ces dernières semaines en raison du virus.

Par ailleurs, le ministre Dubé a déjà mentionné vouloir recourir davantage au privé pour des chirurgies. Ces centres représentent déjà d’une semaine à l’autre jusqu’à 15 points de pourcentage des activités chirurgicales.

Selon nos sources, le taux d’activité chirurgicale dans le réseau de la santé oscille actuellement entre 70 % et 80 %, y compris la contribution des chirurgies au privé. Au pire de la cinquième vague en janvier, le taux était descendu à 55 % pour remonter à la mi-mars à 86 %.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !