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Visite du pape : l’Église ne collabore pas avec les Premières Nations, dit un chef

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Le leader des Premières Nations au Vatican, Gerald Antoine, croit que la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) et le Vatican ont manqué l'occasion de travailler en étroite collaboration avec l'Assemblée des Premières Nations.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Radio-Canada

Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations (APN) aux Territoires du Nord-Ouest, Gerald Antoine, croit que le Vatican et la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) ont fait un « faux pas » en omettant de travailler étroitement avec l’APN dans la planification de la visite du pape au pays.

Le chef Gerald Antoine, qui a récemment mené la délégation des Premières Nations à Rome, affirme avoir soulevé cette préoccupation auprès de l’archevêque d’Edmonton, Richard Smith, lors d’une rencontre il y quelques jours.

C’est une réelle et importante occasion pour nous de faire les choses de la bonne manière, dit-il. Nous devons tout mettre sur la table.

Selon Gerald Antoine, qui est aussi le chef national des Dénés, les représentants de l’Église doivent respecter les Premières Nations et suivre leurs protocoles. C’est chez nous, ici, et c’est notre famille, alors ils doivent travailler avec cette famille, assure-t-il.

J’espère qu’il se rendra dans une des communautés touchées par les tombes anonymes

Le pape François devrait se rendre à Edmonton, Québec et Iqaluit lors d’une visite au Canada à la fin de juillet, selon des sources qui travaillent à la planification du voyage et qui ne sont pas autorisées à parler publiquement.

Le chef Gerald Antoine affirme ne pas avoir obtenu de réponse claire de la CECC et du Vatican concernant leurs exigences pour confirmer la visite papale.

Nous souhaitons que cette visite se réalise de la manière dont nos anciens élèves des pensionnats [pour Autochtones] en ont besoin, a-t-il déclaré.

La chef Tk'emlúps te Secwépemc, Rosanne Casimir, affirme quant à elle ne pas avoir encore reçu de réponse à son invitation au pape, qu’elle a livrée en personne, de se rendre à Kamloops ou quelque 215 possibles tombes anonymes ont été découvertes par radar pénétrant près de l’ancien pensionnat pour autochtones.

Peu importe où se rend le pape au Canada, nous voulons pouvoir y amener le plus de survivants, de survivants intergénérationnels, nos petits-enfants et arrières petits-enfants, a dit Rosanne Casimir.

« J’espère qu’il se rendra dans une des communautés touchées par les tombes anonymes [...] Ce serait une vraie mascarade s’il ne le faisait pas. »

— Une citation de  Rosanne Casimir, chef Tk'emlúps te Secwépemc
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La cheffe de la Nation Tk'emlups te Secwépemc, Rosanne Casimir, souhaite que le pape François se rende dans une Première Nation touchée par la découverte de tombes anonymes.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

La découverte à Kamloops a mené à d'autres recherches et découvertes semblables près d'anciens pensionnats pour Autochtones et renouvelé les appels auprès de l'Église catholique pour qu'elle s'excuse de son rôle dans la gestion des pensionnats.

Le pape a présenté les excuses de l'Église en mars dernier et accepté une invitation des délégations Inuit, Métis et des Premières Nations de se rendre au Canada.

Pour le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations Gérald Antoine, cette visite doit servir « à compléter les excuses, et aussi pour la justice et la restitution ».

La présence du pape sollicitée à plusieurs endroits

L’ancien chef national de l’APN, Phil Fontaine, voudrait pour sa part que le pape s’arrête à Winnipeg, puisque la capitale manitobaine compte la plus grande population autochtone urbaine au Canada, en plus d’abriter la cathédrale Saint-Boniface, la première construite dans l’Ouest canadien.

D’autres personnes espèrent que [le pape François] se rendra à Kamloops ou à Ermineskin [Première Nation crie, NDLR], dit-il. Tout le monde fait des suppositions.

Les Métis du Manitoba aimeraient également que le pape se rendre à Saint-Boniface pour y bénir la tombe de Louis Riel.

Dans une déclaration écrite, la Conférence des évêques catholiques du Canada a déclaré qu'elle s'engage à travailler en étroite collaboration avec les dirigeants et les communautés autochtones pour s'assurer que la prochaine visite papale soit une étape importante sur le chemin de la guérison et de la réconciliation.

Je serai heureux de pouvoir vous rencontrer à nouveau lorsque je visiterai vos terres ancestrales où vivent vos familles, avait mentionné le pape François lors de la visite de la délégation autochtone au Vatican.

Selon la CECC, le pape François a reçu un grand nombre de demandes pour son passage au Canada et que les lieux et les détails entourant cette visite n’ont n'ont pas encore été finalisés ni confirmés.

Le Vatican prendra la décision finale, qui devrait être dévoilée bientôt.

D’après les informations d’Olivia Stefanovitch

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