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Les écoles doivent mieux protéger les enfants contre les abus sexuels, dit un survivant

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Greg Gilhooly, 58 ans, dit que l'ancien entraîneur et prédateur sexuel Graham James a utilisé son poste d'enseignant suppléant pour avoir accès à lui lorsqu'il avait 14 ans.

Photo : Greg Gilhooly

Radio-Canada

Greg Gilhooly a parlé publiquement des abus subis pendant son adolescence à Winnipeg de la part de l'entraîneur de hockey notoire Graham James, condamné pour ses crimes depuis. Aujourd’hui, cet ancien survivant dénonce un système d'éducation qui ne protégerait pas assez les enfants.

À l’âge de 14 ans, Greg Gilhooly a rencontré l'entraîneur alors qu'il jouait pour les Canadiens de St. James, une équipe de hockey junior à Winnipeg. À cette époque, Graham James entraînait un groupe de joueurs plus âgés.

Aujourd’hui âgé de 58 ans, Greg Gilhooly allègue que l'entraîneur aurait utilisé son poste de suppléant au sein de la Division scolaire St. James-Assiniboia pour le soigner puis l’agresser sexuellement sur le terrain d'entraînement de l’école.

Selon lui, les crimes sexuels de l'ancien entraîneur ont révélé de nombreuses lacunes au sein de la communauté du hockey, mais peu de gens ont remis en question le rôle joué par le système éducatif.

«  Le plus effrayant, c'est que Graham [James] était également enseignant et que le système scolaire n’a jamais été tenu pour responsable. »

— Une citation de  Greg Gilhooly, victime présumée

Graham James dit que Graham James, qui l'a encadré au hockey sans jamais être son entraîneur, s'est présenté comme quelqu'un qui pourrait l'aider à entrer dans une université d'élite.

Greg Gilhooly demande maintenant à la division scolaire de lui donner une compensation pour ce qui lui est arrivé et de prendre des mesures pour empêcher que d'autres enfants ne soient maltraités.

Graham James a plaidé coupable d'abus à l'encontre de plusieurs autres anciens joueurs adolescents, dont les anciens joueurs de la LNH Sheldon Kennedy, Theo Fleury et Todd Holt, mais les accusations, dans le cas de Greg Gilhooly, ont été suspendues.

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Graham James a plaidé coupable d'abus sur plusieurs autres anciens joueurs adolescents (archives).

Photo : La Presse canadienne / John Woods

La Division scolaire St. James-Assiniboia, qu'a fréquentée Greg Gilhooly, n'a pas dit si une enquête avait été menée sur Graham James en tant qu'enseignant suppléant.

Parler aux enseignants

Greg Gilhooly est devenu avocat et parle souvent publiquement des agressions qu'il a subies. Il dit qu'à la fin de 2020, il a appris grâce au Winnipeg Free Press qu'un responsable de l'établissement scolaire était peut-être au courant du comportement de Graham James bien avant qu'il soit agressé.

Cette révélation, suivie l'automne dernier de nouvelles allégations d'agressions sexuelles contre le joueur de la LNH Kyle Beach, l’a poussé à contacter à nouveau la division scolaire. Cette fois, il a demandé une compensation de 125 000 $ pour couvrir les coûts de la thérapie et des médicaments dont il a besoin à la suite de son agression.

Il aimerait pouvoir parler avec les enseignants de la division scolaire sur la façon de repérer les signes d'agressions sexuelles chez les enfants.

La Division scolaire St. James-Assiniboia n'a pas acquiescé à ses demandes.

La division scolaire ne peut pas fournir de commentaire sur des questions juridiques; cependant, la division scolaire St. James-Assiniboia s'engage à assurer la sécurité de ses élèves et à créer un environnement sain pour les élèves, a déclaré un porte-parole dans un courriel à CBC.

Greg Gilhooly n’a pas souhaité poursuivre cette demande devant un tribunal.

Entraîneur de football inculpé

La réponse de la Division scolaire St. James-Assiniboia à Greg Gilhooly est intervenue seulement quelques jours après qu'un autre entraîneur de Winnipeg eut été accusé d'avoir maltraité des élèves.

Kelsey Albert Dana McKay, 51 ans, a été accusé la semaine dernière de multiples infractions, notamment d'agression sexuelle et de leurre. La police de Winnipeg a reçu cinq plaintes provenant d’élèves qui jouaient au football dans les écoles secondaires Churchill et Vincent Massey Collegiate entre 2004 et 2011.

L'entraîneur est en congé sans solde. Aucune des allégations portées contre lui n'a été prouvée devant les tribunaux.

Selon son site web, en 2019, la Division scolaire St. James-Assiniboia a mis en place un code de conduite pour la protection de l'enfance. On ne sait pas quelles politiques, le cas échéant, étaient en place à la fin des années 1970 et au début des années 1980, au moment où Greg Gilhooly fréquentait une école de la division scolaire.

Le porte-parole de la Division scolaire St. James-Assiniboia a déclaré que son personnel enseignant et ses remplaçants suivent un programme appelé Commit to Kids, qui aide les organisations au service des enfants à réduire le risque d'abus sexuels et à créer des environnements plus sûrs pour les enfants. Il a également déclaré que tout le personnel est soumis à la vérification des antécédents criminels et du registre des crimes et des mauvais traitements infligés aux enfants.

La Division scolaire Pembina Trails, où travaille l'entraîneur Kelsey Albert Dana McKay, a également des politiques concernant les interactions inappropriées avec les élèves.

Prendre ses responsabilités

Selon Greg Gilhooly, les politiques dont se dotent les écoles ne sont efficaces que si elles sont mises en œuvre.

Si les gens ne font pas ce qu’ils sont censés faire, les règles en place ne comptent pas, dit-il.

Il croit aussi que les établissements scolaires doivent cesser de se cacher derrière leurs avocats quand il s’agit de prendre leurs responsabilités dans les cas d’agressions.

Le carnage qui reste après l'abus sexuel est inimaginable. La prochaine fois que quelqu'un vous demandera de l'aide, ne l'envoyez pas à votre avocat, regardez autour de vous et essayez de faire ce qu'il faut.

Avec les informations de Holly Caruk

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