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Moscou cherche à empêcher le réarmement de l’armée ukrainienne

Selon l’état-major ukrainien, des bombardements russes ont lieu lundi sur la quasi-totalité de la ligne de front, qui s’étend sur près de 500 kilomètres dans l'est du pays.

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Des travailleurs sont visibles entre deux voies ferroviaires, lundi, près d'un site frappé par l'armée russe à proximité de Lviv.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Radio-Canada

Plusieurs infrastructures ferroviaires de l’Ukraine ont été frappées lundi par l’armée russe dans un effort délibéré pour empêcher l'armée ukrainienne de recevoir les armes qu'ont accepté de lui fournir ses alliés occidentaux. Au moins 5 personnes ont été tuées et 18 autres, blessées dans ces attaques.

Selon l'agence russe RIA, le ministère russe de la Défense a confirmé en soirée qu'il s'est servi d'armes de haute précision pour détruire six installations permettant de faire fonctionner des voies ferroviaires utilisées pour approvisionner les forces ukrainiennes en armes.

Le patron des Chemins de fer ukrainiens, Oleksander Kamychine, avait annoncé sur Telegram en début de journée que cinq gares du centre et de l’ouest de l’Ukraine avaient été frappées par l’armée russe en l'espace d'une heure. Il n'a pas identifié les villes visées, mais affirmait que les frappes ont fait des victimes.

Le parquet de la région de Vinnytsia, dans le centre de l'Ukraine, a fait savoir quelques heures plus tard que des tirs de roquettes sur des infrastructures de transport près des petites villes de Jmerynka et Koziatyn avaient fait 5 morts et 18 blessés.

L'objectif de l'armée russe a été confirmé par le commandement militaire ukrainien. Dans un message publié sur Facebook, il affirme que Moscou tente de détruire les lignes de ravitaillement de l'aide militaro-technique provenant d'États partenaires en concentrant [ses] frappes sur les nœuds ferroviaires.

La région de Vinnytsia, relativement épargnée par l'armée russe jusqu'ici, est bel et bien un important nœud ferroviaire, tant à l'intérieur de l'Ukraine que pour les connexions avec l'étranger. La plupart des trains internationaux qui traversent le pays passent par cette région.

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À Krasne, des pompiers sont à l'œuvre sur le site d'une sous-station de traction, qui permet d'alimenter une ligne de chemin de fer en électricité.

Photo : Getty Images / Leon Neal

D'autres attaques sur des infrastructures ferroviaires ont été rapportées lundi par les autorités locales à Jytomyr, à l’est de Kiev, ainsi qu’à Rivne et à Lviv, dans l’ouest du pays. Le gouverneur de Lviv a publié une vidéo montrant une colonne de fumée s’élevant d’une gare à Krasne, à environ une heure de Lviv.

Les attaques russes sur les infrastructures ferroviaires ont eu lieu tout juste après que le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le chef du Pentagone Lloyd Austin eurent effectué une visite-éclair de trois heures à Kiev, où ils ont notamment annoncé une nouvelle aide militaire américaine de 700 M$ US.

En conférence de presse lors de leur retour en Pologne, les deux hommes ont dit avoir fait leur voyage en train.

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Un travailleur transporte une pièce de métal tordue provenant d'une roquette russe près d'une voie ferroviaire située dans les environs de Lviv.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Des bombardements sur toute la ligne de front

Selon l’état-major de l’armée ukrainienne, des bombardements ont aussi eu lieu lundi sur la quasi-totalité de la ligne de front, qui s’étend sur près de 500 kilomètres entre Kharkiv, dans le nord-est, et la région de Donetsk, dans le sud-est, en passant par la région de Louhansk.

L'armée ukrainienne affirme cependant avoir repoussé une série d'attaques russes dans les régions de Donetsk et de Louhansk, notamment à Roubijne, Popasna, Sievierodonetsk, Marïnka et Avdiivka, ainsi qu'une tentative d'avancée vers les villes de Barvinkove et Sloviansk à partir d'Izioum.

L'ensemble de l'Ukraine est resté lundi matin en état d'alerte aux bombardements aériens pendant deux heures, une période inhabituellement longue pendant laquelle la population doit trouver refuge dans des abris.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général de division Igor Konashenkov, rapporte que la raffinerie de Krementchouk, la plus importante d'Ukraine avant la guerre, et d’autres dépôts de carburant ont été détruits avec des armes à longue portée de haute précision.

Selon le gouverneur de la région de Poltava, l'attaque menée à Krementchouk, un important centre logistique pour les troupes ukrainiennes qui combattent l'invasion russe dans le Donbass, a fait un mort et sept blessés.

Au total, les avions de combat russes ont détruit 56 cibles ukrainiennes dans la nuit de dimanche à lundi, a déclaré le général Konashenkov.

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À Hostomel, en banlieue de Kiev, une résidente constate les dégâts subis par son immeuble à logements lors d'une attaque russe perpétrée dans les premiers jours du conflit.

Photo : Getty Images / John Moore

La résistance ukrainienne pilonnée à Marioupol

Les bombardements ont aussi continué sur Marioupol, port stratégique de la mer d'Azov presque entièrement contrôlé par l'armée russe, où seraient encore coincées quelque 100 000 personnes, selon Kiev. Ils visent surtout l'usine Azovstal, où sont retranchés les derniers combattants ukrainiens, avec, selon eux, des centaines de civils.

La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine avait publiquement ordonné à l'armée russe d'assiéger les combattants ukrainiens retranchés dans le complexe métallurgique, mais sans leur donner l'assaut, afin de préserver la vie de soldats russes.

Les derniers défenseurs de Marioupol ont diffusé ces derniers jours des images de femmes et d'enfants disant vivre depuis des semaines dans des dortoirs de fortune du complexe et ont appelé à un cessez-le-feu avec des garanties pour les faire sortir.

Le ministère russe de la Défense avait annoncé lundi matin que ses forces allaient cesser unilatéralement les hostilités sur Azovstal à partir de 14 h, heure locale (7 h, HNE), retirer les unités à une distance sûre et assurer le départ des civils dans la direction de leur choix.

Mais Kiev a balayé cette annonce. Aucun accord n'a été conclu pour instaurer lundi un couloir humanitaire qui permettrait de les évacuer, a déclaré la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Le couloir annoncé n'offre aucune sécurité, donc il n'y a pas d'évacuation, a-t-elle ajouté.

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À Marioupol, un garçon se tient debout près d'un véhicule renversé devant un immeuble dont toutes les fenêtres ont volé en éclats.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Plus de 20 000 personnes ont déjà trouvé la mort à Marioupol, selon une estimation de son maire, Vadim Boïtchenko. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de source indépendante.

Incendie majeur dans un dépôt pétrolier russe

Pendant ce temps, un incendie majeur s'est déclaré lundi dans un dépôt pétrolier d'une ville russe située à environ 100 kilomètres de la frontière ukrainienne, a déclaré le ministère russe des Urgences. Aucune cause n'a été donnée pour l'incendie.

Le dépôt pétrolier de Bryansk appartient à une filiale de la société russe Transneft, contrôlée par l'État, qui exploite le pipeline Druzhba qui transporte du brut vers l'ouest, vers d'autres pays européens. Il n'était pas clair si le dépôt faisait partie de l'infrastructure du pipeline et si l'incendie pouvait affecter ces livraisons.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

La presse russe rapporte qu'une autre installation de stockage de pétrole à Briansk avait également pris feu tôt lundi, et la cause n'était pas immédiatement connue.

Le mois dernier, deux hélicoptères de combat ukrainiens ont touché un réservoir de pétrole dans la région russe de Belgorod, située à la frontière, provoquant un incendie.

Avec les informations de Reuters, La Presse canadienne, New York Times, et Agence France-Presse

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