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Envoyé spécial

La guerre s’est aussi étendue aux orthodoxes d’Ukraine et de Russie

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Messe orthodoxe de rite russe dans le Donbass

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Jean-Michel Leprince

La guerre en Ukraine ravive les tensions déjà fortes entre les orthodoxes d’Ukraine et de Russie. La discorde a vraiment commencé en 2014, lorsque la Russie s’est emparée de la Crimée et a soutenu les républiques séparatistes du Donbass.

Les deux rites se sont officiellement séparés en 2019. L’Ukraine compte beaucoup de russophones fidèles à l’Église de Moscou, mais en raison des déclarations incendiaires du patriarche Kirill, ils sont très mal à l’aise.

Nous nous trouvons à l’église de rite russe St. Iyov Pochaevsky, à Konstantinovska, dans le Donbass sous contrôle ukrainien. La Pâque orthodoxe se célèbre normalement toute la nuit, mais pas cette année : pour éviter les rassemblements pendant le couvre-feu, le gouvernement ukrainien a demandé aux églises de commencer seulement le dimanche matin.

La religion est importante pour les Ukrainiens. Hommes et femmes (un foulard sur la tête) apportent leurs paniers d’œufs et de pâtisseries de Pâques pour les faire bénir et allument de minces cierges à divers endroits devant les icônes.

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St. Iyov Pochaevsky, l’église de rite russe de Konstantinovska, dans le Donbass sous contrôle ukrainien

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Un chœur d’une dizaine de chantres, parmi lesquels on entend des basses remarquables, accompagne sans interruption la cérémonie.

À cause de la guerre de 2014, le schisme s’est concrétisé en 2019. Les deux rites sont désormais séparés et autocéphales. Le primat d’Ukraine est le métropolite Épiphane. Celui de Moscou est le patriarche Kirill.

Or, au début de la guerre, le patriarche Kirill a déclaré ceci : Dieu interdit que la situation politique actuelle dans l'Ukraine fraternelle ait pour but de faire prévaloir les forces du mal qui ont toujours combattu l'unité de la Russie et de l'Église russe.

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Le pope Vadim bénit les paniers de Pâques.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Le patriarche Kirill, agent du KGB?

À l’extérieur de l'église, le pope Vadim bénit d’autres fidèles et leurs paniers de Pâques. Il ne veut pas commenter les propos de son patriarche. Il préfère parler de la colère de Dieu qui se traduit par la guerre et il demande de prier pour que les hommes retrouvent la raison et pour que revienne la paix.

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La religion se retrouve au cœur de la guerre en Ukraine.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

À Kiev, Igor Ponamarchuk est historien et possède dans son musée la plus grande collection d’icônes ukrainiennes. Il nous dit ceci :  Kirill est un général du KGB, les anciens services secrets russes. C’est documenté depuis 1991, quand la Russie est devenue pour un temps démocratique. L’Église russe est contrôlée par le gouvernement russe depuis Staline.

De plus en plus, dit-il, les Ukrainiens de rite russe quittent l’Église d’obédience moscovite et prennent parti pour l’Église d’Ukraine.

En ce jour de la Pâque orthodoxe, des célébrations ont eu lieu dans les églises du pays, malgré l'appel des autorités à tenir des rassemblements « virtuels ». L'unité au sein des églises orthodoxes ukrainiennes a été mise à rude épreuve par la guerre. Reportage de Jean Michel Leprince.

Notre         dossier Guerre en Ukraine

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