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Les grandes sociétés canadiennes sont insensibles à la dualité linguistique du pays

Raymond Théberge est le commissaire aux langues officielles du Canada.

Le commissaire déplore un manque de sensibilité de la part des institutions fédérales.

Photo : Radio-Canada

Micheline Laflamme

La Loi sur les langues officielles a beau faire partie du paysage canadien depuis plus de 50 ans, les grandes entreprises ne semblent toujours pas l’avoir intégrée à leur structure organisationnelle.

C’est la conclusion à laquelle en arrive le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, dans une entrevue accordée aux Coulisses du pouvoir à la suite des révélations sur l’absence de francophones au sein du conseil d’administration du Canadien National.

« Je pense que le concept des langues officielles n'est pas bien intégré au sein de nos institutions fédérales, au sein des sociétés de la Couronne qui sont assujetties à la Loi sur les langues officielles. »

— Une citation de  Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles

Le dernier francophone à avoir compté parmi les administrateurs de la compagnie ferroviaire a été Jean Charest. L’ancien premier ministre québécois a quitté ses fonctions pour entrer dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Ce faux pas au Canadien National survient quelques mois à peine après que le président d’Air Canada eut suscité de la désapprobation pour un discours livré presque exclusivement en anglais à Montréal.

Les dirigeants des entreprises de compétence fédérale n’ont pas à s’exprimer dans les deux langues, mais selon le commissaire, pour pouvoir interagir avec la clientèle, il faut pouvoir la comprendre, peu importe la langue.

« C'est clairement un manque de sensibilité de la part des institutions fédérales, qui ne semblent pas comprendre le contexte linguistique. »

— Une citation de  Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles

Les Canadiens sont en droit de s'attendre à ce que les dirigeants d’entreprises, de ministères, d’agences ou de sociétés de la Couronne soient bilingues, ajoute M. Théberge.

La population est attachée à la dualité linguistique. Un sondage mené par le Commissariat aux langues officielles a révélé que 87 % des citoyens appuient le bilinguisme.

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60 000 plaintes

Cela explique peut-être en partie l’augmentation du nombre de plaintes que reçoit cette agence fédérale. Le Commissariat aux langues officielles en a enregistré 60 000 depuis sa création.

« J'oserais croire que ceci est un message pour toutes les institutions fédérales, que les Canadiens et les Canadiennes sont très conscients de leurs droits et veulent les affirmer. »

— Une citation de  Raymond Théberge

Le commissaire espère que le projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles déposé en mars par le gouvernement de Justin Trudeau changera un peu la donne.

Jusqu’à maintenant, il ne pouvait qu’émettre des recommandations aux entreprises qui ne respectaient pas leurs obligations linguistiques.

Plus seulement des recommandations

Si la loi est adoptée, il aura plus de pouvoirs. On trouve dans cette boîte à outils la possibilité de conclure des ententes de conformité, d'émettre des ordonnances, des sanctions pécuniaires dans le domaine des transports, a expliqué Raymond Théberge.

Cependant, il souhaite tout de même que les législateurs améliorent certains pans qui concernent les services et les communications avec le public, de même que celles qui portent sur la langue de travail pour que la nouvelle loi soit plus actuelle, plus robuste et plus dynamique.

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