•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le programme du NPD ontarien axé sur la couverture santé et la vie abordable

Andrea Horwath sur un podium. Des gens applaudissent en arrière-plan.

Andrea Horwath a tenu un discours lors du dévoilement de son programme pour les élections provinciales lundi.

Photo : CBC/Evan Mitsui / Evan Mitsui

Radio-Canada

La cheffe du NPD de l'Ontario, Andrea Horwath, a dévoilé lundi la plateforme électorale de son parti. Elle promet d'élargir la couverture de l'assurance maladie et de rendre la vie plus abordable pour les Ontariens.

L'un des éléments phares du document, le premier à être publié parmi les partis ontariens, est la création d'une assurance médicaments. Il ne s'agit pas d'une idée nouvelle : le NPD ontarien avait fait la même promesse en prévision de la dernière campagne électorale.

Le NPD avait promis, en 2018, un programme provincial au coût de 475 millions de dollars par année pour les deux millions d'Ontariens qui ne disposent pas de régime d'assurance.

Il ne fait aucun doute que l'Ontario peut faire en sorte que les gens qui vivent ici puissent se payer des soins de santé. C'est ce que nous cherchons à faire, a déclaré Mme Horwath lors de l'annonce de son programme lundi matin.

À l'heure actuelle, le Programme de médicaments de l'Ontario couvre le coût des médicaments sur ordonnance pour toutes les personnes âgées, quel que soit leur revenu, ainsi que pour les personnes recevant un financement du programme Ontario au travail ou du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées.

Dans sa plateforme pour l'élection de juin, le NPD dit ne pas pouvoir attendre la création d'un programme fédéral.

Ottawa s'est engagé plus tôt cette année, dans le cadre d'une entente avec le parti néo-démocrate fédéral, à lancer un régime national d’assurance médicaments d'ici cinq ans.

« Trop d'Ontariens sont obligés de choisir entre payer leurs ordonnances et leurs factures. Leur santé en souffre, et notre système de santé aussi. »

— Une citation de  Extrait de la plateforme du NPD ontarien

La cheffe Andrea Horwath s'engage, si elle est élue, à presser Justin Trudeau d'accélérer la création d'un plan national. En tant que première ministre de l'Ontario, Andrea Horwath se servira du siège qu'occupe l'Ontario au Conseil de la fédération pour aider à bâtir un plan national, non pas pour en empêcher l'avènement comme Doug Ford, peut-on lire dans la plateforme.

Pour l'heure, Mme Horwath refuse de communiquer le coût de son programme. Elle souhaite d'abord voir l'état des finances de la province dans le budget que le gouvernement Ford présentera jeudi avant de chiffrer son propre plan budgétaire.

Au cours de la campagne, vous saurez d'où viennent les chiffres, soutient-elle. Nous serons responsables avec les finances de la province.

Des économies d'échelle

En 2015, les ménages ontariens ont dépensé 2,5 milliards de dollars en médicaments d'ordonnance. Est-ce que 475 millions seront suffisants pour un régime universel dans un futur proche?

Oui, répond une source haut placée de la campagne du NPD, parce que la province pourra effectuer des économies d'échelle en tirant parti du pouvoir d'achat combiné. La province pourra aussi cesser de payer des primes plus élevées aux assureurs pour les régimes des fonctionnaires, selon cette source.

« Andrea s'est aussi engagée, en parallèle, à jouer un rôle actif dans la lutte pour l'obtention d'un régime fédéral, qui rendrait l'achat de médicaments en vrac encore plus puissant et réduirait les coûts pour toutes les provinces. »

— Une citation de  Source haut placée de la campagne néo-démocrate

La semaine dernière, les néo-démocrates ontariens avaient déjà promis de couvrir le coût de la pilule contraceptive s'ils sont élus en juin.

Revalorisation et embauches dans le secteur de la santé

Toujours dans le volet de la santé, Andrea Horwath souhaite remédier à la grave pénurie de personnel dans le système de santé, à travers l'embauche de 10 000 préposés aux services de soutien personnel, et d'accorder à ces salariés une hausse d'au moins 2 $ de l'heure.

Le gouvernement progressiste-conservateur a augmenté la plupart des salaires des préposés de 3 $ de l'heure pendant la pandémie, et le NPD dit qu'il les rehausserait à 5 $ de l'heure par rapport aux niveaux d'avant la pandémie.

Les néo-démocrates se sont également engagés à embaucher 30 000 infirmières, à accélérer la reconnaissance des titres de compétences de 15 000 infirmières formées à l'étranger et à créer de nouveaux emplois pour les infirmières en fin de carrière et récemment retraitées qui peuvent encadrer et superviser.

Le parti affirme que l'objectif est de raccourcir les temps d'attente pour les patients et d'aider les travailleurs de la santé à éviter l'épuisement professionnel.

Andrea Horwath promet aussi d'intégrer les soins en santé mentale à l'assurance maladie de la province en créant Santé mentale Ontario, une agence destinée à catalyser l'efficacité et la disponibilité des services de soutien. Le NPD envisage aussi de mettre en place une liste d'attente compréhensive pour l'obtention de ces services et d'augmenter le financement du secteur de 8 % de façon immédiate.

Gel des impôts et salaire minimum à 20 $

Plusieurs mesures concernant le coût de la vie font aussi partie du programme néo-démocrate.

S'il est porté au pouvoir, le NPD annonce qu'il gèlera les impôts pour les familles à faible et à moyen revenu, sans déterminer pour l'instant le seuil maximum de revenus que cela implique.

« Les Ontariens les plus riches, les grandes entreprises [...] seront invités à payer leur juste part. »

— Une citation de  Andrea Horwath, cheffe du NPD de l'Ontario lors de son discours lundi

Le parti souhaite aussi rétablir le contrôle des loyers pour tous les appartements.

Le salaire minimum serait augmenté à 16 $ de l'heure en 2022, pour atteindre 20 $ en 2026. Le gouvernement conservateur actuel l'a fait passer à 15 $ le 1er janvier et compte le porter à 15,50 $ à partir du 1er octobre prochain.

Des mesures pour les francophones

La plateforme électorale évoque le retour du Commissariat aux services en français (CSF), parmi d’autres mesures destinées à l’intention de l’électorat francophone.

Le CSF a été dissous au début du mandat de Doug Ford en 2018, soulevant un tollé chez les Franco-Ontariens. Le gouvernement conservateur avait ensuite partiellement rétropédalé en créant un poste de responsable des services en français au sein du Bureau de l'ombudsman. Cette décision avait suscité des critiques, qui ont remis en cause l’indépendance du commissaire dans cette position.

Kelly Burke, commissaire aux services en français de l’Ontario

Kelly Burke est l'actuelle commissaire aux services en français de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada / JULIA KOZAK

Dans leur proposition, les néo-démocrates s'engagent à doter le CSF du pouvoir d’évaluer les services gouvernementaux en fonction de la Loi sur les services en français, ainsi que du pouvoir de prendre des mesures lorsque les agences manquent à leur tâche.

Par ailleurs, le Commissariat serait chargé de superviser la collecte de données sur les services donnés en français, afin de suivre les progrès et les insuffisances observés.

Après les nombreuses failles relevées au regard de l’accès à des services de soins de santé en français durant la pandémie, le NPD souhaite élargir et prioriser l’offre disponible aux francophones. Le ministère de la Santé devra faire de l’accès à la langue française un élément clé de sa planification, peut-on lire dans le programme néo-démocrate.

Le parti indique vouloir augmenter le nombre de centres de santé communautaires, de foyers de soins de longue durée, et de services en matière de santé mentale accessibles en français.

Le dernier point majeur présenté concerne l’Université de Sudbury : le NPD s’engage à garantir que l'institution nord-ontarienne soit établie par et pour les francophones.

Avec les informations de Natasha MacDonald-Dupuis

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !