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Le plus gros projet privé de conservation au Canada débute dans le Nord de l’Ontario

Vue aérienne de deux lacs dans la forêt.

100 lacs et 1300 kilomètres de cours d'eau seront protégés dans le cadre du projet Terres boréales.

Photo : Conservation de la nature Canada

Chris St-Pierre

Conservation de la nature Canada (CNC) souligne le Jour de la Terre en annonçant l’achat de 1450 kilomètres carrés de forêt boréale située à l’ouest et au sud de la communauté de Hearst, dans le Nord-Est de l’Ontario, afin de protéger la faune et la flore qui s’y trouvent.

La superficie totale des terres visées est deux fois la taille de Toronto, trois fois la taille de Montréal ou douze fois la taille de Vancouver.

Il y a notamment des caribous des bois, qui sont une espèce menacée, et plus de 300 espèces d’oiseaux dans ce secteur. Il contient aussi des milieux humides et des cours d’eau.

Les gouvernements de l’Ontario et du Canada appuient ce projet, fournissant 2,2 et 17 millions de dollars en financement respectivement.

CNC indique dans un communiqué que le projet Terres boréales, qui coûtera un total de 46 millions de dollars, est une occasion rare de mener des efforts de conservation au sein d’un vaste territoire privé.

La présidente de l’organisme, Catherine Grenier, précise qu’il s’agit d’un projet modèle en matière de conservation moderne.

Un caribou en forêt, un jour d'automne.

Le nombre de caribous des bois dans le Nord de l'Ontario est toujours inconnu. (Archives)

Photo : Getty Images / Stan Tekiela Author / Naturalist

Il s’agit d’une autre étape importante dans le parcours de notre gouvernement en vue de conserver 25 % des terres et des océans du Canada d’ici 2025, ajoute le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault.

Il explique que les terres privées sont aussi importantes que les parcs nationaux et provinciaux quand on pense à la protection de la nature.

L’industrie locale appuie le projet

La compagnie Domtar, qui vend les terres à prix réduit, a déjà transféré les 800 premiers kilomètres carrés à protéger à CNC.

Les 650 kilomètres restants suivront lors de la deuxième phase du projet qui débutera cet été. L’organisme doit toujours récolter 13 millions de dollars en fonds pour compléter l’achat de ces terres.

Le premier vice-président de Domtar, Rob Melton, indique que nous n’y avons pas exploité de ressources en plus d’une décennie.

« Cette occasion de participer au projet de CNC était d’une grande importance à Domtar puisqu’on préfère contribuer à la conservation de ces terres que de poursuivre l’exploitation. »

— Une citation de  Rob Melton, premier vice-président de Domtar

D’après les données de CNC, les forêts de ces terres absorbent l’équivalent des émissions moyennes de 3 millions de voitures en carbone par année. La forêt boréale canadienne renferme 10 % du carbone terrestre sur la planète.

L’organisme participe à l’élaboration d’un projet de crédit de carbone, qui servira à financer le projet Terres boréales et d’autres comme lui.

La région de Hearst en tirera profit

CNC doit également approcher les Premières Nations environnantes, dont les territoires traditionnels du traité numéro 9 qui couvrent les terres protégées, afin de les impliquer dans le projet et d'élaborer un plan de gestion de propriété.

Une entente a déjà été conclue pour lancer une étude sur les caribous de la région en partenariat avec la Première Nation de Constance Lake, située à l’ouest de la ville de Hearst.

Le conseiller de la communauté autochtone Wayne Neegan dit que Constance Lake souhaite approcher le projet de façon ouverte, responsable et holistique.

Constance Lake cherche à préserver et à protéger les terres et les ressources pour en assurer une utilisation durable pour les générations actuelles et futures, ajoute-t-il.

Roger Sigouin accorde une entrevue.

Roger Sigouin aime le fait que CNC impliquera sa communauté dans le projet.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Le maire de Hearst, Roger Sigouin, a rencontré des responsables de l'organisme quelques mois avant le dévoilement du projet. Il est reconnaissant que CNC souhaite aussi s’impliquer dans la région et développer l’économie locale.

Il voulait, oui, conserver, mais aussi travailler avec les communautés et l’industrie forestière, dit-il.

Il explique que quelques entreprises locales récoltent encore du bois sur les terres vendues et il espère que ces activités pourront se poursuivre avec l’approbation des nouveaux propriétaires.

L’organisme doit également discuter avec les communautés afin de déterminer si la pêche et la chasse seront toujours permises.

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