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Près d’une vingtaine de bélugas morts retrouvés l’an dernier

Un béluga mort échoué sur une plage lors d'une journée où il neige.

Une des carcasses a été retrouvée dans une anse accessible seulement à eau basse près de Tadoussac, au début d'avril.

Photo : Grasieuseté de Pierre Beaufils

Le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) rapporte une hausse du nombre de carcasses de bélugas signalées en 2021.

Au cours de la dernière année, entre mars et décembre 2021, 19 carcasses de bélugas ont été répertoriées sur les rives du Saint-Laurent, dans le cadre du programme de suivi des carcasses mené par le Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins. C'est cinq cadavres de plus qu'en 2020.

Onze des 19 carcasses se sont échouées sur le littoral du Bas-Saint-Laurent, 2 en Gaspésie et 4 sur la Côte-Nord.

Ce qui inquiète, c’est la cause des mortalités, notamment celles qui surviennent lors de la mise bas. On perd une maman reproductive et un recrutement, un nouveau-né, commente le directeur du GREMM, Robert Michaud. Ces mortalités ont augmenté au cours des dix dernières années. Deux cas ont été répertoriés en 2021.

De plus, six nouveau-nés morts ont aussi été dénombrés, ce qui est dans la moyenne depuis 2010. Auparavant, ces mortalités étaient plutôt rares, rappelle Robert Michaud. On n’a pas encore expliqué la cause de ces mortalités. Les recherches se poursuivent, précise le spécialiste.

Mais, soulève-t-il, pendant qu’on cherche, ces mortalités sont enregistrées chaque année. Cette cause semble persistante. Il y a quelque chose de changé dans l’environnement du béluga.

La problématique est importante, puisque le béluga fait partie des espèces en péril. On va jouer directement dans le potentiel de recrutement de la population. C'est par le recrutement, les naissances et la survie des nouveau-nés que cette petite population va se rétablir, dit Robert Michaud.

Trois hypothèses sont à l’étude pour expliquer le phénomène, soit le bruit, le manque de nourriture et les effets neurotoxiques de certains contaminants chimiques à base de brome. Ces derniers produits sont utilisés dans les retardateurs de flamme. Plusieurs de ces produits ont été interdits, mais sont toujours présents dans l’environnement.

Des mesures, réduction de vitesse et territoire protégé, ont été mises en place au fil des ans pour assurer la survie du troupeau.

D’autres, comme la création de refuges acoustiques ou la préservation des stocks de poissons prisés par les femelles gestantes, pourraient être prises. Robert Michaud souligne toutefois que, par rapport à la baleine du Nord Atlantique, les causes de la mortalité des bélugas ne sont pas exactement connues. La menace est plus diffuse, commente le spécialiste.

Seul cétacé à demeurer à l’année dans les eaux du Saint-Laurent, le troupeau de bélugas compterait 900 individus.

Le recensement des cadavres est effectué depuis près d’une quarantaine d’années. Selon Robert Michaud, la plupart des individus décédés sont maintenant retrouvés.

Avec la collaboration de Sylvie Aubut

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