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Un « Plan montagne » pour faire face aux changements climatiques

Québec invite neuf régions reconnues pour leurs montagnes à lui soumettre un plan sur quatre saisons pour diversifier leur offre touristique.

Un homme et une femme font du vélo de montagne dans un sentier en forêt.

Québec invite neuf régions reconnues pour leurs montagnes à lui soumettre un plan sur quatre saisons pour diversifier leur offre touristique.

Photo : Getty Images / stockstudioX

Les saisons de ski sont de plus en plus courtes et ponctuées de redoux ou d’épisodes de pluie. Le Québec n’est pas épargné par les changements climatiques. Les gestionnaires de montagnes ne peuvent plus mettre tous leurs œufs dans le même panier pour maximiser les revenus.

Les Français connaissent le même problème depuis quelques années au mont Blanc. Aussi légendaire soit-il, ce dernier perd un peu plus chaque année de sa majesté : le glacier a reculé de près de 1 kilomètre, et l’épaisseur de la Mer de Glace a diminué d’environ 200 mètres depuis les 50 dernières années.

Au pied de la montagne, à Chamonix, on se creuse les méninges pour freiner la fonte, mais aussi pour diversifier le tourisme. La neige se fera de plus en plus rare.

Comme on ne peut plus tout miser sur le ski alpin, la ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx, invite neuf régions du Québec reconnues pour leurs montagnes à lui soumettre un Plan montagne sur quatre saisons. Elle annoncera cette semaine que les associations touristiques régionales seront responsables d’élaborer avec leurs partenaires ce plan, financé à hauteur de 11 millions de dollars.

Outre le vélo de montagne ou la randonnée, qui sont déjà populaires, ça pourrait être de développer du ''arbre en arbre'' ou de construire des pôles d’observation, donne-t-elle en exemples.

Des vélos en libre-service, des circuits gourmands et des événements culturels au pied des montagnes (et même sur celles-ci) font également partie des idées avancées. On parle toujours de la saisonnalité au Québec. On a deux gros pôles : l’hiver et l’été. Maintenant, il faut s’assurer de développer sur quatre saisons, affirme Mme Proulx.

Une étude du consortium Ouranos, publiée en 2018, concluait déjà que d’ici 2050, l’industrie touristique située à proximité du fleuve Saint-Laurent connaîtrait sûrement plus de difficultés en raison des précipitations de pluie. À l’inverse, les régions éloignées pourraient vivre des épisodes de neige abondante.

Des jeunes femmes regardent un panneau qui indique les différents sentiers de randonnée d'une montagne.

Des randonneurs regardent le panneau des différents sentiers au mont Orford.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

La vitalité des régions en dépend

La ministre Proulx est convaincue qu’une offre diversifiée dans les montagnes assurera aussi la vitalité économique des régions.

C’est également l’avis du directeur général de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion : Si je prends par exemple le mont Grand-Fonds ou encore le Massif de Charlevoix, ce n’est évidemment pas juste la montagne qui en profite, mais toute la collectivité d’affaires autour, que ce soit la restauration, l’hébergement et tout le reste.

L’un des objectifs du Plan montagne est d'assurer un va-et-vient constant des touristes tout au long de l’année.

Ça viendra renforcer la qualité des emplois et le lien, aussi, avec les commerçants locaux pour des partenariats à long terme. On pense par exemple à des saisons difficiles, comme au mois de novembre. Si on pouvait arriver à remonter un peu les taux d’occupation et la fréquentation dans les entreprises touristiques, on pourrait vraiment avoir une qualité d’emploi supérieure, ajoute M. Dion.

On vient répondre en plus à un enjeu de main-d’œuvre, parce qu’on est capable d’attacher les gens sur quatre saisons, renchérit Caroline Proulx.

Et le plan pour contrer la pénurie de main-d’œuvre?

Une remontée mécanique dans un centre de ski.

Le reportage de Véronique Prince

Photo : Radio-Canada

Lors de notre passage à la petite boulangerie Pains d’exclamation!, à La Malbaie, la propriétaire, Josée Gervais, était d’abord enthousiaste à l’idée du Plan montagne. Adepte du ski en plus d’être commerçante, elle souhaite évidemment plus de touristes au printemps et à l’automne.

Nous, ici, en hiver, le mont Grand-Fonds est un moteur économique important, mais le saisonnier, c’est difficile au niveau de la gestion du personnel. Plus la saison est longue, mieux c’est pour tout le monde, dit-elle.

Mais d’un autre côté, elle peine déjà à trouver suffisamment d’employés pour répondre à la demande. Si le tourisme de montagne s’étale sur quatre saisons, elle craint de ne pas être en mesure d’offrir le service auquel s’attendent ses clients.

Encore faut-il avoir le personnel pour gérer ça à l’année longue! Je me contredis donc un peu, ajoute-t-elle en riant.

En fait, pour qu’un Plan montagne fonctionne, il ne fait aucun doute pour elle qu’il faudra aussi un plan pour contrer la pénurie de main-d’œuvre, reconnu comme le problème le plus important auquel fait face l’industrie touristique.

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