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Masque dans les écoles : le N.-B. doit revoir sa décision, selon le défenseur des enfants

Ce rapport survient au moment où le gouvernement fait face à une pression croissante pour réinstaurer le masque dans les écoles.

Une petite fille descend de l'autobus scolaire.

Le défenseur des enfants ne recommande pas spécifiquement le masque à l'école, mais demande à la province de faire ses devoirs.

Photo : CBC/Francis Ferland

Le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés du Nouveau-Brunswick Kelly Lamrock recommande au gouvernement de réexaminer sa décision de lever le port du masque dans les écoles.

Dans un rapport, le défenseur démolit plusieurs arguments avancés par la province pour justifier la levée des restrictions dans les écoles.

« En ce qui concerne la suppression de toutes les exigences relatives au port du masque dans les écoles, l’examen a montré que l’on a accordé trop d’importance au désir de faire comme les autres provinces, sans fournir de preuves, de prévisions ni de mesures qui auraient pu justifier la recommandation émise par la santé publique. »

— Une citation de  Kelly Lamrock, défenseur des enfants, des jeunes et des aînés du Nouveau-Brunswick
Kelly Lamrock.

Le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés du Nouveau-Brunswick Kelly Lamrock

Photo : Bureau du défenseur des enfants, des jeunes et des aînés du Nouveau-Brunswick

M. Lamrock ne se prononce pas directement sur le port du masque, mais préconise de revenir au statu quo d’avant la décision et de bien étudier la question avant de prendre une décision finale d’ici le 21 mai 2022. Cette date correspond à la levée anticipée de l'obligation du masque dans les écoles en Nouvelle-Écosse.

C’est légitime que le gouvernement veuille nous diriger vers un avenir avec moins de restrictions, mais c'est important que la santé publique soit [proactive avec les mesures] et ses conseils par rapport à la sortie d’une pandémie autant qu’au commencement, croit-il.

Le gouvernement provincial n'est pas tenu de suivre les recommandations du défenseur des enfants et des jeunes, mais Kelly Lamrock espère que les arguments de son bureau sauront le convaincre.

Confusion sur la prise de décisions

Le ministre de l’Éducation Dominic Cardy a réitéré à plus d’une reprise se fier sur les recommandations de la santé publique pour justifier la levée du port du masque dans les écoles.

La médecin hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell, a indiqué que le port du masque était certes important, mais que la vaccination importait davantage.

Jennifer Russel lors d'une entrevue.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell, juge que se faire vacciner contre la COVID-19 est plus important que porter un masque dans les lieux publics, bien qu'elle recommande aussi cette précaution (archives).

Photo : Radio-Canada

Le défenseur des enfants s’est dit préoccupé par le manque de clarté sur l'instance responsable de la décision.

Les deux entités sont responsables de la décision selon la loi, et les décideurs ont chacun déclaré que l’autre était libre de réviser ou de changer la décision, et ni l’un ni l’autre n’a été en mesure d’étayer les données probantes justifiant la décision, a affirmé M. Lamrock dans son rapport. Ce manque de précision et cette confusion nuisent au meilleur intérêt des enfants.

Pour ce qui est de l’importance de la vaccination qui primerait sur le port du masque, M. Lamrock a indiqué que seulement la moitié des enfants d’âge scolaire sont vaccinés et il recommande d’implanter une stratégie pour augmenter ce taux de vaccination. Il ajoute que le port du masque et la vaccination ne s'excluent pas mutuellement.

Nous constatons que le port du masque a été abandonné alors que le taux de vaccination chez les jeunes est inacceptablement bas, compte tenu de l'importance que la médecin hygiéniste en chef lui accorde, écrit M. Lamrock.

La santé publique ne dévoile plus les taux de vaccination par groupe d'âge, mais le 25 mars dernier, la santé publique indiquait que 59,2 % des enfants de 5 à 11 ans avaient reçu une dose du vaccin et que seulement 38 % avaient reçu deux doses.

Établir des protocoles clairs

Kelly Lamrock est inquiet de ce que le gouvernement n’ait pas trouvé de manière de connaître les répercussions de la levée des mesures dans les écoles, par exemple en surveillant l’absentéisme des élèves et du personnel.

Le défenseur des enfants a formulé en tout huit recommandations pour assurer la sécurité des enfants dans les écoles.

Recommandations

  1. Réexaminer la levée de l'obligation du port du masque et rendre une décision d’ici le 21 mai 2022;

  2. Mieux se coordonner, de la part des ministères de la Santé et de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, pour déterminer qui est responsable des décisions;

  3. Déterminer, par les deux ministères, un protocole pour les directions d’écoles en ce qui concerne l’exposition au virus, l'apparition de symptômes ou l’obtention d’un test positif;

  4. Établir un protocole, par les deux ministères, pour améliorer le dépistage dans les écoles;

  5. Affiner et clarifier, de la part de la santé publique, les indicateurs sanitaires et pédagogiques à suivre pour évaluer l’impact du retrait de l’obligation du port du masque et établir clairement des jalons pour réviser la décision;

  6. Tenir compte, par la santé publique, des impacts à long terme de la COVID-19 sur les jeunes dans sa prise de décisions;

  7. Développer une stratégie, par la santé publique et le ministère de l’Éducation, pour augmenter le taux de vaccination chez les 5 à 11 ans, et si nécessaire soutenir ces efforts par une réglementation;

  8. Exiger, par le ministère de l'Éducation, que les districts respectent leurs obligations légales de s'ajuster aux élèves vulnérables ou ayant besoin de protéger des membres vulnérables de leurs familles.

M. Lamrock insiste sur l'importante pour le ministère de l'Éducation et les districts scolaires de s'adapter aux familles vulnérables.

Quand un enfant ne peut pas être accommodé dans un environnement d'apprentissage normal [...] et qu'il [a] des besoins appuyés par une expertise médicale, cet accommodement doit être fait par le secteur public. On ne peut pas simplement renvoyer l'enfant à la maison, sans services éducatifs.

Kelly Lamrock rappelle qu'il s'agit d'une obligation légale et dit avoir observé des cas où on ne s'est pas ajusté à des familles. Il ajoute avoir obtenu une réponse du ministère de l'Éducation selon laquelle des mesures seront prises pour régler la situation.

Les appels pour le port du masque s'accumulent

Kelly Lamrock a entamé, à la fin du mois de mars, cet examen de la levée des mesures sanitaires dans les écoles.

Lorsque les élèves sont revenus à l’école après la semaine de relâche à la mi-mars, l’obligation de porter le masque dans les établissements scolaires – et dans tous les lieux publics de la province – a été levée de même que tous les protocoles sur le dépistage, l'isolement et la recherche de contacts.

Depuis, la province a vu le nombre d'infections à la COVID-19 monter en flèche.

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe.

Depuis le retour du congé de mars, les élèves du Nouveau-Brunswick ne sont plus obligés de porter le masque à l'école (archives).

Photo : iStock / iStock

Par ailleurs, de nombreux experts, dont des pédiatres, ont plaidé pour le retour du masque dans les écoles en signant une lettre ouverte envoyée au ministre de l’Éducation, Dominic Cardy. Ce dernier continue d’affirmer que son ministère ne fait que suivre les recommandations de la santé publique.

Kathleen Gadd, porte-parole du groupe Protégeons notre province NB, souhaite que le masque revienne rapidement dans les écoles.

On a une politique d’inclusion dans nos écoles et maintenant, sans la protection des masques, c’est difficile pour les enfants qui habitent dans la maison d’une personne immunodéprimée [...] Pour certains de mes amis, les enfants ne sont pas à l’école depuis le congé de mars, raconte-t-elle à l'émission La matinale d'ICI Acadie.

Mme Gadd ajoute que l'impact de la COVID-19 va bien au-delà des murs des écoles. Des parents qui sont aussi des travailleurs de la santé sont encore absents en grand nombre.

Les enfants n’existent pas dans une bulle, ils vivent dans une communauté, avec les autres, dit-elle.

Avec des informations de Marie-Emma Parenteau et de l'émission La matinale d'ICI Acadie

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