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Québec lance un appel d’offres historique en faveur de l’énergie éolienne et renouvelable

Le premier ministre du Québec tient une conférence de presse. Sur son pupitre est inscrit : « Poursuivre notre transition énergétique pour un Québec plus vert». Derrière lui, une pale d'éolienne.

Le gouvernement du Québec autorise Hydro-Québec à publier deux appels d’offres pour de nouveaux approvisionnements en énergie renouvelable.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Radio-Canada

Hydro-Québec publiera deux appels d’offres pour de nouveaux approvisionnements en énergie renouvelable, ce qui constitue le plus gros appel au marché de l’histoire du Québec en matière d’énergie verte.

Un premier bloc de 1000 mégawatts sera réservé exclusivement à la filière éolienne et un deuxième bloc de 1300 mégawatts sera consacré aux énergies renouvelables.

Le premier ministre, François Legault en a fait l'annonce alors qu'il était de passage à Gaspé mercredi, en compagnie du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Jonatan Julien.

Avec cette portion pour les énergies renouvelables, le gouvernement provincial dit souhaiter amorcer la transition énergétique. L'électrification accrue et les besoins en énergie sont de plus en plus importants, que ce soit pour les batteries, les serres agricoles ou encore l’hydrogène vert.

Par voie de communiqué, la présidente et directrice générale d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, précise que la société d’État prévoit une croissance de la demande québécoise en électricité de 12 % entre 2019 et 2029. Elle estime que le Québec peut répondre à cette demande tout en garantissant les engagements du gouvernement en matière de transition énergétique.

Essor du développement régional

De plus, le gouvernement entend miser sur le déploiement de la filière éolienne pour favoriser le développement régional, en particulier dans la région de la Gaspésie et des Îles, mais aussi de La Matanie, berceau de la filière éolienne, a indiqué le premier ministre dans un communiqué accompagnant l'annonce à Gaspé.

Le premier ministre du Québec tient une conférence de presse. Sur son pupitre est inscrit : « Poursuivre notre transition énergétique pour un Québec plus vert». À ses côtés, le ministre Joantan Julien. Derrière eux, une pale d'éolienne.

François Legault estime que le déploiement de la filière éolienne va profiter au développement régional de la Gaspésie-les-Îles.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

François Legault assure d’ailleurs qu’il y aura des retombées pour les entreprises de la région, notamment pour LM Wind Power. En effet, le premier ministre précise que le contenu local et la participation communautaire figureront parmi les critères auxquels devront répondre les entreprises pour espérer satisfaire à l'appel d'offres de 1000 mégawatts d'éolien.

« On agit concrètement et pour l'environnement et pour créer de la richesse avec des travailleurs québécois. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Les parcs éoliens actuellement en activité au Québec et qui ont conclu un contrat avec Hydro-Québec représentent un total de près de 4000 mégawatts.

Cette annonce s’inscrit dans le Plan pour une économie verte (PEV) lancé en novembre 2020. Il vise une réduction de 37,5 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 et l’atteinte de la carboneutralité en 2050.

Il s'agit de la deuxième annonce du genre à survenir en un peu plus de quatre mois. En décembre, Hydro-Québec a lancé deux appels d’offres totalisant 780 mégawatts pour satisfaire les besoins à long terme en électricité de la clientèle québécoise. Cette période se termine en juillet.

Satisfaction d'acteurs de l'énergie renouvelable

On a travaillé un bout de temps avec des surplus d’énergie au Québec. Ces surplus ont fondu comme neige au soleil aujourd’hui, donc c’est de bon augure pour la filière éolienne pour les prochaines années, résume Luc Leblanc, directeur communauté, relations publiques, communications et environnement chez Innergex.

L’entreprise du secteur des énergies renouvelables possède déjà sept parcs éoliens en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent et affirme avoir de l'intérêt à développe de nouveaux projets, toujours en collaboration avec les municipalités et les communautés autochtones.

Du côté de Simon Deschênes, maire de Sainte-Anne-des-Monts et président de la Régie intermunicipale de l’énergie Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, l’Est-du-Québec est une place de choix pour le développement de l’éolien.

Le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes, devant le parc éolien de Cap-Chat.

Le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes, estime que l'Est-du-Québec est un endroit privilégié pour le développement éolien (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Du vent, il y en a un peu partout, mais dans l’Est-du-Québec, on est gâté, ironise-t-il. Il ajoute aussi que les gisements d’éoliennes se trouvent dans l’axe de l’État de New York à qui la région pourrait fournir de l’électricité. On a comme une ligne qui se dirige directement vers les États-Unis, donc oui, ce sera un secteur privilégié dans les appels d’offres, précise M. Deschênes. Il estime que la région serait en mesure de fournir 2500 mégawatts.

De son côté, Michel Lagacé, président de la Régie intermunicipale de l’énergie du Bas-Saint-Laurent, rappelle que les communautés du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-les-Îles sont propriétaires d'environ 300 mégawatts, ce qui génère des retombées financières de plus de 13 millions de dollars pour les MRC et les municipalités. Ce revenu-là permet d’investir dans les services de proximité, de services de voirie, en développement économique et social, énumère-t-il.

Par contre, il précise que l’essor du développement éolien devra passer par la construction d'une nouvelle ligne de transport, pour éviter la saturation de la seule ligne de transport qui relie la région de Québec et du Bas-Saint-Laurent.

L'an dernier, les estimations pour réaliser une telle infrastructure sur 200 kilomètres s'élevaient à 500 millions de dollars. Le premier ministre n'a pas fait mention de cet enjeu lors de l'annonce mercredi.

D’après les informations d’Isabelle Larose, Roxanne Langlois et Marguerite Morin

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