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La Russie au G20 Finances : des pays, dont le Canada, quittent une réunion

Chrystia Freeland quitte une salle, dont on voit la porte, vers laquelle elle marche.

La vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland (archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Les représentants de certains pays du G20, y compris le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni, ont quitté mercredi la séance plénière qui réunissait à Washington ou virtuellement des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales.

Le Canada et un certain nombre de nos alliés démocratiques ont quitté la plénière du G20 lorsque la Russie a cherché à intervenir, a indiqué sur Twitter la ministre des Finances et vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland.

Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, participait à la rencontre de façon virtuelle, tout comme le gouverneur de la banque centrale russe, tandis que l'adjoint du ministre était sur place, selon Reuters.

C'est la première fois que les grands argentiers du G20 se retrouvaient depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le 24 février.

Les réunions de cette semaine à Washington ont pour but de soutenir l'économie mondiale, mais l'invasion illégale de l'Ukraine par la Russie constitue une grave menace pour l'économie mondiale, a argué Mme Freeland. La Russie ne devrait pas participer ou être incluse dans ces réunions.

Le Canada figure parmi les pays qui souhaitent l'exclusion de la Russie du groupe des 20 grandes économies mondiales, mais l'Indonésie, qui préside le groupe cette année, s'y est refusée au nom de l'impartialité.

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a elle aussi quitté la salle, selon des sources américaines et selon la photo partagée par Mme Freeland sur Twitter. Les États-Unis avaient averti qu'ils boycotteraient certaines réunions si Moscou y participait.

Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a indiqué sur Twitter que ses représentants étaient partis eux aussi.

Nous sommes unis dans notre condamnation de la guerre de la Russie contre l'Ukraine et nous ferons pression pour une coordination internationale plus forte afin de punir la Russie, a-t-il déclaré.

Invité de façon exceptionnelle à la rencontre sous l'impulsion des pays du G7, le ministre ukrainien des Finances, Serhiy Marchenko, a lui aussi quitté la salle lorsque son homologue russe s'est exprimé.

D'autres ont éteint leur écran en guise de protestation.

La ministre indonésienne des Finances, Sri Mulyani Indrawati, a affirmé que le départ des participants n'avait pas perturbé les discussions.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Contrer la propagande russe

D'autres pays participants eux aussi opposés à la présence de la Russie ont préféré une autre approche. Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, a ainsi défendu la volonté de Berlin de participer à toutes les sessions.

Nous n'offrirons pas une tribune à la Russie pour diffuser sa propagande et ses mensonges, a-t-il dit à des journalistes. Selon une source proche de la délégation allemande, M. Lindner a d'ailleurs contesté énergiquement des prises de position des responsables russes.

En ouverture de la réunion, le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, avait exhorté la Russie à s'abstenir de participer aux réunions du G20. La guerre est incompatible avec la coopération, a-t-il dit, cité par l'AFP.

Le G20 a toujours été et reste avant tout un forum économique, a rétorqué le ministre Silouanov.

Selon une source de Reuters, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a quant à elle demandé au sous-ministre russe Timur Maksimov de transmettre un message clair en haut lieu : Moscou doit cesser sa guerre en Ukraine.

Les ministres des Finances des pays du G20 s'étaient quittés à Jakarta, en Indonésie, en février dernier, quelques jours avant l'offensive des troupes russes, sur l'engagement de se coordonner pour une reprise mondiale plus forte.

La guerre a cependant assombri les perspectives économiques, aggravant l'inflation et provoquant une crise alimentaire. Le chef du Programme alimentaire mondial (PAM), qui achetait 50 % de son blé en Ukraine, a déclaré récemment au Conseil de sécurité des Nations unies que l'invasion de l'Ukraine pourrait entraîner la pire crise alimentaire mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le ministre russe a plutôt montré du doigt les lourdes sanctions qui ciblent son pays. À l'évidence, avec les sanctions, l'approvisionnement du marché est artificiellement restreint, ce qui provoque un déséquilibre et une forte hausse des prix, a-t-il soutenu.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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