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Une appli antigaspillage alimentaire déjà victime de son succès à Calgary

Patti-Ann Gladden tient son sac surprise dans les mains.

Patti-Ann Gladden a entendu parler de l'application par une amie.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Combattre le gaspillage alimentaire dans les commerces tout en faisant des économies, c'est l'objectif de l'application mobile Too Good To Go. En Alberta, le concept est arrivé en mars, démarrant d'abord à Calgary avant de se lancer à Edmonton, en mai. L'application est jeune, mais déjà victime de son succès.

Dès l'ouverture du Lina’s Italian Market, de Calgary, deux types de clients se croisent dans les allées. Il y a ceux qui prennent leur temps pour manger sur place ou faire leurs courses, et il y a ceux qui ne passent qu'en coup de vent pour récupérer un sac en papier rempli de pâtisseries.

Dans ces sacs, les équipes de l'épicerie italienne ont mis les invendus de la veille. Ce matin, ils contiennent des biscuits, des croissants et un sandwich à la viande. D'une valeur de 12 $, ils sont vendus 4 $ sur l'application mobile Too Good To Go, soit un tiers du prix initial.

Des pâtisseries italiennes sur une table.

Les produits datent de la veille.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Patti-Ann Gladden essaie ce concept pour la première fois ce matin-là. Elle doit récupérer son panier surprise entre 9 h et 10 h. Je trouve cette idée géniale. Si tous les commerces s'y mettaient, on éviterait de gâcher beaucoup de nourriture, dit l'Albertaine.

Très forte demande

Boulangeries, cafés, restaurants ou épiceries… Un mois après son lancement à Calgary, l'application travaille déjà avec une centaine de commerces. Certains avouent être un peu dépassés par la rapidité de ce succès.

L'engouement est énorme. Chaque fois qu'on met ces paniers surprises en vente sur l'application, ils partent en 5 minutes, dit Federica Fiorotto, responsable du marketing au Lina's Italian Market.

L'application prend une commission de 1,99 $ par commande. Le reste revient aux commerçants. L'idée, c'est surtout de réduire nos déchets, pas de faire de l'argent. Grâce à ce système, on n’a presque plus de déchets, assure Federica Fiorotto.

Une des trois épiceries Lina's Italian Market, à Calgary.

En un mois, une centaine de commerces de Calgary se sont inscrits sur l'application.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Nicholas Bagi, responsable d’une épicerie Amaranth, à Calgary, estime avoir vendu 1600 sacs en seulement un mois, ce qui équivaut à environ 3600 kg de denrées alimentaires qui ne finiront pas dans des poubelles.

C’est une bonne manière d’offrir à la collectivité des produits de qualité à un faible coût, surtout en période de forte inflation, estime Nicholas Bagi.

Le concept est encore jeune à Calgary. Les consommateurs sont beaucoup plus nombreux et en demande que les commerces partenaires. Beaucoup d’utilisateurs n’arrivent pas à commander.

Antonio Querin vient récupérer sa toute première commande au Lina’s Italian Market. C’est une bonne affaire, mais il faut beaucoup regarder l'application. Je l’ai consultée 20 fois en une seule journée pour réussir à réserver un sac, avoue-t-il. Sa petite astuce : consulter les disponibilités sur son téléphone à 9 h et à 21 heures.

Les responsables de Too Good To Go assurent que ce manque d'offres est normal lors d'un lancement et que la situation s'équilibrera lorsqu'il y aura plus de commerces participants.

Un écran de téléphone sur l'application Too Good To Go.

Même si on consulte l'application tous les jours, les paniers offerts à Calgary sont pour l'instant très difficiles à trouver.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Une initiative bien accueillie par les associations

Depuis son arrivée au Canada, en juillet 2021, l’application Too Good To Go, d’origine danoise, dit avoir évité que plus de 323 000 repas finissent à la poubelle grâce à 2000 commerces partenaires. Beaucoup d’entre eux faisaient don de leurs invendus à leur personnel et à des banques alimentaires.

La Banque alimentaire de Calgary ne pense pas que ses dons baisseront pour autant. En revanche, ce concept offrirait une bonne occasion pour se nourrir à moindres frais.

Ces applications aident à s'assurer que la nourriture arrive là où elle doit aller. L'insécurité alimentaire n'est pas une question de disponibilité de nourriture, mais de capacité à se la procurer, écrit par courriel la porte-parole de l'organisme, Shawna Ogston.

Marie-José Mastromonaco, directrice des opérations au Québec de l’organisme Deuxième Récolte, le confirme : Toute initiative est une bonne initiative quand on fait appel au gaspillage alimentaire.

Selon Deuxième Récolte, près de 60 % de tous les aliments produits au Canada, soit 35,5 millions de tonnes, sont perdus ou gaspillés chaque année. Un tiers de ces aliments, soit 11,2  millions de tonnes, sont comestibles et pourraient être récupérés.

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