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Un remède à cheval contre le stress post-traumatique des vétérans

Renée Bertrand sur un cheval.

La vétérane Renée Bertrand fréquente le ranch Serene View depuis quatre ans pour soigner son stress post-traumatique.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Papillon

La thérapie par les chevaux pour soigner les blessures psychologiques de ceux qui ont connu l’horreur de la guerre. L’idée peut paraître étonnante, mais elle fonctionne, promet la psychologue Caroline LeBlanc, propriétaire du ranch Serene View à l’Île-du-Prince-Édouard. Un service qui s’avère particulièrement pertinent présentement, car les images de la guerre en Ukraine ravivent des traumatismes.

Renée Bertrand est une vétérane. Pendant plus de 19 ans, elle a servi dans les Forces armées canadiennes comme technicienne médicale. En 2004, elle a été envoyée à Kaboul, en Afghanistan, pour travailler dans une clinique gérée par l’armée. Elle y a vu les blessés défiler.

Quand on lui demande comment elle a vécu ce chapitre professionnel, elle dit préférer ne pas entrer dans les détails, mais parle d’une expérience qui l’a beaucoup bouleversée à l’intérieur.

« Après une mission comme celle-là, on ne revient pas entièrement à la maison. On revient physiquement, c’est sûr. Mais toutes les émotions, tous les chamboulements qu’on a vécus, ça change une personne. »

— Une citation de  Renée Bertrand, vétérane
Renée Bertrand pose pour la caméra dans un champ.

Renée Bertrand a servi pendant plus de 19 ans dans les Forces armées canadiennes.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Papillon

Ce sont des blessures physiques qui ont par la suite mis fin à son service militaire. Mais plus les semaines passaient, plus la cicatrice psychologique se révélait. Quand je suis sortie, je ne savais plus qui j’étais, raconte Renée. J’étais perdue, je ne savais pas ce qu’il se passait avec moi. Je me sentais mal.

C’est alors que le besoin d’aller consulter s’est imposé. Le ranch de la psychologue Caroline LeBlanc, qui mise sur l’équithérapie, lui a vite été recommandé. Près de 75 % des clients du ranch Serene View sont des vétérans ou de premiers répondants.

Le cheval est un animal de proie, explique Caroline LeBlanc. Donc, il voit toujours le danger et est constamment dans un état d’hypervigilance. Nos clients qui souffrent de stress post-traumatique sont eux aussi toujours dans des états d’hypervigilance. Quand ils rencontrent le cheval, ce dernier veut être dans un état de calme. Le client doit donc se calmer également.

Caroline LeBlanc pose pour la caméra dans un champ.

Caroline LeBlanc est psychologue et propriétaire du ranch Serene View à l’Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Papillon

Après quatre ans de consultations, Renée Bertrand peut confirmer que l’équithérapie fonctionne auprès d’elle. C’est dur à expliquer pour quelqu’un qui ne l’a jamais vécu, avoue-t-elle. On développe une connexion et une relation avec le cheval. Et avec ça, on apprend à mieux se connaître et à guérir.

L’Ukraine et les traumatismes ravivés

Deux chevaux dans un enclos.

Tous les chevaux du ranch Serene View peuvent être mis à profit pendant des séances d’équithérapie.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Papillon

Pour ceux qui ont connu la guerre de près, les images du conflit armé en Ukraine peuvent faire remonter de vieux traumatismes à la surface. C’est ce qu’a vécu Renée Bertrand. Même pas besoin d’entendre le son des alertes à la bombe, dit-elle. Simplement en voyant les lumières qui clignotent à la télé, tu entends le son dans ta tête. Ça ramène des triggers.

Ces sentiments semblent généralisés chez les vétérans, a pu constater Caroline LeBlanc.

« Depuis l’Afghanistan, je n’avais pas observé une réaction comme celle-là chez les vétérans. On remarque une grosse différence chez nos clients. Ça ébranle tout le monde. »

— Une citation de  Caroline LeBlanc, psychologue et propriétaire du ranch Serene View

Plusieurs de ses clients ont d’ailleurs ressenti l’envie de retourner au front depuis le début de la guerre en Ukraine. Renée Bertrand n’y a pas échappé. Ma première réaction a été : "Quand est-ce qu’on part?", raconte-t-elle. Ça, c’est le pilote automatique qui embarque. Ce n’est pas nécessairement la bonne réaction à avoir.

Mais heureusement, l’équithérapie l’aide à maintenir le cap sur ses nouvelles priorités. Le cheval m’aide à rester ici, explique Renée. Il m’aide à me concentrer sur ma guérison, à rester présente mentalement ici, et à me sentir loin du monde militaire. C’est ce que je veux.

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