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Destruction imminente du chevalement de mine emblématique de Greenstone

Un chevalement blanc la nuit.

Le chevalement de l'ancienne mine de MacLeod Cockshutt est l'emblème de la municipalité de Greenstone.

Photo : Municipalité de Greenstone

Radio-Canada

La construction tant attendue de la nouvelle mine d’or de Greenstone avance bien, mais fait quelques victimes sur son passage : le chevalement historique, le terrain de golf et le centre d’information de la communauté, pour en nommer quelques-unes.

Le sort de ces installations est scellé depuis plusieurs années, explique le maire de la municipalité, Rénald Beaulieu. On est arrivés à une entente avec la compagnie minière en 2017.

Le maire de Greenstone, Rénald Beaulieu, attendait ce signe depuis longtemps.

Le maire de Greenstone, Rénald Beaulieu (Archives)

Photo : Radio-Canada Martine Laberge

Le projet devait aller de l’avant, poursuit-il. Au lieu d’avoir un chevalement qui ne génère aucun revenu, on va avoir une compagnie minière qui investit plus de deux milliards dans la région et qui crée des emplois.

Les travaux de démolition du chevalement commenceront sous peu, précise le directeur général de la mine Greenstone Gold, Éric Lamontagne. On discute avec différents entrepreneurs pour la prochaine étape.

« Étant donné l’état de la structure et la façon dont elle est construite, les experts nous ont dit que c’est impossible [de la déplacer]. La seule chose qu’il reste à faire, à court terme, c’est de la détruire. »

— Une citation de  Éric Lamontagne, directeur général de la mine Greenstone Gold

Le chevalement se trouve au centre de la future fosse à ciel ouvert de la mine, ajoute M. Lamontagne.

Pas le temps de dire adieu, déplore une résidente

Pour Martine Bédard, une photographe de Longlac, le chevalement de mine représente beaucoup plus qu'une structure datant des années 1930.

Les gens veulent prendre des photos là, parce que ça représente notre communauté. Ça représente nos parents, nos grand-parents... bref, notre histoire, commente-t-elle. C'est très beau, en plus.

Cette dernière affirme comprendre l'importance du projet minier pour l'économie de la région, mais se dit tout de même très triste de voir ça détruit.

J'ai toujours pensé qu’il y aurait une cérémonie, qu’on aurait le temps de dire adieu, et de prendre une dernière photo, relate Mme Bédard.

« Je suis frustrée que quelque chose qui nous appartient depuis si longtemps sera détruit sans qu’on nous dise quand exactement. »

— Une citation de  Martine Bédard, photographe et résidente de Longlac

Un patrimoine culturel

Le maire Rénald Beaulieu dit comprendre la tristesse des membres de la communauté qui déplorent la destruction du patrimoine culturel. Je comprends, c’est quelque chose qui représente notre région.

Il estime toutefois que les revenus générés par la mine active pourraient financer de nouvelles initiatives.

Vue aérienne d'un camp de travailleurs.

Le camp temporaire qui héberge les travailleurs pendant la construction de la mine à ciel ouvert. (Archives)

Photo : Greenstone Gold

Le [prochain] conseil municipal pourra rouvrir le dossier du côté tourisme ou côté récréation, affirme-t-il.

« Le chevalement actuel, ce n’est pas nécessairement l’original, c’est quelque chose qui a été refait. Il n’y a pas de raison pour que ça ne puisse pas être refait encore une fois. »

— Une citation de  Rénald Beaulieu, maire de Greenstone

De son côté, la mine Greenstone Gold affirme également comprendre l’importance du chevalement qui sera bientôt détruit.

Le patrimoine, c’est important pour tous, commente M. Lamontagne. On a l’intention de regarder avec la municipalité pour un nouveau projet qui permettra d’honorer le passé.

Éric Lamontagne pose pour une photo.

Éric Lamontagne est le directeur général de la mine Greenstone Gold.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Le directeur de la minière affirme qu’un comité citoyen sera mis en place au cours des deux prochains mois pour améliorer la communication entre les résidents de la communauté et Greenstone Gold.

Vestiges d’un passé minier

On retrouve des chevalements de mine partout dans le paysage nord-ontarien. Récemment, le chevalement de la mine Stobie de Sudbury a été détruit par une explosion planifiée.

Du côté de Cobalt, des barrières bloquent désormais l’accès à deux anciens bâtiments miniers pour des raisons de sécurité.

La ville de Timmins, toutefois, a décidé de gérer ses chevalements historiques autrement.

Un chevalement de mine entouré d'arbres

Le chevalement de mine McIntyre est un monument emblématique de la ville de Timmins

Photo : CBC/Erik White

Elle compte remettre à neuf le chevalement McIntyre, une structure haute de 90 mètres qui domine l'horizon de Timmins depuis 1927. Les coûts des travaux s’élèvent à plus de 865 000 $.

M. Beaulieu affirme qu’il est impossible pour une municipalité de la taille de Greenstone de suivre l’exemple de Timmins. On est une grande ville étalée avec plusieurs bâtisses à entretenir­.

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