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Bay du Nord sera le dernier mégaprojet pétrolier à T.-N.-L., suggère Steven Guilbeault

Illustration de l'unité flottante de production, de stockage et de déchargement qui sera utilisée à Bay du Nord.

La mise en exploitation du projet Bay du Nord est prévue pour 2028. Les installations se situeront en haute mer, à 500 km à l’est de Saint-Jean (archives).

Photo : Equinor

Le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, laisse entendre que Bay du Nord sera le dernier mégaprojet pétrolier au large de Terre-Neuve, sans pour autant en faire la promesse.

Steven Guilbeault, qui a récemment approuvé le projet de la pétrolière norvégienne Equinor, explique qu'il n'y a rien présentement qui empêche une entreprise de continuer à faire de l'exploration et de développer un projet.

Il précise toutefois que l’Agence d’évaluation environnementale du Canada (AEEC) n’étudie actuellement aucun nouveau projet au large de Terre-Neuve. Une analyse de l’AEEC peut s’étaler sur quatre ou cinq ans, souligne-t-il.

Plus on avance dans le temps, plus les conditions vont être défavorables aux projets pétroliers, croit le ministre. La Régie de l'énergie du Canada a indiqué en décembre dernier que la production canadienne d’énergies fossiles devrait plafonner d'ici 2032.

Steven Guilbeault devant un micro.

Steven Guilbeault, ministre fédéral de l'Environnement, a donné son aval au projet Bay du Nord plus tôt ce mois-ci.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Il indique également qu’Ottawa vise à réduire d’ici 2030 les émissions de GES du secteur pétrolier de 31 % par rapport aux niveaux de 2005, en ajoutant que le projet Bay du Nord a aussi été évalué en fonction de l’ancien processus d'évaluation environnementale établie par le gouvernement de Stephen Harper.

Le nouveau régime que nous [les libéraux] avons mis en place est un régime qui est beaucoup plus rigoureux du point de vue de l'évaluation, notamment des impacts des changements climatiques, soutient-il. Ce serait très difficile pour un nouveau projet de passer la barre.

Ce n'est pas à moi de décider

Le ministre refuse pourtant de dire qu’un nouveau projet pétrolier au large de Terre-Neuve est impossible.

Ce dernier a répété à plusieurs reprises depuis l’approbation du projet Bay du Nord que son gouvernement voulait dépolitiser l’évaluation environnementale des projets d’énergies fossiles et suivre les recommandations de l’AEEC.

Encore une fois, ce n'est pas à moi de décider. Ce n'est pas au ministre, mais à l'Agence d'évaluation environnementale de faire son travail [...] qui prendrait quatre ou cinq ans, explique Steven Guilbeault. J'aimerais vous dire que je serai encore ministre de l'Environnement dans quatre ou cinq ans. J'en doute sincèrement. Ce serait alors au ministre de l'époque de décider si oui ou non ce projet-là est dans l'intérêt public.

L’approbation du projet Bay du Nord par Ottawa a suscité l’ire de plusieurs groupes environnementaux, qui soulignent que sur 30 ans, entre 300 millions et 1 milliard de barils pourraient être produits à la plateforme flottante.

Comme l’Agence internationale de l'énergie l’a fait en 2021, le dernier rapport du GIEC indique que les pays producteurs de pétrole doivent abandonner dès maintenant les nouveaux projets.

Une carte du projet.

Selon Equinor, le gisement pourrait permettre de produire au moins 300 millions de barils de brut sur 30 ans.

Photo : Radio-Canada

La décision de Steven Guilbeault représente pourtant une victoire importante pour le gouvernement provincial libéral, qui pourrait recevoir jusqu’à 3,5 milliards de dollars en redevances grâce au projet.

La province, comme l’Association canadienne des producteurs pétroliers, souligne que la technologie de pointe utilisée à Bay du Nord, le cinquième champ pétrolier au large de Terre-Neuve, permettra au projet de réduire de façon importante les émissions liées à l’extraction.

La mise en exploitation du projet Bay du Nord est prévue pour 2028. Les installations se situeront en haute mer, à 500 km à l’est de Saint-Jean.

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