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Envoyé spécial

En Ukraine, des retours prématurés

Des Blindés russes détruits.

Les Russes ont encaissé de lourdes pertes à Irpin, près de Kiev.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Jean-Michel Leprince

Cinq millions d’Ukrainiens ont fui leur pays et d’autres se sont déplacés vers l’ouest de l'Ukraine, épargné jusqu’ici par l’envahisseur russe. Et même si la capitale et des villes de l'Ouest sont toujours menacées par les frappes ennemies, la tranquillité relative a poussé de nombreux exilés à tenter de retourner chez eux, contre l'avis des autorités.

Pour la première fois, il y a davantage d’Ukrainiens qui reviennent au pays. Cinq millions au moins se sont exilés; de ce nombre, un million est revenu depuis, selon les services frontaliers ukrainiens. Le calme de Kiev attire et les risques y sont moindres.

La ville a des allures presque normales, si on oublie les obstacles antichars et les sacs de sable.

Une vue de Kiev, en Ukraine.

Kiev, une ville presque normale, à l'exception des défenses contre un éventuel envahisseur.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Les commerces sont pour la plupart fermés, car ils manquent de clients, alors que la moitié des cinq millions d’habitants est partie. Un couvre-feu est aussi toujours en vigueur. Mais la ville n’a pas été touchée. Les trains venus de l’Ouest apportent des familles, des femmes et des enfants surtout, qui n’ont pu résister au retour à la maison.

Kateryna, sa mère et ses deux enfants reviennent de Lviv. Elles admettent une certaine crainte. Svitlana, pour sa part, retourne chez elle à Irpin. Ça, c’est une autre histoire.

Bâtiments détruits à Irpin.

À Irpin, la moitié de la ville est dans cet état.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Irpin, ville héroïque

Irpin, ville de banlieue confortable à une quinzaine de kilomètres de Kiev, paie le prix de la première grande victoire de l’Ukraine sur l’envahisseur russe. Les ruines témoignent des combats acharnés qui ont duré un mois.

Les Russes tentaient de contourner Kiev par le sud; ils ont perdu, faisant des centaines de victimes, dont certaines ont été exécutées. L'envahisseur a ainsi subi de très lourdes pertes. Résultat : Kiev fut sauvée.

Nous avons rencontré deux femmes, Svitlana et Kateryna, qui ont été évacuées vers l’ouest dès le début des combats. Elles viennent de revenir et se tiennent devant l’hôtel de ville d'Irpin, désemparées.

Elles nous ont conduits à leur appartement, dans une maison qui semble relativement intacte : la cage d’escalier tient le coup, mais l’intérieur est un désastre. À elles deux, elles ont trois enfants. Un total de six personnes occupaient l’appartement.

Toutes les fenêtres ont sauté, des morceaux de mur sont arrachés, il y a des débris partout. Des soldats russes y ont même séjourné; ils ont laissé des rations militaires derrière eux.

Svitlana et Kateryna ne savent pas où se loger. Elles demandent de l’aide au maire d’Irpin, Oleksander Markushyn.

La ville est en fait détruite à 50 %. Voilà pourquoi le premier magistrat demande aux exilés de ne pas revenir maintenant, le temps de trouver des logements temporaires et restaurer les services publics, comme l’eau et l’électricité.

Malgré la destruction, le maire est devenu une légende, à la grandeur du pays, pour avoir mené la résistance. Nous avons battu les Russes ici. Nous allons gagner la guerre, parce que nous défendons notre pays, nos maisons et nos familles, déclare-t-il.

Les Russes sont loin d’avoir dit leur dernier mot dans le Donbass. Ils s'acharnent également sur Marioupol et Kherson, tout en continuant de menacer les villes de l’Ouest.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

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