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Des psychologues demandent une plus grande reconnaissance de leur travail

Une femme en entrevue par visioconférence.

La présidente de la Coalition des psychologues du réseau public québécois, Karine Gauthier, estime que le manque de reconnaissance du travail, des études et des responsabilités des psychologues les pousse à quitter le secteur public pour le secteur privé.

Photo : Radio-Canada

Charles-Émile L'Italien-Marcotte

La Coalition des psychologues du réseau public québécois (CPRPQ) a publié lundi une lettre ouverte dans les médias pour informer le premier ministre du Québec, François Legault, de différents problèmes vécus par les psychologues dans le réseau de la santé.

La CPRPQ demande en outre, dans sa lettre ouverte, l’embauche de 450 psychologues dans le réseau et un rattrapage salarial de 30 %. Elle estime qu’il en coûterait seulement 155,5 millions de dollars et engendrerait un retour sur investissement de 228 millions de dollars annuellement – en considérant seulement les économies liées aux visites chez les médecins de famille, aux visites à l’urgence et aux hospitalisations.

Dans sa lettre ouverte au premier ministre Legault publiée lundi, la Coalition des psychologues du réseau public québécois avance que 75 % des finissants en psychologie disaient souhaiter travailler dans le réseau public, mais seulement 25 % le font. Quant à ceux qui intègrent les rangs du réseau public, 40,5 % quittent leur emploi dans les cinq premières années de pratique pour aller travailler dans le domaine privé, se désole-t-elle.

La Coalition estime que, d’ici deux ans, il va manquer plus de 40 % des psychologues dans le réseau de la santé, a affirmé la présidente de la CPRPQ, Karine Gauthier, sur RDI. Elle a ajouté qu’avec la pénurie grandissante de personnel, beaucoup de psychologues dans le réseau quittent pour le privé, et cette situation l’inquiète.

Mme Gauthier a souligné trois éléments qui nuisent au travail des psychologues dans le réseau public de santé au Québec, et qui se résument au manque de reconnaissance de leur travail, de leurs études doctorales et de leurs responsabilités professionnelles.

Elle a également indiqué que les conditions de travail pour les psychologues dans le secteur privé sont meilleures, non seulement sur le plan salarial, mais aussi par rapport à l’autonomie professionnelle. Or, ce sont deux enjeux qui ressortent beaucoup pour les psychologues, a rappelé Mme Gauthier.

La Coalition demande ainsi la formation d’un syndicat pour les psychologues, qui permettrait d’avoir une voix et d’aborder les enjeux au niveau de la reconnaissance du travail et de l’autonomie [des psychologues], et des enjeux salariaux, a-t-elle expliqué.

La formation d’un syndicat permettrait de regrouper la centaine de corps d’emplois répertoriés, et qui pour l’instant n’ont pas de voix dans les discussions sur les problèmes et solutions à la pénurie de psychologues dans le réseau public de santé.

Mme Gauthier croit aussi que le manque de reconnaissance de la formation des psychologues joue également un rôle important, puisqu’il faut obtenir un diplôme de doctorat pour pouvoir pratiquer, et c’est un doctorat qui n’est pas reconnu, a-t-elle noté.

Les gens ont besoin plus que jamais, avec la pandémie, des psychologues, a estimé Mme Gauthier. Or, s’il manque du personnel parce qu’il opte pour le secteur privé, on ne veut pas que cette tendance continue et qu’il ne reste plus de psychologues dans le réseau, a-t-elle enchaîné.

Urgence d’agir

Mme Gauthier a déclaré que la Coalition a senti de l’écoute de la part du gouvernement Legault, mais que [celui-ci] dit qu’on ne peut pas aller de l’avant avec notre plan prochainement, et ça nous inquiète énormément pour les services à la population.

Elle a mentionné les délais d’attente pour obtenir les services d’un psychologue dans le réseau de la santé. Pour traiter les troubles alimentaires, les troubles post-traumatiques, les idées suicidaires et les tentatives de suicide, il doit y avoir un accès à un psychologue, a insisté Mme Gauthier. Sinon, on passe à d’autres stratégies qui ne sont pas les bonnes, ce qui peut conduire au phénomène des portes tournantes.

Le manque d’accès aux services d’un psychologue peut amener les personnes à consulter à l’urgence ou leur médecin de famille. Ça coûte cher, en plus de la souffrance que cela cause aux malades. Certains troubles de santé mentale peuvent devenir chroniques, a affirmé Mme Gauthier. Enfin, des gens qui auraient pu retourner au travail n’y retournent pas, a-t-elle dit.

Selon elle, il est urgent d’agir pour faciliter l’accès et diminuer les impacts sociétaux majeurs qui sont engendrés par le manque d’accès aux ressources psychologiques dans le réseau public de santé.

Le plan de 100 millions de dollars pour bonifier les services en santé mentale, piloté par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a permis d’éviter le pire, croit-il, mais de nombreux intervenants du milieu doutent de l’efficacité de ce plan.

La liste d’attente pour obtenir des services en santé mentale comptait plus de 19 000 noms à l'échelle provinciale, en date du 2 avril dernier. Ce nombre est largement supérieur aux objectifs du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

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