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Deux espèces de moules d’eau douce seraient menacées à l’Î.-P.-É

Une moule perlière d'eau douce.

La moule perlière d'eau douce est l'une de ces espèces dont la population serait très réduites à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Kyle Kanish

La moule perlière de l’Est et l’anodonte du gaspareau, deux espèces de moules d'eau douce rares, peuvent disparaître des cours d’eau de l’Île-du-Prince-Édouard.

C’est ce qu’indiquent les résultats préliminaires d‘une étude de chercheurs de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard réalisée en collaboration avec Nature PEI.

L’équipe de recherche souhaite que ces moules soient incluses dans la liste provinciale des espèces en péril afin de tenter de les protéger.

Michael Van Den Heuvel pose pour la photo

Michael Van Den Heuvel est professeur au département de biologie de l'Université de l'Île-du-Prince-Édoaurd.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond

Les résultats préliminaires de cette première étude du genre apportent des conclusions inquiétantes, selon le professeur au département de biologie et responsable de la recherche, Michael Van Den Heuvel.

« Ces espèces pourraient certainement être considérées comme des espèces menacées. Ces populations à l’île sont en péril, voire en voie de disparition, car nous avons si peu de populations de ces deux espèces-là. »

— Une citation de  Michael Van Den Heuvel, professeur au département de biologie de UPEI

Il souligne néanmoins que d'autres espèces de moule, comme le pyganodon, semble bien se porter.

Ces populations sont très rependues sur l'île, explique-t-il.

Kyle Knysh tient un baton qui sert à la recolte d'échantillons d'eau.

Kyle Knysh, doctorant en biologie de UPEI, recolte des échantillons d'eau pour l'analyse d'ADN environnemental.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond

L’étude analyse la biodiversité de moules dans 40 rivières et lacs de la province.

Les chercheurs utilisent la méthode d’analyse d’ADN environnement pour cartographier l’habitat de ces espèces de moules.

« Quand on aura une carte de l’île qui indique où ces espèces peuvent être retrouvées, on sera en mesure de connaître les tailles des populations et de savoir si ces populations sont isolées dans certaines régions. »

— Une citation de  Kyle Knysh, doctorant en biologie de UPEI

Kyle Knysh, doctorant en biologie à l’Université de l'Île-du-Prince-Édouard et membre de l’équipe de recherche, explique que la technique d’analyse d’ADN environnementale offre des avantages importants à la recherche.

Si on devait faire une analyse manuelle de ces populations, cela nous prendrait très longtemps. Aussi, les moules sont très difficiles à voir dans le fond des rivières. Alors, l’usage de l’ADN environnemental nous permet d’accélérer le processus , précise-t-il.

Cette technique est similaire à celle utilisée dans le dépistage de la COVID-19, explique Kyle Knysh.

Des échantillons d’eau sont récoltés et ensuite analysés en laboratoire.

Kyle Knysh pose pour la photo dans un lac.

Pour Kyle Knysh, doctorant en biologie, l’analyse d’ADN environnementale offre plusieurs avantages.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond

Baisse dans la qualité de l’eau

Membre du comité exécutif de Nature PEI, un organisme partenaire dans l’étude, Robert Harding explique que la baisse de la qualité de l’eau représente un obstacle pour la survie de ces espèces.

« C’est pourquoi il faut vérifier ce qu’on a ici, car nos rivières sont assez fragiles, nos écosystèmes à l’île sont vraiment fragiles. »

— Une citation de  Robert Harding, membre de Nature UPEI

Des sédiments peuvent s’accumuler de façon naturelle lors des tempêtes qui ramènent des composantes des sols dans les cours d’eau.

On a beaucoup de sédiments dans nos rivières, et on sait qu’il y a des espèces qui sont très sensibles aux sédiments, précise-t-il.

Le professeur Michael Van Den Heuvel rappelle aussi que l’activité agricole peut aussi intensifier l’accumulation de ces sédiments.

Robert Harding.

Membre de Nature PEI, Robert Harding souligne l'importance de faire l'état des lieux des espèces de moule d'eau douce à l'île.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Moins de poissons-hôte

La décroissance des populations de saumon de l’Atlantique et du hareng d’eau douce semble aussi contribuer à la réduction des populations de moules, selon l’étude.

Ces espèces servent de poisson-hôte pour les moules qui, à un très jeune âge, s’accrochent au saumon ou au hareng pour pouvoir s’alimenter de champignons parasites résidant sur la peau du poisson.

C’est une autre inquiétude qu’on a maintenant, c’est de savoir que certaines espèces n’ont pas beaucoup de succès pour se reproduire, parce qu’elles dépendent des poissons-hôtes, explique Robert Harding.

L'équipe de recherche prend les mesures d'un cours d'eau à St. Peter Bay, dans le nord-est de l'Île-du-Prince-Édouard.

L'équipe de recherche prend les mesures d'un cours d'eau à St. Peter Bay, dans le nord-est de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond

La plupart des moules d’eau douce de l’île sont concentrées dans la région de Saint Peters Bay, dans le nord-est de la province, indique les résultats préliminaire de la recherche.

Le professeur Van Den Heuvel ajoute que c’est dans cette région où il y a encore une population considérable de saumons de l’Atlantique, ce qui pourrait expliquer le fait que les moules soient plus nombreuses dans la région.

L’étude sur les moules d’eau douce de l’île devra être finalisée d’ici la fin de l’année.

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