•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une rentrée scolaire tardive à Montréal pour de jeunes Ukrainiennes

Deux jeunes filles ukrainiennes posent pour la caméra.

Les jeunes Ukrainiennes Katerina (à gauche), 11 ans, et Darina, 13 ans, commencent leur nouvelle vie au Québec.

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Après 53 jours de guerre, on voit apparaître de jeunes Ukrainiens sur les bancs d’école à Montréal, comme Darina Galamay et sa sœur. Elles ont eu le courage de quitter Kiev sans leurs parents, mais il leur en faudra peut-être encore plus pour s’adapter à leur nouvelle réalité.

Dans la classe d'accueil de l'école secondaire d’Anjou, Isabelle Bujold enseigne les noms communs. Âgée de 13 ans, Darina voit les lèvres de son enseignante bouger, mais les sons sont indéchiffrables.

Le défi est titanesque pour Darina. Avec un peu de vocabulaire en anglais et son téléphone, elle réussit à se faire comprendre de ses camarades de classe, faute d'avoir un dictionnaire ukrainien-français.

Une classe remplie d'élèves.

Darina Galamay assiste à un cours donné par son enseignante de l'école secondaire d'Anjou.

Photo : Radio-Canada

Mme Bujold enseigne à de jeunes immigrants depuis 13 ans. Une classe multiniveaux qui représente son lot de défis. Dans la classe de Darina, il y a 17 élèves, pour la plupart des hispanophones qui ont franchi le chemin Roxham. Ils ont tous des parcours migratoires différents. Souvent, quand on reçoit des élèves qui ont vécu des choses très difficiles, le pire est derrière eux contrairement à Darina, qui voit son pays natal être pilonné chaque jour sur Internet.

« C'est particulier de me lever le matin, de lire le journal et de me demander : est-ce qu'il est arrivé quelque chose de vraiment dramatique qui va avoir un impact important sur la vie de mon élève? »

— Une citation de  Isabelle Bujold, enseignante en classe d'accueil à l'école secondaire d'Anjou

L’école secondaire d’Anjou offre un suivi particulier à ses élèves. La classe doit devenir un lieu sécurisant, un cadre sur lequel se reposer. Un service psychologique est offert en temps et lieu selon les besoins de chacun. Ils peuvent avoir vécu des séparations. Ils peuvent avoir vu des images choquantes, explique la psychologue scolaire Stéphanie Limoges.

Darina et Katerina Galamay assises sur le sofa avec leur tante.

Darina Galamay (à gauche) et sa soeur, Katerina, sont maintenant en sécurité, à Montréal, chez leur tante, Olena Lipatova.

Photo : Radio-Canada

Bien que l’école secondaire d’Anjou ne ressemble pas à celle de l’adolescente en Ukraine, Darina apprécie ses journées.

« Ça me sauve dans un sens, parce qu’à l'école, je ne lis pas toujours les nouvelles qui ne sont pas très bonnes. J'occupe ma tête avec les choses moins stressantes. »

— Une citation de  Darina Galamay

Elle tente d’oublier les images de gens qui sortaient de leurs maisons en courant. Elle se souvient de la peur sur les visages et du vrombissement des avions. 

Un long périple

Des lits d'hôpital dans le sous-sol d'un hôpital à Kiev en Ukraine.

Darina et Katerina Galamay ont dormi durant plus d'une semaine dans des lits de fortune situés au sous-sol d'un hôpital à Kiev.

Photo : Gracieuseté

Au déclenchement de la guerre, Darina et sa sœur, Katerina, ont dormi pendant une semaine dans le sous-sol de l’hôpital où leur mère travaille. Les aéroports étant visés, elles n’ont pas pu fuir en avion. Elles ont donc attendu le signal pour s’enfuir au Canada en famille. Le moment est venu de partir au début de mars, mais leur mère leur a annoncé qu’elles quitteraient le pays sans elle, avec des inconnus.

Leur mère étant médecin, elle est forcée de rester au pays, tout comme leur père, réquisitionné par l’armée ukrainienne. Les jeunes filles âgées de seulement 13 et 11 ans ont pris le bus jusqu’en Pologne pour ensuite s'envoler, seules, vers Montréal.

« Tu as juste 13 ans, mais tu as déjà de très grandes responsabilités pour ta vie, pour la vie de ta sœur. »

— Une citation de  Darina Galamay

Daria et sa sœur habitent maintenant chez leur tante, Olena Lipatova. Il était impensable pour elle de laisser ses nièces à Kiev.

« Elles représentent vraiment les enfants de l'Ukraine. C'est terrible... C'est des vies qui commencent. »

— Une citation de  Olena Lipatova, tante de Darina et Katerina Galamay

Les jeunes filles s’adaptent tranquillement à la vie au Québec, tout en faisant leur effort pour mettre fin à la guerre. Chaque fin de semaine, elles participent aux manifestations organisées par la communauté ukrainienne. Elles scandent Arrêtez Poutine, fermez le ciel entourées de centaines d’Ukrainiens d’origine. Ces mots sont probablement les premiers qu’elles ont appris en français.

Deux jeunes filles qui manifestent contre la guerre en Ukraine.

Déterminées, Darina Galamay (13 ans) et sa soeur, Katerina (11 ans), manifestent chaque fin de semaine pour que cesse la guerre en Ukraine.

Photo : Radio-Canada

Darina et Katerina ignorent quand elles retourneront dans leur pays natal.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !