•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le coût des engrais inquiète les agriculteurs de l’Atlantique

Un champ de pommes de terre.

L’Office de la pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard estime que le prix des engrais a augmenté de 75 à 100 %.

Photo : Radio-Canada / WAYNE THIBODEAU

Radio-Canada

Des agriculteurs des provinces de l’Atlantique sont inquiets à l’aube de la saison des semences en raison de la montée du coût des engrais azotés. La guerre en Ukraine a des répercussions sur le prix de ce produit.

Brian Adams, propriétaire de Hilldale Potato à New Denmark dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, affirme qu’il doit payer son engrais presque deux fois plus cher que l’an dernier.

Une tonne lui coûtait 700 $ en 2021. Elle coûte maintenant 1300 $.

Brian Adams estime aussi que ses coûts d’opération augmenteront de 60 %.

Tout coûte plus cher cette année : la réparation des machines, l’engrais et la pulvérisation, explique-t-il. C’est vraiment stressant.

L’Office de la pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard avance pour sa part que le prix des engrais a augmenté de 75 à 100 % cette année.

Des importations de la Russie

Selon Fertilisants Canada, de 85 à 90 % des importations d’engrais en Atlantique proviennent de la Russie.

Ce pays fait face à plusieurs sanctions économiques en raison de la guerre en Ukraine.

Des problèmes d’approvisionnement en phosphore, en azote et en potasse en provenance de la Russie sont donc constatés au Canada.

On est inquiets, car la saison des semences commence dans quatre à six semaines, affirme la PDG de Fertilisants Canada, Karen Proud.

Une main se sert dans un sac d'engrais.

Fertilisants Canada représente les fabricants ainsi que les distributeurs en gros et au détail d’engrais à base d’azote, de phosphate, de potasse et de soufre du pays.

Photo : Radio-Canada

Lorsque les sanctions canadiennes ont été imposées à la Russie, de 30 à 40 cargaisons d’engrais étaient déjà en route vers le Canada.

Seuls les navires qui étaient déjà en eaux canadiennes ont été autorisés à entrer au pays. Les autres ont dû rebrousser chemin.

S’ils devaient éventuellement venir au pays, des frais douaniers de 35 % leur seraient imposés.

Des solutions de rechange nécessaires

Devant cette situation, les agriculteurs de l’Atlantique tentent de trouver des solutions de rechange aux engrais normalement utilisés.

En Nouvelle-Écosse, l’entreprise LP Consulting a déjà commencé à concevoir un engrais à base de produits locaux, comme des algues, des arêtes de poisson ou des coquillages.

Elle le vend 160 $ la tonne et enregistre de très bonnes ventes cette année.

Des barquettes remplies de tomates fraîches.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Certains fournisseurs de fertilisants affirment que la demande sera satisfaite cette année, mais que les répercussions à long terme des sanctions sont particulièrement inquiétantes.

Photo : Gracieuseté : Dennis Skoworodko

À Terre-Neuve-et-Labrador, le copropriétaire de l'entreprise M and M Farming, Louis MacDonald, aimerait aussi trouver une façon de faire de l’engrais avec des produits locaux

Il va falloir sur le long terme trouver des solutions de rechange, dit-il.

Le directeur général de l’entreprise de l’Île-du-Prince-Édouard Cavendish Agri Services, John MacKinnon, indique pour sa part que les répercussions à long terme sur l’approvisionnement demeurent incertaines.

Comme de nombreuses entreprises, nous surveillons les fluctuations du marché mondial afin de prévoir les prochaines saisons agricoles, conclut-il.

Avec les renseignements d’Isabelle Leger, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !