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Moscou lance un ultimatum aux derniers soldats de Marioupol

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La ville de Severodonetsk, dans le Donbass, est quotidiennement la cible de frappes de Moscou.

Photo : Getty Images / RONALDO SCHEMIDT

Radio-Canada

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu Moscou samedi que « l'élimination » des derniers soldats ukrainiens à Marioupol, ville portuaire assiégée par les forces russes, « mettra fin à toutes les négociations de paix ». La Russie a répliqué par un ultimatum de reddition, auquel n'avait pas immédiatement réagi Kiev.

Nous garantissons que les vies de ceux qui déposeront les armes seront épargnées, a déclaré dimanche le ministère russe de la Défense, par l'entremise de l'agence de presse russe Tass.

La Russie a demandé aux soldats restants piégés dans l'aciérie Azovstal de déposer les armes avant 6 h, heure de Moscou, prétextant une situation humanitaire catastrophique.

La veille, le président Zelensky avait affirmé que les deux parties se trouveraient dans une impasse sur le plan des négociations si les militaires ukrainiens en poste à Marioupol étaient éliminés.

En matière de bilan humain, Marioupol, cela peut être dix fois Borodianka, une petite ville ukrainienne près de Kiev détruite après avoir été pilonnée, qui a été le théâtre d'exactions présumées pendant son occupation par les soldats russes, a accusé M. Zelensky.

Plus il y aura de Borodianka, plus ce sera difficile de négocier, avait-il souligné. Pour être honnête, nous n'avons aucune confiance dans les négociations à propos de Marioupol.

Cette sortie du président faisait suite aux propos de Denis Pouchiline, le chef de la République autoproclamée de Donetsk (DPR) – dont l'indépendance a été reconnue par Moscou deux jours avant l'invasion russe en Ukraine –, qui a affirmé plus tôt que les combattants ukrainiens de Marioupol refusant de se rendre seraient « éliminés ».

Plus tôt cette semaine, Moscou avait affirmé que plus d'un millier de soldats ukrainiens à Marioupol s'étaient rendus, ce qui a été démenti par Kiev.

L'armée ukrainienne avait annoncé lundi se préparer à une ultime bataille dans cette ville portuaire stratégique du sud-est, pas encore complètement contrôlée par les Russes. Vendredi, elle avait dit se battre pour tenter de briser le siège de la ville, où les combats font rage autour du port et de l’usine de sidérurgie Ilitch.

Le nombre de victimes pourrait d'ores et déjà atteindre les 20 000 morts, selon les autorités ukrainiennes.

M. Zelensky avait admis qu'il s'agissait d'une situation très difficile.

Nos soldats sont encerclés, avait-il déclaré. Malgré tout, les gars continuent à se défendre.

Les combats se concentrent désormais dans la vaste zone industrielle de Marioupol, près de la mer d'Azov. Le contact est maintenu avec les forces ukrainiennes sur place, avait affirmé M. Zelensky.

C'est une crise humanitaire, il n'y a ni nourriture, ni eau, ni médicaments, avait-il ajouté samedi, accusant la Russie de refuser l'ouverture de couloirs humanitaires.

Dans son entretien de samedi avec les médias ukrainiens, Volodymyr Zelensky avait aussi dit vouloir un traité de paix avec Moscou constitué de deux documents séparés : L'un des deux portera sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine, l'autre [concernera] directement ses relations avec la Russie.

Dans le premier document, la sécurité de l'Ukraine serait garantie par certains pays qui ont montré leur intérêt, par exemple le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Italie, la Turquie, avait-il affirmé.

Par ailleurs, Volodymyr Zelensky avait de nouveau appelé samedi le monde à se préparer en vue de l'éventuelle utilisation par la Russie de ses armes nucléaires : Il faut des médicaments [contre les radiations], des abris antiaériens.

Neuf couloirs humanitaires devaient être ouverts samedi, y compris depuis Marioupol, avait annoncé la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

La présence de navires de guerre russes en mer Noire, armés de missiles, laisse entrevoir une possibilité accrue de frappes contre l’industrie de défense et contre l’infrastructure logistique de l’Ukraine, avait déclaré l’armée ukrainienne samedi.

Nouvelles frappes russes

Sur le terrain, les forces russes ont mis à exécution leur menace de frapper des grandes villes d’Ukraine après le naufrage du navire Moskva en mer Noire. Kiev, mais aussi Lviv, Mykolaïv et Aleksandria, ont toutes subi des frappes russes au cours des dernières 24 heures.

Une frappe russe menée samedi contre une nouvelle usine de matériel militaire où on construit notamment des chars a fait un mort et plusieurs blessés dans le district de Darnytsky, près de Kiev.

Un panache de fumée noire s'échappe au dessus d'une forêt.

Les projectiles ont déclenché un incendie en périphérie de Kiev.

Photo : afp via getty images / Sergei Supinzky

Un grand nombre de militaires et de policiers étaient sur place après l'attaque et bloquaient l'accès au complexe, d'où s'échappait de la fumée. Dans la matinée, Kiev a été bombardée. Des explosions ont retenti dans le district de Darnytsky, à la périphérie de la ville. Les sauveteurs et les médecins travaillent actuellement sur place, a écrit samedi le maire de Kiev, Vitali Klitschko, sur Facebook.

De son côté, le ministère russe de la Défense a annoncé samedi sur Telegram que des armes air-sol de haute précision et à longue portée ont détruit des bâtiments de production d'une usine d'armement à Kiev.

Samedi matin, les forces russes ont aussi frappé une raffinerie de pétrole en périphérie de la ville de Lyssytchansk, tout près de la ligne de front dans l'est de l'Ukraine. Ils ont bombardé la raffinerie de pétrole, un incendie s'est déclaré […] et l'extinction se poursuit en ce moment, a déclaré le gouverneur ukrainien de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï. Les Russes la ciblent systématiquement pour épuiser les sauveteurs. Il n'y a pas de carburant à cet endroit. Seuls des résidus d'hydrocarbures brûlent.

Au cours des dernières heures, la Russie a aussi déclaré avoir frappé une installation de maintenance militaire dans la ville de Mykolaïv (sud), l'aéroport d'Aleksandria (centre) ainsi qu'un avion de transport militaire ukrainien qui devait livrer des armes fournies à l'Ukraine par des pays occidentaux dans la région d'Odessa (sud).

Dans l'ouest du pays, des avions de guerre russes partis du Bélarus auraient également tiré des missiles sur la région de Lviv. Quatre de ces missiles auraient été abattus par le système de défense antiaérien ukrainien, selon le gouverneur de la région administrative de Lviv, Maksym Kozytskyi.

Une équipe de Radio-Canada basée à Lviv a entendu les sirènes d'alarme retentir pendant plus d'une heure samedi matin. Aucun détail n'était disponible au moment d'écrire ces lignes sur d'éventuels dommages ou blessés.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Une bouffée de vie normale à Kiev

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Des habitants de Kiev profitent de la première journée printanière vendredi devant la statue de bronze du poète Taras Chevtchenko, qui a été recouverte de panneaux de bois pour la protéger des bombardements.

Photo : afp via getty images / GENYA SAVILOV

Malgré les attaques russes, les ambassades française et italienne ont repris leurs activités à Kiev pour la première fois depuis le début de la guerre, ont dit les ambassadeurs des deux pays, signe d'une amélioration de la situation dans la capitale ukrainienne.

Par ailleurs, le maire de Kiev est revenu à la charge vendredi en exhortant les habitants partis de la ville à ne pas y revenir et à demeurer en lieu sûr.

Ceux qui sont restés dans la capitale ont massivement profité de la première journée radieuse de printemps vendredi pour se promener ou pour prendre un verre sur une terrasse.

C'est la première fois que nous revenons au centre-ville, nous voulions voir comment marchaient les transports, prendre un bain de foule. Voir tous ces gens me fait beaucoup de bien, a dit Nataliya Makrieva, une vétérinaire de 43 ans.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a par ailleurs annoncé vendredi, sur CNN, qu’entre 2500 et 3000 soldats ukrainiens étaient morts depuis le début du conflit entre la Russie et l’Ukraine, ajoutant que 10 000 autres avaient été blessés.

Selon le dirigeant ukrainien, de 19 000 à 20 000 soldats russes auraient été tués depuis le début de la guerre. Moscou, de son côté, avait fait état le mois dernier du décès de 1351 soldats russes et de 3825 blessés.

Citée par l'agence UNIAN, la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, a par ailleurs indiqué que la Russie gardait prisonniers 1000 civils et 700 militaires ukrainiens. L'Ukraine a pour sa part fait prisonniers environ 700 soldats russes.

Depuis l'invasion russe du 24 février, le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l'ONU (HCR) recense 4 836 445 Ukrainiens qui ont fui leur pays, dont 40 200 au cours des dernières 24 heures. De très nombreux réfugiés n'auront plus de maison où revenir habiter, a prévenu samedi le HCR.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 215 000 ressortissants de pays tiers – principalement des étudiants et des travailleurs migrants – ont également fui vers les pays voisins, ce qui signifie que plus de cinq millions de personnes au total ont fui l'Ukraine depuis le début de la guerre.

L'Europe n'a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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