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La trousse Sexto déployée au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis un mois

Une femme et une policière tiennent un document dans leurs mains.

La sexologue Myriam Bouchard et la porte-parole du Service de police de Saguenay, Andréanne Nolin, présentent la trousse Sexto.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

Radio-Canada

Depuis un mois, une nouvelle trousse est déployée dans les écoles secondaires de la région afin que le personnel soit mieux outillé pour intervenir dans les dossiers impliquant l’envoi de sextos, ces messages textes contenant des photos à caractère sexuel.

La trousse Sexto a d'abord été lancée il y a cinq ans à Saint-Jérôme, sur la rive nord de Montréal, et a fait ses preuves.

Plusieurs interventions ont été réalisées dans les écoles secondaires et il semble que dans la grande majorité des cas, les jeunes fautifs ont retenu la leçon.

Certains jeunes ont développé l'habitude d'envoyer des photos à caractère sexuel, pornographique, sans être nécessairement au fait de l'ampleur de cette situation-là, a illustré la sexologue et chroniqueuse Myriam Bouchard qui participe au déploiement de cette initiative.

C'est souvent dans un contexte de relation amoureuse. Ou certains vont être photographiés à leur insu dans un contexte de party, a ajouté celle qui agit comme conseillère pédagogique au sein du centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay.

Des conséquences à long terme

Partager une image intime ne prend que quelques secondes, mais il s’agit d’un geste qui pourrait avoir des impacts sur une très longue période.

Plusieurs fois par mois, on va avoir des appels pour des cas de sextage, a révélé Andréanne Nolin, porte-parole du Service de police de Saguenay (SPS).

La trousse est très utile pour guider les intervenants dans les écoles.

Quand un jeune vient nous confier qu'il a reçu une photo ou a envoyé une photo, c'est toujours de savoir de quelle façon on va intervenir. Sexto nous permet de déterminer des balises, a expliqué le directeur de l’école polyvalente Arvida.

Chargement de l’image

Au Canada, un adolescent sur sept entre 14 et 17 ans enverrait des sextos.

Photo : iStock

L’intervention peut débuter à la suite d’une demande.

Par exemple, une jeune fille qui aurait envoyé une photo d'elle nue à son copain, puis elle pense que cette photo-là a été distribuée. Elle va parler à un intervenant de son école et on va débuter la trousse sexto. [..] Il y a une grille d'évaluation à remplir et les intervenants vont confisquer le cellulaire s'ils ont l'information qu'il y a de la pornographie juvénile à l'intérieur, a détaillé Andréanne Nolin.

Il est cependant hors de question que la photo en question soit consultée.

L'Intervenant ne regardera jamais les photos ou vidéos, car on est en présence de pornographie juvénile, a assuré Carl Lévesque.

Une décision du DPCP

Le matériel sera ensuite remis aux autorités policières, puis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui déterminera l'intention derrière le geste posé à savoir si c'était un acte malveillant ou encore impulsif.

Si on parle d'un geste malveillant, qu'il y a eu des menaces par exemple, alors ça va être enquêté de façon traditionnelle au service de police. [...] Ça peut aller jusqu'à un casier judiciaire, pour avoir possédé des images, en avoir distribué ou en avoir montré à un autre jeune, a enchaîné la policière.

Mais la plupart du temps, comme il s'agit souvent de comportements impulsifs et irréfléchis, les policiers adoptent alors une approche préventive avec la personne fautive.

On va traiter le dossier de façon extrajudiciaire. Il va venir au poste de police avec ses parents. On va lui lire les infractions commises. On va lui faire signer un contrat dans lequel il s'engage à détruire les photos, a-t-elle poursuivi.

Mais, quelle que soit l'intention, les conséquences pour les victimes sont sérieuses.

L'intimidation, l'atteinte à la dignité. Qui a envie que toute l'école l'ait vue nue? Menace, chantage, déscolarisation parce qu'on n'a pas envie de venir à l'école dans ce contexte-là, a conclu Myriam Bouchard.

D'après un reportage d'Andréanne Larouche

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