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Archives

Les porte-voix du printemps érable

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En 2012, Gabriel Nadeau-Dubois, Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin ont été les figures de proue du mouvement étudiant.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a dix ans, des milliers d'étudiants de nombreux cégeps et universités du Québec se mobilisaient contre une hausse des droits de scolarité imposée par le gouvernement de Jean Charest. Nos archives retracent le parcours de leurs trois principaux porte-parole : Gabriel Nadeau-Dubois, Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin.

Depuis cinq semaines, ils disent haut et fort non à la hausse des droits de scolarité du gouvernement Charest, déclare Pascale Nadeau au Téléjournal du 16 mars 2012. Ils sont des dizaines de milliers d'étudiants en grève, mais seulement quelques-uns prennent la parole pour expliquer le bien-fondé de leur mouvement de contestation.

Dans son reportage, le journaliste Louis-Philippe Ouimet présente deux des figures de proue du mouvement étudiant. Martine Desjardins est la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui représente 125 000 étudiants universitaires, tandis que Gabriel Nadeau-Dubois est le co-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui fonctionne selon les préceptes de la démocratie directe avec ses 80 000 membres.

Reportage de Louis-Philippe Ouimet qui présente deux leaders étudiants qui se démarquent dans le mouvement contre la hausse des droits de scolarité: Gabriel Nadeau-Dubois et Martine Desjardins. Le bulletin de nouvelles est présenté par Pascale Nadeau.

Les deux leaders étudiants ont les mêmes objectifs, mais leurs stratégies sont différentes, explique le journaliste Louis-Philippe Ouimet. Au moment de produire ce reportage, ils se préparent à mettre en branle la manifestation du 22 mars 2012, qui marquera les esprits comme le plus grand rassemblement du printemps érable.

Mariée et âgée de 30 ans, Martine Desjardins complète un doctorat en éducation. Elle travaillait auparavant comme intervenante sociale dans le quartier montréalais de Saint-Michel. S’ennuyant dans son bureau de l’UQAM, la doctorante s’est dit qu’elle pourrait s’impliquer dans la vie universitaire afin de mieux s’intégrer à son milieu. La voilà donc à la tête de la FEUQ avec un salaire de 12 000 $ par année et tous les projecteurs braqués sur elle.

Vous pouvez faire l'histoire si vous votez pour le 22 mars prochain, déclare-t-elle devant un auditorium rempli d’étudiants du Département de gestion de l’UQAM. La pression tombe au moment de recevoir le résultat du vote : ce groupe d’étudiants se joint à la journée de grève.

Au primaire, j'étais dans mon conseil de classe, je ne sais pas exactement quand j'ai commencé à militer, affirme pour sa part Gabriel Nadeau-Dubois, âgé de 21 ans.

Le reportage nous le montre dans son cinq et demi du quartier Villeray, à Montréal, qu’il partage avec trois colocataires. Autour de la table de la cuisine, la co-porte-parole Jeanne Reynolds et l’attaché de presse Renaud Poirier s’affairent à ses côtés. Ils travaillent plus de 60 heures par semaine à la CLASSE sans toucher un sou.

La pression est forte sur ces représentants du mouvement le plus militant de la grève. Gabriel Nadeau-Dubois ne veut pas condamner les débordements, en partie parce qu'il a lui-même déjà été arrêté sans toutefois être accusé.

Je ne veux pas avoir d’autorité morale sur mes collègues étudiants, explique le co-porte-parole de la CLASSE, qui doit jouer un rôle qui ne donne pas beaucoup de place à l’erreur.

« Tout le monde est surpris par l'engouement que ça prend. Il y a tellement de préjugés qui circulent sur notre génération, sur les jeunes d'aujourd'hui! On serait individualistes, on serait cyniques, on serait apolitiques. […] Là, ce qu'on voit, c'est que c'est faux! »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois

À le suite de la grève étudiante, Martine Desjardins et Gabriel Nadeau-Dubois comptent terminer leurs études puis se consacrer à l’enseignement. Tous deux écartent une carrière en politique, souligne le journaliste.

Idéologiquement, ce n’est pas comme ça qu'on va changer la société, croit le co-porte-parole de la CLASSE.

Entrevue de l'animatrice Pénélope McQuade avec Léo Bureau-Blouin qui fait le bilan de son mandat comme président de la FECQ.

Autre figure de proue du mouvement étudiant, Léo Bureau-Blouin, 20 ans, a représenté la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) jusqu’en juin 2012.

L’animatrice Pénélope McQuade l'accueille sur le plateau de son émission de variétés au moment où il termine son mandat à la tête de l’organisation étudiante.

Je suis allé au cinéma pour la première fois en six mois, déclare d’emblée Léo Bureau-Blouin, qui ajoute avoir beaucoup de points à rattraper dans sa vie sociale et amoureuse.

Le représentant étudiant dit avoir tout de même reçu beaucoup de soutien de la part de ses proches, qui l’ont suivi dans son implication. Ça devient ta vie, explique Léo Bureau-Blouin. De 6 h le matin à 11 h le soir, tu ne fais que ça. Tu rentres à la maison, mais c'est à peine pour dormir.

Accepté en droit à l’université, Léo Bureau-Blouin avait choisi de prendre une année, puis deux, pour s’investir dans le mouvement étudiant. La deuxième année allait être beaucoup plus tumultueuse.

Les gens m’abordent toujours de façon positive, même quand ils ne sont pas en accord avec mes idées, assure-t-il. Son mandat à la tête de la FECQ a toutefois été marqué par des moments très exigeants d'un point de vue émotif et très drainants, notamment l’adoption de la loi 78, la loi spéciale du gouvernement Charest qui visait à mettre fin au conflit étudiant.

Quand un groupe de la collectivité s'organise, il peut changer l'agenda politique et médiatique, retient-il de son expérience dans le mouvement étudiant.

En juin 2012, Léo Bureau-Blouin espère étudier le droit à l’Université de Montréal. Ce qui m'intéresse du droit, c'est que c'est un levier d'émancipation, un levier pour défendre les gens, explique-t-il. Si je peux faire une petite différence dans ce sens-là, eh bien tant mieux.

Reportage de Louis-Philippe Ouimet qui revient sur le printemps érable avec trois figures de proue du mouvement étudiant: Martine Desjardins, Gabriel Nadeau-Dubois et Léo Bureau-Blouin.

Cinq ans après le printemps érable, les trois principaux porte-parole du mouvement étudiant reviennent sur cet événement historique qui a fortement influencé leur parcours. Le journaliste Louis-Philippe Ouimet recueille leurs témoignages pour Le téléjournal du 11 février 2017.

Avec le recul, je trouve qu'on était pas mal jeunes pour vivre une telle intensité, affirme Léo Bureau-Blouin, qui a été le premier à se lancer en politique.

Élu dans la circonscription de Laval-des-Rapides le 4 septembre 2012, Léo Bureau-Blouin est devenu le plus jeune député dans l’histoire de l’Assemblée nationale. Il a effectué un bref mandat au sein du gouvernement péquiste de Pauline Marois avant de se consacrer à ses études en droit. Lauréat de la prestigieuse bourse Rhodes en 2015, il a pu étudier pendant deux ans à l'université d'Oxford, en Grande-Bretagne.

Martine Desjardins s’est présentée à son tour comme candidate du Parti québécois dans la circonscription de Groulx en mars 2014 sans toutefois remporter son pari. En janvier 2021, elle a été nommée au poste de directrice générale de la FPJQ.

Notre plus grande réussite en 2012, c'est d'avoir réfuté complètement l'idée selon laquelle ma génération était apolitique, déclare Gabriel Nadeau-Dubois dans ce reportage de 2017. C'est sûr que c'est devenu plus gros que ce qu'on avait anticipé. C'est même parti plus vite que ce qu'on avait anticipé.

Après avoir fait la tournée du Québec avec le collectif « Faut qu'on se parle », Gabriel Nadeau-Dubois s’est joint au parti Québec solidaire en 2017, succédant à l’ancienne députée et cofondatrice du parti Françoise David dans la circonscription de Gouin. D’abord élu comme porte-parole de Québec solidaire, il a fait son entrée en tant que député à l’Assemblée nationale avec une nette victoire à l’élection partielle du 29 mai 2017.

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