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Le prix de l’essence pourrait forcer ce chauffeur de taxi à changer de métier

Bader Ben Amara devant sa voiture.

Bader Ben Amara est chauffeur de taxi depuis six ans à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Si le prix de l’essence continue d’augmenter, un chauffeur de taxi de Moncton craint devoir se tourner vers un autre métier.

C’est une idée à laquelle Bader Ben Amara a du mal à se faire.

Je ne suis pas encore prêt à chercher un autre travail. Ça y est, je le maîtrise. Je me sens bien , dit-il. Évidemment que je suis inquiet. C'est mon travail.

Ce Tunisien a découvert ce métier il y a six ans après avoir essuyé des refus dans d’autres domaines.

Même si ses journées peuvent toujours durer 12 heures, il gagne de moins en moins d’argent. Son revenu a baissé de 20 % entre mars et février.

Le prix maximum du litre d’essence est passé d’environ 1,59 $ le litre le 2 mars à un peu plus de 1,73 $ le litre le 7 avril. Le prix maximum a dépassé à quelques reprises 1,80 $ le litre pendant cette période.

Si le gaz augmente de cette façon-là, peut-être bien qu'on a des chauffeurs qui ne vont plus faire ce travail, parce que ce n'est plus rentable. Parce qu'on a des dépenses fixes [chaque] mois, dit-il.

M. Amara explique que les dépenses fixes mensuelles, comme l’assurance pour la voiture ou les frais pour être associé à une entreprise, s’élèvent à environ 1400 $.

« Imagine, tu ajoutes l’augmentation du gaz. Combien il va gagner le chauffeur? »

— Une citation de  Bader Ben Amara, chauffeur de taxi

Les entreprises de taxi de Moncton peuvent décider elles-mêmes d'augmenter le prix des trajets, mais ce n’est pas sans risquer de perdre des clients. Celle à laquelle il est associé, Air Cab, a décidé d’augmenter le prix pour éponger partiellement l’augmentation du prix de l’essence, mais aussi parce qu’elle ne l'avait pas fait depuis une décennie.

M. Amara ne souhaite qu’une chose : que le prix de l’essence baisse. Pour ce faire, il souhaite que la guerre en Ukraine se termine, puisqu’il s’agit de l’une des raisons de l'augmentation du prix de l’essence ces derniers temps.

J'espère bien que les problèmes dans le monde cessent pour que les choses reviennent comme équilibrées, pour tout le monde, lance-t-il.

Augmentation des dépenses chez Codiac Transpo

En ce qui concerne le transport en commun à Moncton, les dépenses en essence ont été plus importantes de 12 % pour les trois premiers mois de l’année par rapport à ce que prévoyait le budget de Codiac Transpo présenté à l’automne.

Austin Henderson, gestionnaire des communications stratégiques à la Ville de Moncton, souligne qu’il faut prendre cette donnée avec un grain de sel, puisque la consommation d’essence a tendance à être plus importante en hiver.

Austin Henderson en entrevue.

Austin Henderson, gestionnaire des communications stratégiques à la Ville de Moncton

Photo : Radio-Canada

Il est compliqué de se tourner vers une augmentation de tarifs pour Codiac Transpo. On les détermine au moins un an à l’avance et, comme pour les taxis, trop les augmenter, c’est risquer de perdre des clients.

En mars, Codiac Transpo a accueilli plus de 100 000 passagers. C’est une première en un mois depuis de la pandémie pour le service d’autobus du Grand Moncton.

Ça nous indique que des passagers retournent, mais ça se peut aussi qu'ils prennent l'autobus en raison des prix d'essence qui augmentent. C'est sûr que c'est un petit peu trop tôt pour déterminer si c'est ça la raison, explique M. Henderson.

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