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La Russie annonce la reddition d’un millier de soldats ukrainiens à Marioupol

Un soldat russe au milieu d'une rue. En arrière-plan, des gens marchent. Des immeubles à logements carbonisés sont visibles.

Un soldat russe en patrouille dans Marioupol, le 12 avril. Les troupes russes contrôlent maintenant l'essentiel de la ville portuaire, qu'elles assiègent depuis des semaines.

Photo : Getty Images / AFP/ALEXANDER NEMENOV

Radio-Canada

La Russie affirme que plus d’un millier de soldats ukrainiens à Marioupol se sont rendus mercredi aux forces russes et qu'elle contrôle désormais toute la zone du port de commerce de la ville, assiégée depuis plusieurs semaines. Ces informations sont démenties par des sources ukrainiennes.

Dans la ville de Marioupol, dans la zone de l'usine métallurgique Ilitch […], 1026 militaires ukrainiens de la 36e brigade marine ont volontairement déposé les armes et se sont rendus, a indiqué le ministère de la Défense russe tôt mercredi dans un communiqué, précisant qu'il y avait 47 femmes et 126 officiers parmi eux.

Selon la Russie, 150 d'entre eux étaient blessés et ont été pris en charge à l'hôpital de Marioupol.

Un porte-parole du ministère de la Défense russe, Igor Konachenkov, avait déclaré quelques heures plus tôt que la zone du port de commerce de Marioupol était entièrement conquise. Le chef des séparatistes prorusses de Donetsk, qui combattent avec l'armée russe dans la ville, avait fait la même annonce lundi.

Les restes des unités ukrainiennes et des nazis [du bataillon] Azov présents dans la ville sont bloqués et privés de la possibilité de sortir de l'encerclement, a-t-il cependant précisé.

Un blindé roule au loin sur une route bordée d'arbres endommagés. En arrière-plan, de la fumée s'échappe d'un bâtiment industriel.

Un blindé des troupes prorusses roule dans une rue de Marioupol, mardi. En arrière-plan, le complexe industriel d'Azovstal.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Le leader tchétchène Ramzan Kadyrov, cité par Reuters, aurait lui aussi annoncé la reddition d'environ 1000 soldats ukrainiens. Il aurait également invité les autres militaires retranchés à mettre fin à cette résistance inutile et à rentrer chez eux auprès de leur famille.

Des mensonges habituels du Kremlin

Le gouvernement ukrainien n'a pas confirmé la reddition annoncée de combattants ukrainiens à Marioupol. Un conseiller du président ukrainien, Mykhailo Podoliak, a indiqué que les soldats manquaient de ravitaillement, mais a assuré qu'ils se battaient sous les bombes pour chaque mètre de la ville.

L’ancienne première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko a démenti les affirmations russes et les mensonges habituels du Kremlin.

Marioupol tient, nos militaires ne se rendent pas, ils ne cèdent pas la ville, a-t-elle affirmé en entrevue à la chaîne française d’information continue LCI, ajoutant que les résistants allaient défendre l’Ukraine.

Image satellitaire d'un complexe industriel près de la mer.

Cette image satellitaire fournie par la firme américaine Maxar Technologies montre le complexe industriel d'Azovstal, à Marioupol, en date du 9 avril.

Photo : Reuters / Maxar Technologies

Lundi, la 36e brigade de la marine nationale de l'Ukraine avait laissé entendre que sa résistance tirait à sa fin, dans un message aux accents dramatiques publié sur Facebook. Aujourd'hui sera probablement l'ultime bataille, car nos munitions s'épuisent. […] Ce sera la mort pour certains d'entre nous et la captivité pour les autres, écrivait-elle.

Mardi, les autorités régionales du sud-est de l'Ukraine ont évalué à au moins 20 000 morts le nombre de victimes à Marioupol, bombardée depuis plus de 40 jours.

L’Ukraine soutient que des dizaines de milliers de civils ont été faits prisonniers dans cette ville et qu’il n’y avait aucune façon d’apporter de l’aide humanitaire – que ce soit des denrées alimentaires ou de l’eau – ou encore d’évacuer les civils.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

Une conquête de Marioupol permettrait aux Russes de consolider leurs gains territoriaux sur la bande côtière longeant la mer d'Azov en reliant la région du Donbass à la péninsule de Crimée, qu'ils ont annexée en 2014.

Des soldats chargent des munitions sur un blindé.

Des soldats des troupes prorusses chargent des munitions sur un véhicule blindé à Marioupol, le 12 avril 2022.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Kiev menacée de nouvelles frappes

L'armée russe a menacé mercredi de frapper des centres de commandement dans la capitale ukrainienne Kiev, que Moscou a renoncé pour l'heure à prendre, accusant l'Ukraine de tirs et de sabotage sur le territoire russe.

Nous voyons des tentatives de sabotage et de frappes des forces ukrainiennes sur des cibles du territoire de la Fédération de Russie, a fait valoir Igor Konachenkov.

Si de tels événements se poursuivent, des frappes seront menées par l'armée russe sur des centres de prise de décision, y compris à Kiev, ce que l'armée russe s'est retenue de faire jusqu'à présent, a-t-il poursuivi.

Les forces russes se sont retirées fin mars de la région de Kiev. Pendant un mois, elles ont tenté d'encercler la capitale, en vain, et y ont mené des frappes.

Moscou possède notamment des missiles hypersoniques, réputés impossibles à détruire en vol du fait de leur vitesse, et dit s'en être déjà servi en Ukraine.

Selon M. Konachenkov, l'armée russe a détruit 36 cibles militaires ukrainiennes lors de frappes au cours des dernières 24 heures.

Kharkiv toujours pilonnée

À Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine par la taille, quatre civils ont été tués et au moins dix ont été blessés mercredi dans des frappes russes visant des quartiers résidentiels, a indiqué le gouverneur de la région, Oleg Synegoubov, sur Telegram. Ce bilan ne peut être vérifié de source indépendante.

Selon M. Synegoubov, des tirs d'artillerie lourde se sont abattus dans le nord de la ville. Les Russes tuent en menant des attaques contre la population civile, a-t-il fustigé.

Un garçon de deux ans blessé il y a deux jours dans un bombardement a aussi succombé à ses blessures mardi à l'hôpital, a-t-il ajouté. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a avancé cette semaine que 142 enfants sont morts depuis le début de la guerre, reconnaissant que le bilan est sans doute plus élevé. La justice ukrainienne recense 186 enfants morts.

Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a quant à lui annoncé mercredi soir que les bombardements russes se sont intensifiés depuis mardi. L’ennemi bombarde des maisons, des quartiers résidentiels. Malheureusement, il y a des victimes parmi les civils, a-t-il déclaré à la télévision ukrainienne. Le pire est que des enfants meurent.

Kharkiv a été la cible de violents combats au début de l'invasion russe, mais est toujours restée sous le contrôle des forces ukrainiennes.

Dans la région de Louhansk, au sud-est de Kharkiv, les troupes russes continuent de se repositionner. Selon les dernières images satellitaires fournies par la firme américaine Maxar Technologies, des centaines de véhicules militaires – des tanks, des blindés, des pièces d'artillerie remorquées – se trouvaient lundi à Vilkhuvatka, au nord de Severodonetsk.

Les images de Maxar montrent également d'autres troupes massées à Biriouch, dans l'ouest de la Russie, à quelques kilomètres seulement de la frontière ukrainienne.

Le chef des séparatistes prorusses de Louhansk, Léonid Passetchnik, a affirmé que ses troupes contrôlaient désormais de 80 à 90 % de la région, qui est l'une des cibles prioritaires du Kremlin.

Selon lui, les nazis ukrainiens contrôlent encore dans la région la ville de Kremennaïa, une partie de celle de Roubijné, Severodonetsk, Lissitchansk et une partie de Popasnaïa.

Dès que nous aurons libéré [toute la région], nous prendrons une décision pour fournir une aide éventuelle à nos frères de Donetsk, et, éventuellement, à la Fédération de Russie, a poursuivi Passetchnik.

Image satellitaire montrant des véhicules circulant en file sur une autoroute, au milieu de champs.

Une colonne de véhicules militaires russes circulait lundi sur une route près de la ville de Bilokurakyne, dans le nord de la région de Louhansk.

Photo : La Presse canadienne / AP/Maxar Technologies

À Dnipro, grande cité industrielle de l'est de l'Ukraine, le maire adjoint de la ville, Mikhaïl Lyssenko, a annoncé mercredi que les corps de plus de 1500 soldats russes reposent dans les morgues de la ville. Cette information n'a pas été vérifiée de source indépendante.

On a aujourd'hui dans les morgues de Dnipro plus de 1500 soldats russes morts, que personne ne veut récupérer, a-t-il déclaré dans une entrevue au média en langue russe Nastoïachtchee Vremia, affirmant espérer que des mères russes pourront venir chercher leurs fils.

Dans le sud du pays, sept personnes ont été fusillées par des militaires russes mardi dans une maison du village de Pravdyné, dans la région de Kherson, a annoncé le parquet général ukrainien dans un communiqué.

Selon l'enquête, les militaires russes ont fusillé six hommes et une femme dans le village de Pravdyné. Ayant l'intention de dissimuler le crime, les occupants ont fait exploser la maison où se trouvaient les corps des personnes fusillées, affirme-t-il.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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