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Les combats continuent dans le Donbass, les civils fuient

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Des résidents de Marioupol marchent près d'un soldat russe, mardi, à Marioupol.

Photo : Getty Images / AFP/ALEXANDER NEMENOV

Radio-Canada

L’offensive russe continue sans relâche mardi dans la région du Donbass, dans le sud-est de l’Ukraine, alimentant la fuite des civils qui cherchent à rejoindre l’ouest du pays.

Dans la région de Donetsk, les bombardements russes se poursuivent sans arrêt, selon ce qu’a déclaré le gouverneur de la région, Pavlo Kyrylenko, dans une entrevue à la télévision.

Selon lui, les troupes russes ont entrepris l'étape finale de leur regroupement, avant l’assaut anticipé depuis déjà plusieurs jours dans les régions de Donetsk et Louhansk.

À Marioupol, ville portuaire assiégée depuis 40 jours où la résistance semblait tirer à sa fin lundi, les combats continuent jour et nuit, rapporte en outre M. Kyrylenko.

Le gouverneur a cependant indiqué que les forces ukrainiennes n'ont presque plus de contacts avec la ville, où environ 21 000 civils ont été tués, selon le dernier bilan fourni mardi par son maire, mais qui ne peut être vérifié de source indépendante.

Les soldats ukrainiens sont encerclés et bloqués à Marioupol, où des dizaines de milliers de personnes ont péri et 90 % des maisons ont été détruites, selon ce qu’a écrit le conseiller présidentiel ukrainien Mykhaïlo Podoliak sur Twitter.

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Des combattants prorusses chargent des munitions dans un véhicule blindé, mardi, à Marioupol.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Les derniers combattants ukrainiens sont retranchés dans le complexe métallurgique d’Azovstal et dans l’usine d’Azovmash, qui fabriquait jadis du matériel de chemin de fer, des grues et d’autres produits métallurgiques lourds.

Selon des sources de l'Agence France-Presse (AFP), leur résistance pourrait s’expliquer en partie par le fait qu’ils peuvent se terrer dans un vaste réseau de tunnels creusés sous les installations.

Les évacuations se poursuivent à Sloviansk

À Sloviansk, des gens sont évacués tant bien que mal par train, au rythme de deux ou trois départs par jour. Des autobus évacuent aussi des civils.

Selon la cheffe de gare, Svetlana Biletska, 2700 personnes ont été évacuées dimanche et 1100 autres les ont suivies lundi. Un premier train transportant 300 personnes devait quitter la gare à 11 h, mardi.

Depuis l’attaque de la gare de Kramatorsk, qui a fait 57 morts vendredi dernier, toutes les évacuations par train dans la région se font depuis Sloviansk, située à une dizaine de kilomètres plus au nord.

Le front ne se trouve qu’à une cinquantaine de kilomètres au nord, à l'est et au sud, et la possibilité qu’il se rapproche dans les prochains jours fait craindre que Kramatorsk et Sloviansk soient pris en tenaille.

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Des familles se préparent à embarquer dans un train, mardi, à la gare de Sloviansk.

Photo : Getty Images / AFP/RONALDO SCHEMIDT

Valentina Oleynikova, une femme de 82 ans qui part avec son mari, ne cache pas sa colère face à la tournure des événements, qu’elle impute au président russe, Vladimir Poutine.

« Tous mes parents sont originaires de Russie, j'y suis née. Mon père et ma mère aussi. J'ai de la famille partout en Russie. Ici, dans le Donbass et à Kramatorsk, vivent des personnes de toutes les nationalités [...]. Où a-t-il vu des nazis? »

— Une citation de  Valentina Oleynikova

Ce qui se passe est inhumain; [Vladimir Poutine] est un fasciste. Je ne sais pas comment l'appeler. Un diable incarné. […] Maintenant, nous apprenons qu'il y a un convoi de 12 km prêt à attaquer le Donbass. Ils sont inhumains! a-t-elle ajouté.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

400 civils enterrés à Severodonetsk

À Severodonetsk, à quelques kilomètres à l’est de Sloviansk, environ 400 civils ont été enterrés depuis le début de la guerre, a affirmé mardi le gouverneur de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, dans un message publié sur Telegram. Il n’a pas indiqué la cause des décès, mais il a précisé qu'ils étaient enterrés dans des tombes individuelles.

Dans la ville voisine de Lyssytchansk en revanche, les morts sont enterrés dans des fosses communes, a ajouté M. Gaïdaï.

« Les morgues dans les villes contrôlées [par l'Ukraine] débordent de corps de civils. L'électricité est intermittente ou inexistante. Des corps sont également dans les sous-sols d'immeubles. »

— Une citation de  Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk

Selon M. Gaïdaï, les défunts sont enterrés dès que possible, à la faveur de pauses dans les bombardements.

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Un commandant ukrainien près d'un véhicule militaire détruit, mardi, près de Barvinkove, un village situé à quelques kilomètres à l'ouest de Sloviansk.

Photo : Reuters / MARKO DJURICA

Le gouverneur a ajouté que la situation était aussi très compliquée demeure précaire dans deux autres villes situées sur la ligne de front, Popasna et Roubijne, qui sont partiellement occupées et où l'évacuation des corps est impossible.

En raison des bombardements, dans certaines zones, les corps restent étendus dans les rues, a-t-il affirmé.

D'autres corps retrouvés à Kiev

Autour de Kiev, les autorités ukrainiennes continuent aussi de découvrir des cadavres dans des localités abandonnées par les troupes russes qui les occupaient encore quelques jours auparavant.

Selon le parquet général ukrainien, les corps de six personnes tuées par balle ont notamment été retrouvés dans le sous-sol d’une maison d’une banlieue est de Kiev, dont s'est retirée fin mars l'armée russe.

Selon les premiers éléments de l'enquête, les militaires de la Fédération de Russie ont assassiné des civils dans le village de Chevtchenkovo, dans le district de Brovary, près de Kiev, a commenté le parquet sur Telegram.

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Le corps d'un homme est exhumé par trois habitants d'Andriivka.

Photo : afp via getty images / SERGEI SUPINSKY

Dans la banlieue de Boutcha, les autorités ukrainiennes ont jusqu’à présent retrouvé les corps de 403 personnes tuées, selon elles, par les forces russes, a annoncé mardi le maire de la ville, Anatoli Fedorouk.

À Andriïvka, un village situé à 30 km à l'ouest de Kiev qui était encore sur la ligne de front il y a quelques semaines, des journalistes de l'AFP ont aussi assisté à l'exhumation des corps de trois hommes habillés en civils.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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