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Consultation publique sur le caribou : tout est sur la table

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Les trois membres de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards estiment que c’est maintenant au tour de la population de se faire entendre.

Photo : Radio-Canada / JF Deschênes

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En préambule des consultations sur les mesures de protection du caribou, les trois commissaires ont fait état mardi matin de leur mandat, mais aussi de leur préoccupation principale, soit celle d’entendre la population.

Si certains ont fait valoir que tout avait été dit sur le caribou, les trois membres de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards estiment que c’est maintenant au tour de la population de se faire entendre.

Si la discussion de départ s’élancera sur deux scénarios de coupe forestière, la présidente de la Commission, Nancy Gélinas, insiste : Tout est possible. Il n’y a pas un seul scénario.

« Notre rôle est d’écouter la population, les parties prenantes et d’arriver par la suite à faire des recommandations au ministère. »

— Une citation de  Nancy Gélinas, présidente de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards

Ces recommandations, dit-elle, peuvent être d’agrandir le territoire de protection, de diminuer les impacts humains sur l’habitat.

« Il ne faudrait pas penser qu’on est biaisés. On n’est pas pro-industriels ni environnementalistes. On est neutres.  »

— Une citation de  Nancy Gélinas, présidente de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards

Pour protéger les différentes hardes qui subsistent, mais qui sont toutes en déclin, les moyens sont connus. Une stratégie de protection devait être déposée en 2019. Finalement, de report en report, cette stratégie ne sera pas connue avant les prochaines élections.

Composition de la Commission

L’annonce de cette tournée de consultation, qui constitue une des dernières étapes vers le plan gouvernemental, a donc suscité bien des critiques, notamment sur sa composition. Aucun scientifique ou biologiste n’y siège.

Nancy Gélinas est doyenne de la Faculté de foresterie de l’Université Laval tandis que Florent Gagné et Clément D’Astous sont deux hauts fonctionnaires.

On est chanceux dans un sens parce qu’il y a un travail formidable qui a été fait par des spécialistes, des experts. Ce travail est derrière nous, commente Florent Gagné lorsque vient sur la table la question de la composition de la Commission.

« Une phase a déjà été faite. Il faut aller plus loin et évoluer vers une politique publique. »

— Une citation de  Florent Gagné, commissaire

Intervention fédérale

La Commission entame ses travaux alors que la réhabilitation de l’habitat du caribou devient un sujet de préoccupation à la fois fédéral et provincial.

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Les commissaires rencontraient la presse, mardi matin, avant le début de leurs travaux.

Photo : Radio-Canada

Le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a fait clairement savoir à son homologue du ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, qu'il étudiait sérieusement la possibilité d’imposer un décret, comme le lui permet la Loi sur les espèces en péril.

Les activités qui viendraient perturber l’habitat essentiel du caribou, qui s’étend sur des milliers de kilomètres, seraient interdites. L'utilisation de cette mesure serait une première au Canada.

Pour la présidente de la Commission, cette intervention ne change pas le mandat des commissaires.

La discussion qu’on va avoir avec la population du Québec demeure pertinente et intéressante, estime Mme Gélinas. Elle va permettre d’influencer autre chose, plus large que la protection du caribou, mais influencer le développement durable de nos territoires forestiers au Québec.

Jusqu'en mai

En Gaspésie, les deux scénarios ne modifient pas les coupes déjà planifiées puisque 155 000 m3 de forêt ont déjà été retranchés de la possibilité forestière dans l’évaluation 2018-2023.

Est-ce que la réduction pourrait être plus importante (Nouvelle fenêtre)? Cette question, indiquent les commissaires, pourra aussi être abordée comme celle du démantèlement et du reboisement des chemins forestiers, des stratégies d’arrosage contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette (TBE) ou la gestion des prédateurs et la protection des femelles gestantes et des nouveau-nés.

Rétablir le troupeau ne sera pas une mince tâche, admettent-ils. Sur l’objectif, on s’entend tous, mais on doit concilier des intérêts qui ne vont pas dans la même direction, commente Clément D’Astous.

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Un caribou montagnard au mont Albert, dans le parc national de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Jusqu’à la fin du mois de mai, la Commission rencontrera les communautés de la province concernées par la survie des hardes de caribous.

Les différents groupes peuvent déposer un mémoire jusqu’au 31 mai. De même, la Commission invite les gens à répondre à un questionnaire disponible sur son site.

En Gaspésie, il ne reste que 35 ou 36 bêtes, 7 à Val-D’Or, 17 dans Charlevoix, un peu plus de 150 dans le réservoir de Pipmuacan, entre la Côte-Nord et le Saguenay. En tout, le Québec compte un peu plus de 5000 bêtes.

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