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Ouragans en 2020 : des précipitations accrues par le réchauffement climatique

Des bateaux endommagés dans une marina.

Des bateaux endommagés par l'ouragan Hanna, qui a touché terre le samedi 25 juillet 2020 à Corpus Christi, au Texas

Photo : Associated Press / Eric Gay

Agence France-Presse

Le changement climatique a augmenté de 5 à 10 % les pluies extrêmes tombées lors la saison des ouragans de l'Atlantique Nord de 2020, l'une des plus actives de l'histoire, selon une étude publiée mardi.

Cette saison 2020 avait enregistré un record de 30 tempêtes nommées, dépassant le nombre de prénoms prévus pour les baptiser pour la deuxième fois de l'Histoire.

Ces tempêtes, dont 12 avaient touché terre aux États-Unis, avaient provoqué plusieurs dizaines de milliards de dollars de dommages, en raison des pluies diluviennes, des vents violents et des submersions marines.

Une femme dehors, les cheveux dans le vent.

De forts vent soufflent sur la région de Miami en Floride à l'approche de l'ouragan Eta, en novembre 2020.

Photo : afp via getty images / CHANDAN KHANNA

Alors que les scientifiques estiment qu'avec le changement climatique, les ouragans gagnent en intensité, les auteurs de l'étude publiée mardi dans la revue Nature ont comparé les précipitations générées par ces tempêtes à des modélisations estimant celles qui seraient tombées si le changement climatique n'existait pas, donc semblables à celles de l'ère préindustrielle.

« La conclusion principale de notre étude est que le changement climatique provoqué par l'humain a augmenté les pluies extrêmes associées à la saison des ouragans 2020 de 5 à 10 %. »

— Une citation de  Kevin Reed, auteur principal de l'étude, Université américaine de Stony Brook

L'étude se penche sur deux phénomènes responsables des inondations : des pluies intenses sur une très courte période et une pluie continue sur une plus longue période, précise Kevin Reed.

Pour l'ensemble de la saison, le changement climatique a ainsi augmenté de 5 % le volume de pluie tombée sur les trois pires jours, et de 10 % sur les trois heures les plus intenses, par rapport à 1850.

Image satellite de l'ouragan Teddy, alors en catégorie 4 dans l'après-midi du vendredi 18 septembre 2020.

Image satellite de l'ouragan Teddy, alors en catégorie 4 dans l'après-midi du vendredi 18 septembre 2020

Photo : (Satellite GOES-16)

Des chiffres pas surprenants, si l'on prend en compte l'échelle scientifique qui estime que la concentration d'humidité dans l'atmosphère augmente d'environ 7 % par degré de réchauffement, note l'étude.

En revanche, pour les tempêtes qui sont devenues de véritables ouragans, l'empreinte du changement climatique est plus importante, avec une hausse de 8 % (sur les trois pires jours) et de 11 % (sur les trois pires heures), soit près du double de ce qui pourrait être attendu, soulignent les chercheurs, alertant sur les impacts directs pour les communautés côtières.

Des ouragans formés au-dessus de l'Atlantique Nord

Alors que les ouragans sont alimentés par l'humidité et la chaleur de l'eau de mer, un grand nombre de ces tempêtes de 2020 se sont formées au-dessus d'un bassin de l'Atlantique Nord à plus de 27° C en surface, soit entre 0,4 à 0,9° C de plus qu'à l'ère préindustrielle.

En raison des émissions de gaz à effet de serre générées par les activités humaines, la planète dans son ensemble a gagné environ +1,1° C.

Les palmiers touchés par l'ouragan Irma, en 2017.

Plusieurs ouragans ont frappé les Caraïbes en 2017, dont l'ouragan Irma, l'un des plus puissants à avoir atteint l'Atlantique.

Photo : Associated Press / David Goldman

De précédentes études avaient montré que le réchauffement climatique avait renforcé les précipitations liées à certains ouragans les saisons précédentes, notamment Irma (en 2017), Harvey (en 2017) et Dorian (en 2019).

Et cette étude suggère que le réchauffement conduira à d'autres augmentations des taux de précipitations et des volumes accumulés des saisons des ouragans de l'Atlantique Nord.

Des répercussions qui pourraient d'autre part être comparables dans d'autres régions cycloniques, note Kevin Reed, même si l'ampleur pourrait différer.

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