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Champs de tir de Tracadie : pas de moratoire ou de consultations dit la ministre Johnson

Cependant, elle assure que les inquiétudes des gens sur place ont été entendues et prises en compte.

Des gens marchent autour d'une camionnette jaune au centre d'une rue enneigée.

Une manifestation a eu lieu à Tracadie le 5 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

La ministre de l'Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, Margaret Johnson, rejette l'idée d'imposer un moratoire sur les projets de bleuetières sur l'ancien champs de tir de Tracadie, comme le demandent la municipalité et des citoyens.

Lors d'une première entrevue sur le dossier, Margaret Johnson dit qu'elle ne voit pas le besoin d'imposer un moratoire à ce moment-ci.

De plus, la ministre ne tiendra pas de consultations publiques dans la communauté comme le réclament des citoyens et élus.

La ministre, souriante, lors de l'entrevue. Elle est assise devant deux drapeaux de la province.

La ministre de l'Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, Margaret Johnson défend son approche concernant les développements de bleuets dans le champ de tir de Tracadie.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Collicott

« Nous avons fait un très bon travail pour discuter avec les parties prenantes. »

— Une citation de  Margaret Johnson, ministre

Si des gens souhaitent faire part de leur mécontentement, la ministre les oriente plutôt vers leur maire, les conseillers municipaux, leur député et les organismes. De ma compréhension, si je parle avec ces gens, je suis supposée avoir l’avis de la population qu’ils représentent, indique-t-elle.

J’ai le sentiment que l’avis des gens nous a été partagé. Nous savons ce que les gens en pensent dans la Péninsule acadienne, ajoute-t-elle.

La ministre ne comprend pas l’opposition

La ministre avoue avoir du mal à concevoir pourquoi il y a une telle opposition au développement des bleuetières dans l’ancien champ de tir de Tracadie.

Selon elle, en s’opposant au projet, la communauté s’oppose ainsi au développement économique de la région.

Nous voulons faire de la Péninsule acadienne un endroit d’opportunités, insiste-t-elle. C’est très difficile pour moi de comprendre comment on peut être contre le développement économique dans la région. C’est l’idée maîtresse de tout ça.

L'ancien champ de tir de Tracadie

L'ancien champ de tir de Tracadie est un lieu prisé par les amants de la nature.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Cependant, elle dit avoir constaté et compris que d’un point de vue environnemental, plusieurs personnes s’inquiètent de ce qu’il adviendra de la forêt de l'ancien camp militaire.

Le territoire a été un terrain de jeu pendant de nombreuses années pour les gens de la Péninsule. Je comprends qu’ils veulent des sentiers, y faire de la pêche, de la chasse. Il y a beaucoup d’inquiétudes pour l’environnement et la qualité des sols et de l’eau, dit-elle.

La ministre assure donc s’être ajustée à la lumière de ces inquiétudes. Par exemple, des tests pour surveiller la qualité de l’eau seront faits, tout comme des réparations sur les sentiers qui pourraient être endommagés par le développement des bleuets.

Je pense que nous abordons les inquiétudes que les gens ont, soutient-elle.

Un brandisseur de pancarte brandit une pancarte.

Manifestation à Tracadie le 5 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

Mais le développement des bleuetières, dont les terrains ont déjà fait l’objet d’appels d’offres, va tout de même se poursuivre. Je pense qu’on a trouvé un équilibre, dit la ministre.

Le dossier a fait grand bruit cet automne et cet hiver dans la communauté, puisque des citoyens s’opposent à ce qu’il y ait de la déforestation sur le territoire, particulièrement prisé par les amateurs de plein air.

Les travaux sur pause pour des raisons de sécurités

Margaret Johnson indique que la reprise des travaux de décontamination est actuellement sur la glace.

Il y a eu des dommages sur l’équipement. Dans l’intérêt de la santé et de la sécurité des travailleurs et du public, nous voulions être certains que cela soit réglé, indique-t-elle en faisant référence à l'incendie qui a ravagé un broyeur à chenille destiné à la décontamination.

Nous ne savons pas quand la défense nationale va reprendre les travaux, indique la ministre de l’Agriculture.

Une photo du broyeur à chenilles en flammes, dans la forêt. Un camion de pompier est sur place.

Un broyeur à chenilles a été la proie de flammes en décembre dernier sur le champ de tir.

Photo : Facebook

Le territoire de l'ancien champ de tir de Tracadie appartenait auparavant à la Défense nationale. Lorsqu’il a été cédé à la province du Nouveau-Brunswick, le gouvernement fédéral s’est engagé à le décontaminer. L’opération coûtera 12 millions $ supplémentaires jusqu'en 2027.

C’est la décontamination, par des coupes à blanc, de terrains destinés à des appels d'offres pour des bleuetières, qui a alerté et mobilisé l’opposition locale dans la dernière année.

Gagnant gagnant

Margaret Johnson assure que toute la démarche d’exploitation des bleuets a pour but de créer des emplois locaux. Nous explorons des opportunités pour créer de la valeur ajoutée pour les bleuets.

Nous devons explorer les possibilités de faire du vin, des confitures ou des tartes. Ne serait-il pas stimulant de créer une industrie artisanale dans la Péninsule acadienne avec tout ce que l’on peut faire avec les bleuets?

Des bleuets sauvages sont prêts à être cueillis.

L'industrie du bleuet est très importante dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

La ministre continue de croire que le développement de nouvelles bleuetières est possible, malgré l’inquiétude des amateurs de plein air.

Ma plus grande ambition ici est de parvenir avec une solution gagnante gagnante, je veux trouver quelque chose qui sera bénéfique pour la Péninsule acadienne.

Une photo aérienne magnifique

Une photo aérienne de la Péninsule acadienne montre des champs de bleuets, de couleur rouge, à perte de vue.

Gilles Sonier a fait parvenir à Radio-Canada la photo qu'il a envoyée à la ministre.

Photo : Gracieuseté : Gilles Sonier

Il n’y a pas trop de champs de bleuet dans la Péninsule acadienne, selon Margaret Johnson. Pour illustrer son propos, elle raconte qu’un opposant à la déforestation du champ de tir, Gilles Sonier, lui a envoyé une photo aérienne de la Péninsule.

Il m’a demandé : "comment te sentirais-tu si tu avais cela dans ta cour arrière?”

Ma première réaction était "mais c’est magnifique”, raconte la ministre. Selon elle, un pareil paysage illustre un développement économique vivace.

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