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Boris Johnson mis à l’amende pour son implication dans le « partygate »

Boris Johnson

Le premier ministre britannique, Boris Johnson

Photo : Getty Images / Leon Neal

Agence France-Presse

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a présenté ses excuses, mais a refusé de démissionner mardi après avoir reçu une amende pour avoir contrevenu aux règles anti-COVID-19 en participant à une fête à Downing Street en plein confinement.

Laissez-moi vous dire tout de suite que j'ai payé l'amende et que je présente une fois de plus mes excuses complètes, a-t-il déclaré à la télévision britannique. 

Interrogé sur les appels à démissionner des partis d’opposition, M. Johnson a été très clair sur ses intentions : Je veux maintenant continuer et remplir le mandat qui est le mien.

Son ministre des Finances, Rishi Sunak, et sa conjointe, Carrie Johnson, ont également été sanctionnés pour leur implication dans le partygate, un scandale qui a ébranlé le gouvernement britannique pendant la pandémie.

L'opposition travailliste a immédiatement réagi en demandant le départ du chef du gouvernement et du ministre des Finances.

Boris Johnson et Rishi Sunak ont enfreint la loi et menti à plusieurs reprises aux Britanniques. Ils doivent tous les deux démissionner. Les conservateurs sont totalement inaptes à gouverner, a réagi le chef du Parti travailliste, Keir Starmer, sur Twitter.

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, cheffe de file des indépendantistes, a elle aussi réclamé la démission de M. Johnson pour avoir enfreint la loi et menti de manière répétée au Parlement à ce sujet.

La police britannique a annoncé mardi avoir donné plus de 50 amendes dans le cadre de cette affaire.

Nous faisons tous les efforts possibles pour faire avancer cette enquête rapidement, ce qui implique de continuer à évaluer des quantités importantes de documents, a ajouté la Metropolitan Police de Londres, indiquant que d'autres sanctions pourraient être délivrées.

Les révélations se sont enchaînées au cours des derniers mois concernant des soirées d'anniversaire et de départ, notamment, qui ont eu lieu en 2020 et 2021, pendant les confinements, et qui ont impliqué des membres du gouvernement conservateur.

Boris Johnson avait notamment reconnu sa participation à une soirée avec distanciation physique dans les jardins de sa résidence en mai 2020. À l'époque, les Britanniques ne pouvaient rencontrer qu'une seule personne à l'extérieur. Un mois plus tard, M.  Johnson avait participé à une fête d'anniversaire surprise en son honneur.

Un prérapport interne avait déjà conclu à des erreurs de leadership et de jugement. Il déplorait des rassemblements injustifiés et la consommation d'alcool au travail.

Un pouvoir fragilisé

Le scandale avait plongé Boris Johnson dans une crise sans précédent, lui qui avait fait une arrivée triomphale au pouvoir en juillet 2019 et qui jouissait d’une grande popularité. Il avait fait son mea culpa devant les députés, mais avait exclu la possibilité de démissionner avant que ne soient rendues les conclusions de l'enquête policière.

Plusieurs députés du camp conservateur s'étaient ouvertement prononcés en faveur du départ de M. Johnson. Toutefois, les rebelles n'étaient pas assez nombreux pour déclencher un vote de défiance.

Alors qu’on le croyait sur un siège éjectable en janvier dernier, le dirigeant conservateur semblait avoir surmonté la crise, notamment en vantant son rôle central dans les sanctions infligées contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine.

L'annonce d'aujourd'hui relance le débat entourant la nécessité de tenir un vote de confiance sur le premier ministre. Un tel processus peut être déclenché dès que 54 des 359 élus conservateurs le demandent. Une majorité simple suffirait ensuite pour évincer Boris Johnson du pouvoir et, par conséquent, ouvrir une course au leadership.

La situation internationale risque toutefois de dissuader certains conservateurs de changer de chef et de nuire à la stabilité du gouvernement.

Le fait que le premier ministre ait induit la Chambre des communes en erreur est en effet un problème très grave, mais nous sommes au milieu d'une crise internationale, et je ne suis pas prêt à donner à Vladimir Poutine la satisfaction de penser que nous sommes sur le point de renverser le premier ministre du Royaume-Uni et de déstabiliser la coalition contre Poutine, a réagi le député conservateur Roger Gale.

Mais pour COVID-19 Bereaved Families for Justice, une association de familles endeuillées par la pandémie, il n'y a simplement aucun moyen que le premier ministre ou le chancelier puisse continuer à gouverner.

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