•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Journaliste surveillée par un ancien ministre : des allégations qui inquiètent

Jonathan Denis dans le couloir de l'Assemblée législative.

Jonathan Denis a été ministre de la Justice de l’Alberta de 2012 à 2015.(archives).

Photo : CBC

L’ancien ministre de la Justice de l'Alberta, Jonathan Denis, aurait eu recours à de l'aide pour surveiller une journaliste ayant écrit une histoire le concernant. Ces allégations dévoilées par La Presse canadienne (Nouvelle fenêtre) (en anglais) inquiètent des personnes spécialisées en droit des médias.

Le stratège politique David Wallace affirme que l’ancien ministre l’a engagé pour se procurer les relevés téléphoniques d’une ancienne journaliste du Calgary Herald.

Selon lui, Jonathan Denis voulait connaître les sources que la journaliste Alanna Smith avait utilisées pour rédiger un article en février 2021. Dans ce papier, Mme Smith, qui travaille dorénavant pour La Presse canadienne, avait remis en question le respect des protocoles de la COVID-19 lors du mariage de Jonathan Denis.

Par courriel, l'avocat de Jonathan Denis a nié avoir eu recours aux services de David Wallace pour enquêter sur Alanna Smith.

Liberté de presse mise à mal

Pour Pierre Trudel, professeur à l’Université de Montréal et spécialiste du droit de l’information, il est alarmant de voir qu'un ancien ministre de la Justice aurait fait appel à une tierce personne pour enquêter sur une journaliste.

Ça peut entraver la capacité des journalistes à faire leur travail, c’est-à-dire à investiguer les choses. Par exemple, si un journaliste sait qu’il est surveillé, il va avoir plus de mal à interagir avec ses sources confidentielles d’information, explique-t-il.

« Ça pose un réel problème pour les libertés fondamentales de tout individu, et [quand] il s’agit d’une journaliste, ça porte un réel danger pour la liberté de presse. »

— Une citation de  Pierre Trudel, professeur du droit de l'information, Université de Montréal

Tirer sur l’équilibre démocratique

Le son de cloche est similaire du côté du président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Michael Nguyen, pour qui ces allégations entrent en contradiction avec les règles démocratiques en place.

On ne peut pas lancer une enquête comme ça pour essayer d’identifier les sources d’un journaliste. Les journalistes ont des sources pour dévoiler des informations qui sont d’intérêt public, souligne-t-il.

« Essayer de trouver les sources, c’est excessivement dangereux pour la démocratie. »

— Une citation de  Michael Nguyen, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

Pour M. Nguyen, si les règles entourant le travail des journalistes ne sont pas aussi réglementées que celui des avocats, il n’en demeure pas moins que certaines procédures doivent être suivies : « On ne peut pas partir comme ça à la pêche aux sources. Il y a un protocole à suivre, c’est en dernier recours que ça doit être fait ».

Avec les informations de La Presse canadienne et Charlotte Dumoulin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...